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Corée du Sud et Etats-Unis organisent un exercice pour avertir Pyongyang

Ecrit par Romain Mielcarek le 21 juil 2010 à 1:15 2 commentaires

La Corée du Nord continue de nier sa responsabilité dans le naufrage du Cheonan, le navire sud-coréen coulé le 26 mars dernier causant la mort de 46 marins. Washington et Séoul viennent d’annoncer la mise en place d’un exercice important en mer du Japon puis en mer Jaune. Un avertissement pour Pyongyang et un signe fort pour Pékin.

Robert Gates devant des soldats américains et sud-coréens à Camp Casey mardi.

Le premier exercice commencera dimanche d’après les communiqués de presse des États-Unis et de la Corée du Sud. Il devrait impliquer pendant quatre jour quelques 8000 soldats de ces deux pays. Une vingtaine de navires et sous-marins seront déployés avec à leur bord 200 avions.

L’armée américaine devrait montrer sa ferme intention de ne pas laisser la Corée du Nord dicter sa loi dans la région puisqu’elle va engager l’un de ses principaux porte-avions, l’USS George Washington et déployer des F-22 Raptor, dernier né de l’Air Force.

Cette manœuvre est une réponse directe à la destruction du Cheonan en mars dernier. Les Etats-Unis et la Corée du Sud estiment en se basant sur les résultats d’enquêtes internationales que c’est bien une attaque d’un sous-marin nord-coréen qui a coulé le navire et tué 46 membres d’équipage. L’amiral Robert Willard, commandant des forces armées américaines dans la zone pacifique, a déclaré à la presse à Séoul que l’objectif était « de dissuader la Corée du Nord de commettre de futures provocations » et que « ces exercices constituent un message fort ».

Un message qui s’adresse également à Pékin. D’autres exercices ont en effet été prévus dans les prochains mois en mer Jaune. La Chine s’est toujours opposée à des mouvements militaires dans cette zone qui fait face à ses rivages. L’armée américaine n’aurait pas prévenu ce soutien majeur de la Corée du Nord et espère que Pékin saura faire preuve de fermeté à l’égard de Pyongyang.

L’espionnage continue

Une frégate américaine, un destroyer sud-coréen et un destroyer canadien croisent dans le Pacifique début juillet.

Pendant ce temps, un général sud-coréen a été arrêté pour avoir transmis des informations à un espion du nord apprend t-on dans une dépêche de l’AFP. Les données dont on ne connait pas le détail ont été vendues pour un total de 26 millions de wons soit environ 16 700 euros. Il ne sera cependant pas poursuivi pour espionnage car il ignorait apparemment l’identité de son interlocuteur.

L’espion en question est en réalité originaire de la Corée du Sud. Passé dans le camps adverse dans les années 1990 alors qu’il séjournait en Chine, il travaille désormais pour Pyongyang. Il a lui était inculpé pour espionnage, un crime sévèrement puni. En Théorie, la peine de mort est toujours applicable.

Ces événements illustrent bien l’était de guerre toujours officiel entre les deux Corées. Depuis la rupture entre ces deux pays, 4500 agents nord-coréens ont été appréhendés par Séoul selon les sources officielles de cette dernière. Robert Gates, le secrétaire à la défense et Hillary Clinton, la secrétaire d’État, en visite en Corée du Sud, doivent se rendre sur la ligne de démarcation entre les deux pays mercredi.

Photos : Cherie Cullen & US Navy / Lieutenant Ed Early

Voir aussi : Regain de tension entre les deux Corées.

2 Commentaires »

  • Frédéric a dit:

     »Décourager » une nouvelle agression ? Vu que Pyong Yang s’est toujours relativement bien tiré de ces multiples attaques sans un seul raid de représailles sur son sol, je ne voit pas pourquoi ses dirigeants s’inquiéterait pour si peu.

    En 1968, une attaque contre le palais présidentielle de Séoul et la capture d’un bateau espion US est passé sans dommage pour la Corée du Nord, alors qu’il y avait la largement de quoi justifié la reprise de la guerre de Corée…

  • Romain Mielcarek (author) a dit:

    C’est l’éternel problème de la Corée du Nord.

    Tous les pays impliqués dans les négociations avec Pyongyang veulent à tout prix une solution diplomatique. Une opération militaire serait catastrophique et entraînerait d’importants dégats dans la région. Sans parler de l’impact économique d’une réunion des deux Corées dont personne ne veut et surtout pas Séoul.

    Alors effectivement, Washington danse tantôt sur un pied, tantôt sur l’autre, en espérant désespérement que Pékin change de posture ou que le grand Leader Kim Jong Il ne passe l’arme à gauche et que le changement de pouvoir crée une rupture opportune.

    RM

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