Afghans et étrangers envahissent le sud pour faire reculer les insurgés
L’opération est simple : envahir en masse un secteur occupé par les Talibans pour en prendre le contrôle puis le sécuriser. Annoncée dés le début de la semaine, l’attaque réunit un grand nombre de soldats afghans et étrangers qui doivent faire reculer les insurgés dans le sud du pays.
Mushtarak, « ensemble » en dari, visait dans un premier temps à libérer la ville de Marjah dans le district de Nad Ali du contrôle taliban. Pour cela, 15 000 soldats ont été déployés dans le sud de l’Afghanistan. Une des plus vastes missions préparées depuis l’invasion en 2001. Cette fois, les Américains sont accompagnés de leurs alliés mais surtout de 2 500 soldats afghans. A noter qu’un kandak afghan est accompagné par leurs 70 formateurs français.La ville a été prise sans réelle résistance. Peu d’insurgés sont resté pour combattre les forces massives déployées. Dans la nuit de vendredi à samedi, des marines ont été déposés en masse par des flots d’hélicoptères. Un capitaine interrogé par l’agence Reuters parle tout de même de combats intensifs comparables à ceux qui de Falloudja en Irak en 2004. Mais les Afghans ont déjà déployé le drapeau national sur ce qui était l’une des dernières places fortes des Talibans, une ville qui servait de bastion et de carrefour au trafic de drogue. Les autorités britanniques ont déjà annoncé la deuxième phase de la mission : sécuriser le district de Nad Ali.
Les insurgés se sont repliés dans les montagnes pour la plupart d’entre eux. Quelques-uns ont combattu avec des armes automatiques ou en laissant des pièges. Le commandement de l’ISAF avait annoncé l’opération Mushtarak bien à l’avance pour laisser la possibilité aux civils de s’abriter. Ceux des Talibans qui n’ont pas souhaité combattre de front ont suivi le mouvement.
Une petite victoire qui peut avoir d’importantes conséquences
L’armée afghane et ses alliés sont en train de prendre le contrôle d’une zone qui appartenait aux Talibans. Sur ce territoire, ils vont pouvoir se déployer et s’installer. Ils font perdre aux insurgés leur contact avec la population. Repoussés dans les montagnes et dans les territoires pakistanais, les rebelles vont être confrontés à des attaques décuplées. Les armées étrangères ont plus de liberté en combattant dans des zones désertiques qu’en pleine ville, les civils étant beaucoup moins nombreux.
Le problème est pourtant loin d’être réglé. Car si nombreux sont ceux à comparer la politique américaine en Afghanistan au surge en Irak, force est de constater que ce pays est loin d’être sécurisé. Les rebelles virent alors dans le terrorisme. Les embuscades pourraient donc réduire avec cette présence massive dans le sud du pays, mais les attaques à l’IED pourraient continuer d’augmenter voir se répandre dans le pays. Les Talibans continuent de jouer sur leur grande mobilité pour aller d’une région à l’autre en échappant aux autorités.
L’opération Mushtarak a également un rôle médiatique important. Les Talibans parlent de propagande. L’ISAF cherche à afficher un succès de taille. En déployant ces troupes dans la région la plus violente du pays, le gouvernement et ses alliés envoient un signe de sécurité à la population du pays mais aussi d’optimisme à celles des pays contributeurs. Sur le papier, cette campagne ne peut déboucher que sur du positif.
Reste que l’objectif des occidentaux est d’évacuer l’Afghanistan au plus vite. Les Américains visent 2011 pour commencer à laisser le contrôle de certaines régions aux forces de sécurité afghanes et commencer à rentrer. Les Talibans eux ne sont pas pressés et peuvent continuer leurs harcèlements pendant des années.
Photos : Staff Sergeant Will Craig & US Army / Specialist Egorov Victor










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