L’artillerie de demain sera low cost et asiatique
Le coût plutôt que la précision. C’est comme ça que se décidera l’avenir de l’artillerie. Dans une étude sur l’artillerie du futur, des spécialistes font ainsi part de leurs pressentiments. Pour la plupart d’entre eux, le futur de ce type d’armements se jouera en Asie, entre l’Inde, la Chine et la Pakistan qui devraient être les principaux marchés de demain.

Au cours de la prochaine décennie, c'est le prix plutôt que la précision qui justifiera l'achat de pièces d'artillerie.
Le site Defence IQ a posé la question à quelques 120 décisionnaires et spécialistes de l’artillerie : qui achètera des canons au cours des dix prochaines années ? Les réponses sont presque unanimes : l’Inde pour 70% d’entre eux, la Chine pour 58% et le Pakistan pour 43%. La région, véritable poudrière animée par des tensions toujours plus visibles entre New Delhi et ses deux concurrents de voisins. Tant et si bien que pour les trois, c’est la course aux armements modernes.
Si la Chine bénéficie de budgets plus conséquents que l’Inde, elle reste un marché beaucoup plus difficile d’accès. C’est l’Inde qui devient donc le marché le plus opportun pour les industriels. Ce pays est d’ailleurs le principal importateur d’armes au monde, achetant à peu près de tout à à peu près tout le monde. Une politique qui doit permettre de combler au mieux le retard militaire sur Pékin.
La dynamique des coûts prend des proportions assez impressionnantes dans les résultats de cette étude. 75% des sondés estiment ainsi que la recherche et le développement dans le domaine de l’artillerie doivent permettre de réduire les coûts de reviens des pièces. Ils ne sont que 25% à penser que cette dimension ne doit pas rentrer en compte dans la fabrication et la sélection de ce type d’armements. La moitié voit cette problématique des réductions de dépenses militaires comme la principale menace envers le développement d’une artillerie moderne.
Un résultats inquiétant lorsqu’on le met en parallèle avec d’autres critères. Le rapport est par exemple parfaitement inversé lorsqu’il s’agit d’améliorer la précision des armes. 25% des sondés seulement estiment qu’il faut améliorer cette caractéristique, dont à peine 3% faisant de cette réflexion une priorité majeure. Parmi les priorités plébiscités, au delà du rapport qualité prix, sont largement cités les problématiques de puissance de feu, d’interopérabilité et de formation des personnels.
Parmi les sondés figuraient seulement 2% de Français. Le Brésil et l’Inde totalisaient eux 14% des suffrages. Donnée qui peut fausser la lecture des résultats : les deux géants de l’industrie militaire que sont la Chine et la Russie n’ont été interrogés qu’en marge du processus et ne sont comptabilisés qu’au sein du groupe « autres » sans plus de précisions.
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Photo : Defence IQ








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