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Construire à Jérusalem tue des soldats en Irak

Ecrit par Romain Mielcarek le 16 mar 2010 à 22:10 Un commentaire

L’annonce de la construction de 1 600 nouveaux logements à Jérusalem est par le Premier ministre Benyamin Netanyahou a causé une crise diplomatique entre Israël et les États-Unis. Pendant que la police tente de contrôler les manifestants palestiniens dans les rues de la capitale, Washington cherche comment gérer son irascible allié. Pourtant, en janvier déjà, des officiers prévenaient du danger de la politique israélienne.

Manifestations pacifiques et altercations violentes se multiplient depuis l'annonce de la construction de 1 600 logements dans Jérusalem est.

Pour le gouvernement israélien, construire 1 600 logements à l’est de la capitale est un moyen d’illustrer son autorité sur ce secteur. Pour les Palestiniens, il s’agit d’une provocation grave. Les médias commencent à parler d’une nouvelle Intifada alors que des manifestants, parfois à l’appel du Hamas, bombardent la police de pierres.

Washington, qui appelait de ses vœux un gel des colonies pour chercher une solution pacifique au conflit israélo-palestinien, se trouve dans une position délicate. A l’annonce de ce projet, le vice-président Joe Biden aurait réagit avec colère et appelé le Premier ministre israélien en l’accusant de « mettre en danger la sécurité des troupes qui combattent en Irak, en Afghanistan et au Pakistan ». En public, il est resté plus modéré, se contentant de « condamner » des choix qui « sapent la confiance » des autres partis impliqués dans les discussions pour la paix.

Israël plus proche de Kaboul que de Paris

La diplomatie américaine s’applique à arrondir les angles avec Israël. Hillary Clinton, après près d’une semaine de tension, a rappellé le lien « inébranlable » entre les deux pays. Washington est cependant plus que jamais conscient des conséquences de sa proximité avec Jérusalem sur ses relations avec les autres pays arabes de la région.

Au cours d’une réunion en janvier, les plus hauts généraux de l’armée américaine ont fait un bilan de situation à l’émissaire pour le Moyen-Orient Georges Mitchell (voir l’article de Mark Perry sur le site du magazine Foreign Policy). Le général David Petraeus, chef du Commandement central américain, a réclamé que la responsabilité sécuritaire d’Israël lui soit rattaché, avec l’Irak et l’Afghanistan, plutôt qu’avec l’Europe comme c’est le cas actuellement. C’était la première fois que des cadres militaires prennent une position aussi marquée sur une question éminemment politique.

Les évolutions politiques en Israël ont des conséquences directes sur l’ensemble du monde musulman. Le refus de Benyamin Netanyahou de renoncer à son projet sert également les intérêts des groupuscules islamistes qui incitent les populations à descendre dans les rues pour se battre. Les conséquences sont stratégiques pour les stratèges américains.

Le général Petraeus et ses collègues ont remarqué en décembre dernier en allant rencontrer leurs homologues arabes que les États-Unis donnaient l’image d’un pays de plus en plus « faible » dont la « position militaire dans la région s’érode ». L’agitation que cette crise peut entraîner dans les pays musulmans risque de peser directement sur les soldats déployés en Irak ou en Afghanistan, la cause palestinienne étant l’un des leitmotivs des entités djihadistes pour recruter.

Photo : DR

Un commentaire »

  • OrangeOrange a dit:

    Israël Palestine : puisque la création d’un second Etat devient de moins en moins faisable, n’est-il pas temps de passer à la solution d’un Etat Binational sur l’ensemble du territoire de 1947 ?

    Voir l’article et la video ( http://www.pnyx.com/fr_fr/poll/568 ) qui retracent d’une manière simple, claire et équilibrée ce conflit épineux, embrouillé et passionnel !

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