Les risques majeurs menaçant la France et les autres pays en général relèvent de composantes de plus en plus complexes. Les menaces n'impliquent plus uniquement
des forces armées pouvant être contrées par des militaires ou une sécurité civile. Les populations sont impliquées directement au coeur des cibles privilégiées par des assaillants
particulièrement complexes à maîtriser. Les forces de sécurité doivent s'adapter à cette évolution et trouver des solutions pertinentes.
La lutte contre le terrorisme est un défi majeur de la sécurité d'un pays comme la France. Les
motivations des terroristes peuvent varier du tout au tout : religieuses, politiques ou militantes. Les moyens sont également susceptibles d'aller d'un extrême à l'autre, de l'attaque isolée
avec des armes légères ou des explosifs jusqu'à une opération d'envergure orchestrée par un groupe de personnes visant une cible stratégique.
Un certain nombre de menaces concernent à la fois la Défense et la sécurité civile du pays. Le terrorisme inter-étatique, d'origine islamiste notamment, en est le principal exemple. Ses objectifs
restent de déstabiliser l'Etat pour atteindre des finalités politiques : retrait des troupes d'un pays, imposition de choix diplomatiques ... Dans ce type de cas, les forces de sécurité civile et
les armées doivent travailler de concert afin de protéger les citoyens.
Les cibles stratégiques sont souvent en plein milieu de l'espace de vie courante. Les cibles privilégiées pour déstabiliser une société sont multiples : systèmes de communication, ministères,
systèmes bancaires et économiques, sites de production d'énergie, notamment nucléaire ou réseaux de transport sont autant de moyen de paralyser rapidement le pays. La majeure partie de ces
organes bénéficient d'une surveillance accrue mais les protéger complètement pose des difficultés considérables.
Dualité des moyens
Pour lutter contre cette menace, les organesde surveillance et d'intervention civils et militaires ont du apprendre à collaborer. C'est l'une des raison du passage de la Gendarmerie nationale
sous le ministère de l'Intérieur ou du regroupement de la DST (Direction de la surveillance du territoire) et des RG (Renseignements généraux) au sein de la DCRI (Direction
centrale du renseignement intérieur). Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, l'ensemble des services travaillant à la sécurité de la population peut être amenée à intervenir de manière
plus ou moins importante.
La lutte contre le terrorisme requiert des efforts selon leur niveau d'intervention. Ainsi, les militaires sont directement concernés à leur niveau lorsqu'ils interviennent en Afghanistan ou au
Pakistan, foyer central des mouvances islamistes internationales. Mais la police voir même les personnels du ministère des finances ou des banques jouent un rôle tout aussi important dans la
surveillance d'activités suspectes et de mouvements de fonds illégaux sur le sol français.
Les moyens techniques développés par les industriels pour répondre aux besoins sécuritaires du pays vont également dans ce sens. Technologies militaires et civiles s'inspirent mutuellement
lorsqu'elles ne sont pas directement développés ensemble. Les outils de protection informatique, les appareils de surveillance ou les équipements d'intervention passent régulièrement d'une sphère
à l'autre. La DGA (Direction générale de l'Armement) a compris l'intérêt de ce pôle de réflexion pour son utilité mais aussi pour sa capacité à économiser des moyens économiques.
La dualité apparaît également dans le recours à l'homme. En réponse à la présence au sein de la population de la menace terroriste, les ministrères de l'Intérieur et de la Défense ont positionné
au coeur de la ville des patrouilles Vigipirates composées de personnels civils et militaires. L'armée sait également piocher dans les savoirs-faire civils en déployant sur les terrains
d'opération des spécialistes mobilisés sous le statut de réservistes qui peuvent faire bénéficier à l'effort de défense de leurs connaissances juridiques, linguistiques ou culturelles.
Photo : US Air Force.