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Les forces spéciales américaines se voient déjà faire la loi dans le monde entier

Ecrit par Romain Mielcarek le 22 fév 2012 à 0:43 Aucun commentaire

L’armée américaine tend à désengager ses troupes de la plupart des théâtres d’opération. Pour prendre la relève dans la chasse aux terroristes, les forces spéciales pourraient gagner en liberté. Après plusieurs succès très médiatiques, les hommes du SOCom ont le vent en poupe. Une période propice que leur commandant aimerait faire fructifier grâce à une plus grande liberté de manoeuvre.

Partout, tout le temps. McRaven rêve de 12 000 commandos prédéployés dans le monde entier.

Le futur proche de la stratégie militaire américaine ne reposera plus sur d’importants contingents déployés dans des missions terrestres de contre insurrection. Nous entrons dans une ère où les forces spéciales joueront plus que jamais un rôle clef. Cette réalité nouvelle a été parfaitement assimilée par l’amiral William H. McRaven, le commandant du SOCom (Special Operations Command / Commandement des opérations spéciales) qui réclame d’ores et déjà une plus grande marge de manoeuvre et surtout une plus grande liberté dans la prise de décision.

Le patron des Navy Seals qui ont exécuté Oussama Ben Laden en mai dernier sait que l’administration Obama, encore plus que celle de Bush fils, a parfaitement compris l’intérêt de ses unités. Polyvalentes, discrètes, elles peuvent marquer des essais diplomatiques et stratégiques qui ne seront médiatisés qu’à l’envie par les responsables politiques. Libération d’otage, renseignement, « neutralisation » de responsables ennemis … la palette de capacités de ces hommes couvre une grande partie des besoins militaires modernes.

L’amiral McRaven aimerait cependant pouvoir se passer d’avoir à interagir avec trop d’interlocuteurs. L’officier défend l’idée qu’avec plus de liberté, il pourrait lutter à armes égales avec les nombreux combattants asymétriques qui menacent les intérêts américains. La guerre de l’ombre comme principal champs de bataille, c’est aussi un moyen de ne plus s’embarrasser avec certaines formalités.

Au delà de l’aspect à priori séduisant pour Washington, cette approche ne convainc pas tout le monde. A commencer par les responsables militaires régionaux qui craignent de perdre en autorité sur leurs propres champs d’opération. Même chose pour les ambassadeurs qui pourraient ne plus avoir qu’à assurer le service après-vente une fois les Seals passés par leurs pays de résidence.

L’amiral McRaven, de son côté, rêve déjà d’avoir des unités en nombre suffisant déployés sur l’ensemble du globe terrestre. 12 000 soldats d’élite répartis non seulement sur les zones géographiques prioritaires, en Afghanistan, en Irak ou au large de la corne africaine (ces régions monopolisant 80% des moyens) mais aussi dans toute l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine. Déjà, certains espéreraient voir les hommes du SOCom intervenir en Syrie pour accélérer un dénuement heureux, comme en Libye ou au Pakistan pour Ben Laden.

Pour couper court à toute éventuelle polémique que le sujet, les responsables du Pentagone assurent que le SOCom continuera d’agir comme il l’a fait jusqu’ici. Reste qu’en période de rigueur budgétaire, celui des opérations spéciales devrait être l’un des rares à augmenter. Quand à laisser l’amiral McRaven gérer sa barque en toute autonomie, personne ne veut en parler. Surtout pas la Maison Blanche qui a refusé à la presse américaine toute réaction sur le sujet dimanche dernier.

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Photo : US DoD

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