Géopolitique du monde chrétien : les Eglises diplomates (3)
Dans toutes les crises, les religieux sont présents pour défendre les intérêts des croyants mais aussi certaines valeurs comme la liberté et les droits de l’homme. Le Saint-Siège en particulier remplit un rôle de premier rang sur la scène internationale avec des représentations au sein de nombreuses instances comme les Nations-Unies qui sont régulièrement contestées.
Le Vatican héberge une véritable machine diplomatique : le Saint-Siège. Au sein de ce micro-État, une véritable armée de religieux diplomates opère sous la responsabilité de leur chef, le Cardinal secrétaire d’État, l’un des bras droit du Pape. A l’origine, ce corps diplomatique a pour rôle de défendre les intérêts des Catholiques dans le monde : plus de 1 100 millions de personnes de toutes nationalités.Le Saint-Siège travaille à créer et entretenir des relations diplomatiques avec tous les pays. L’objectif est de pouvoir intervenir dans n’importe quelle région et de pouvoir soutenir les Chrétiens. Le Vatican dispose ainsi de représentations auprès de Cuba, Israël ou l’Iran. Il reste à se rapprocher de pays comme la Chine ou la Russie, culturellement méfiant à l’égard de la Chrétienté. Pour ce dernier pays, des échanges semblent avoir porté leurs fruits début décembre et pourraient donner des résultats prochainement.
L’Eglise catholique ne se contente pas de protéger ses fidèles. Elle travaille également à la diffusion de valeurs morales reconnues par la communauté internationales comme la liberté, les droits de l’homme ou la paix. Le Saint-Siège participe fréquemment à des médiations pour régler des situations de conflit.
Le Saint-Siège est la seule organisation religieuse à siéger aux Nations-Unies et à être reconnue comme une entité internationale depuis les accords de Latran. Grâce à son petit territoire, elle a le statut d’État. Elle se passe en général de son droit de vote mais assiste aux rencontres et aux discussions de nombreuses institutions multi-nationales comme le Haut Commissariat aux Réfugiées des Nations-Unies, l’Organisation Mondiale de la Santé ou l’Agence Internationale de l’Energie Atomique. Ce pouvoir diplomatique lui est souvent contesté, le Saint-Siège représentant une communauté religieuse qu’il ne dirige pas directement.
Chaque Eglise a le même type d’activité à son échelle et essaie tout en protégeant ses fidèles de faire avancer le monde dans la bonne direction en matière de valeurs morales. Les Orthodoxes remplissent ainsi un rôle important dans leur sphère géographique d’influence où ils ont notamment participé aux négociations sur les statuts des différents pays des Balkans.
Des négociateurs d’expérience
Le Saint-Siège dispose d’une académie Pontificale Ecclésiastique qui forme ses diplomates. Les représentants des Eglises chrétiennes sont des hommes d’influence qui disposent d’un pouvoir politique réel. S’ils n’ont pas de capacité militaire, leur parole est écoutée dans une part importante du monde où ils se retrouvent au premier rang des discussions pour régler conflits et guerres.
Les Catholiques ont ainsi apporté leur aide aux Chaldéens en Irak pour les aider à trouver une place entre les Chiites et les Sunnites dans la guerre civile qui a suivi l’invasion américaine de 2003. Les insurgés musulmans ont pris entre autre les Chrétiens pour cible dans un certain nombre de persécutions et d’attaques. Avec l’aide du Saint-Siège, cette communauté a essayé de jouer un rôle de médiateur entre les deux courants de l’Islam pour apaiser la situation.
Autre exemple probant dans une autre région de conflit, toujours d’actualité, l’Église orthodoxe a été omniprésente dans le règlement des guerres balkaniques. Depuis la dislocation de la Yougoslavie jusqu’à la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo, les religieux ont été de toutes les négociations et ont tenté de préserver les intérêts humains des civils de chaque bord. Les résultats n’ont pas toujours été au rendez-vous mais leur présence n’a pas été débattue bien qu’ils ne représentent pas directement une collectivité politique.
Photo : Juan Flauta









Laissez un commentaire