Un officier de l'armée de l'air péruvienne a été arrêté ce week-end. Il est accusé d'espionnage au profit du voisin chilien. Les deux pays ont entamé une
nouvelle bataille diplomatique, Lima reprochant au Chili d'avoir des pratiques agressives et Santiago rappelant au Pérou de rester prudent sur ses allégations tant que l'enquête n'aurait pas
aboutit. Un autre homme a également été appréhendé pour les même raison.
C'est peut être le début d'une nouvelle crise entre le Chili et le Pérou. Lima a interpellé deux militaires péruviens soupçonnés de divulguer des informations pour de l'argent. Le premier est un
technicien du renseignement électronique, Victor Ariza Mendoza, âgé de 45 ans. L'identité du second est encore inconnue. Le premier a avoué avoir perçu 3000 dollars par mois depuis septembre 2005
en échange des données qu'il fournissait au Chili.
Les informations vendues concernent principalement les forces aériennes selon le quotidien péruvien La Republica. Le présumé espion a ainsi fournit les plans de modernisation de
l'équipement de l'armée de l'air mais aussi des codes de sécurité permettant d'accéder aux liaisons téléphoniques de l'ambassade du Pérou à Santiago. Victor Ariza Mendoza aurait été dénoncé au
contre-espionnage par un de ses collègues.
Le Chili a déclaré par l'intermédiaire de sa porte-parole, Carolina Thoa qu'il n'y avait pas d'espionnage : "nous tenons à être clairs : le Chili n'espionne pas". Santiago a également appelé le
Pérou à rester prudent avant les conclusions définitives de l'enquête. Selon un ancien responsable du renseignement, l'usage de fonts secrets ne peut avoir été fait sans l'approbation des plus
hauts fonctionnaires de l'Etat.
Les deux pays, s'ils ont évité jusqu'à maintenant la dérive militaire, s'opposent au travers de plusieurs différents frontaliers. Le Pérou continue de réclamer la restitution de la région de
Tarapaca, annexée par le Chili au cours de la guerre du Pacifique (1879-1884). Lima et Santiago s'opposent également sur le tracé des frontières maritimes et notamment sur 60 000m² de zones de
pêche pour lesquels le Pérou a déposé plainte au tribunal de La Haye.
Le président péruvien, Alan Garcia et son homologue chilienne, Michelle Bachelet, ont annulé une rencontre au cours du sommet Asie-Pacifique (APEC) dimanche. Le Pérou a également rappelé son
ambassadeur a Santiago et le président est rentré plus tôt que prévu de l'APEC.