Dimanche 15 novembre 2009 7 15 /11 /2009 21:50
Le Rafale a remporté du succès au Dubaï Airshow aujourd'hui. Les Émirats Arabes Unis maintiennent leur intérêt pour cet appareil et Hervé Morin se dit optimiste quand à l'aboutissement d'un contrat dans les années à venir. Cette vente pourrait soutenir l'effort commercial du groupe Dassault dont le chasseur multirôle subit de plein fouet la concurrence sur un marché où les prospects restent malgré tout nombreux.

Le Dubaï Airshow s'estra ouvert sur une démonstration de la Patrouille de France suivie d'un vol de Rafale. La mise à l'honneur du chasseur français n'est pas neutre : les Émirats Arabes Unis ont en effet annoncé qu'ils envisageaient de remplacer leur flotte de 60 Mirages 2000 par des
Rafale.

Le ministre de la Défense français, Hervé Morin, se dit "confiant" quand à l'évolution des discussions. Les deux pays discuteraient déjà de détails techniques. Les Émirats Arabes Unis ont une longue tradition de partenariat militaire avec la France qui facilite la transaction. Les deux principaux sujets de négociation sont l'amélioration du Rafale, Dubaï souhaitant un appareil plus moderne que l'armée française et la récupération des Mirage 2000 par la France.

Paris peine à exporter le Rafale. Si l'avion est un très bon appareil, il reste plus cher que nombre de ses concurrents. Le marché de l'armement reste dans une période de crise, comme celle qui touche l'économie mondiale actuellement, une valeur sure. Ce marché est moins cyclique même si les contrats sont conclus sur des délais plus longs. Les appareils militaires sont souvent un moyen pour les constructeurs aériens de stabiliser leurs ventes et se maintenir lorsque le civil flanche.

La construction d'avions de chasse est un secteur stratégique qui permet l'indépendance militaire du pays. Paris a souhaité maintenir son chasseur national plutôt que de choisir des appareils américains ou de s'investir dans l'Eurofighter. Paris doit malgré tout réussir à exporter pour assurer la production du Rafale pour l'Armée de l'air et la Marine nationale. Sans cela, le coût de l'appareil deviendrait de plus en plus lourd à assumer et pourrait mettre en péril son avenir.

Le délégué général à l'armement, Laurent Collet-Billon, déclare ce week-end dans une interview au Monde que la France prévoit d'engranger 7 milliards d'euros de chiffre d'affaires grâce aux exportations d'armement en 2009 et encore plus en 2010, notamment grâce au Rafale.

Une concurrence féroce

L'aéronautique militaire est actuellement confronté à une très forte concurrence. Malgré plusieurs contrats à saisir, les différents industriels peinent à trouver leur place. Le Rafale de Dassault affronte sur la plupart des marchés l'Eurofighter, le Gripen du suédois Saab, le F/A-18 E/F Super Hornet de l'américain McDonnell Douglas, les F-16 et F-35 de l'américain Lockheed Martin et les différents MiG du russe Miyokan-Gourevitch.

Plusieurs contrats sont toujours en cours de discussion : l'Inde, la Libye, la Suisse et la Grèce. Le Koweit a également annoncé récemment être intéressé pour l'acquisition d'une vingtaine de
Rafale. Le dossier le plus avancé reste celui du Brésil qui a donné un accord de principe. Paris aurait cependant du baisser le prix de 98 millions par pièce à 50 millions comme pour l'armée française afin d'être compétitif.

Le transfert technologique était jusqu'à aujourd'hui le principal avantage concurrentiel des industriels français. Des pays comme le Brésil ou l'Inde accordent un intérêt capital à l'acquisition des savoirs-faire. Les autres fabricants suivent à présent l'exemple et le prix devient l'argument crucial. La plupart des pays commencent à envisager des appareils moins polyvalents et moins chers comme le F-16 qui a déjà fait ses preuves plutôt qu'un petit bijou dont ils n'utiliseront peut être pas les pleines capacités.

Avec la crise, les pays les plus agressifs en matière de tarifs retrouvent une bonne place. Les Américains qui ont réussit à vendre leurs avions à de nombreux alliés et ainsi à baisser les coûts mais aussi les Russes qui amorcent un retour solide et les Chinois qui pourraient devenir de sérieux adversaires en Asie risquent de mettre en péril les industriels européens.


Photos : Ricardo J. Reyes et Staff Sgt. Sarayuth Pinthong
Par Romain Mielcarek - Publié dans : Aéronautique
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