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Gérard Longuet : les militaires français ont évité des combats « inutiles » en Côte d’Ivoire

Ecrit par Romain Mielcarek le 13 avr 2011 à 23:28 Aucun commentaire

Le ministre de la Défense est revenu mercredi matin sur le rôle qu’a joué l’armée française dans la capture de Laurent Gbagbo. Gérard Longuet, auditionné par la commission Défense de l’Assemblée nationale, est revenu en détail sur le déroulé de l’action depuis dimanche. Une version qui doit désamorcé les débats naissants sur une action militaire que certains qualifient déjà d’ingérence française.

Gérard Longuet, ministre de la Défense.

Les hostilités ont été ouvertes par l’Onuci dimanche, explique le ministre de la Défense Gérard Longuet. Les hélicoptères Mi-24 et leurs équipages ukrainiens ont attaqué des armes lourdes, des véhicules blindés et des dépôts de munitions avant d’être relayés par les appareils de la force Licorne. Ces assauts, menés par vagues successives, ont visé la résidence et le palais présidentiels, la base navale, les camps militaires d’Akban, de Treichville et d’Akuedo ainsi que les casernements de la gendarmerie et du Cecos, son unité d’élite. Pour le ministre, le mandat français n’a en aucun cas été dépassé d’un point de vue juridique.

Toujours à la demande de l’Onuci, les forces de Licorne ont isolé le sud du quartier de Cocody en se positionnant sur la route de France lundi matin. Ces effectifs ont permis d’isoler la résidence présidentielle et d’empêcher l’arrivée de renforts. Quelques groupes de combattants, 300 hommes, auraient tenté de forcer le passage avant de se rendre. Quelques 200 gardes républicains se sont également rendu dans la partie sud d’Abidjan. Les prisonniers ont été transférés sous l’autorité des casques bleus.

Pendant ce temps, les Forces républicaines de Côte d’Ivoire ont attaqué la résidence. Là, cinq pick-ups des FRCI auraient été détruits par deux blindés tirant au canon de 20mm. Laurent Gbagbo a rapidement été interpellé dés 15h08 et transféré à l’hôtel du Golf où il est resté sous la responsabilité de l’Onuci. Plus tard, les forces de gendarmerie et de police d’Abidjan ont rallié le camp Ouattara et se sont mis à disposition du président élu.

Il rappelle les menaces et les attaques des forces de Laurent Gbagbo contre les populations civiles et contre plusieurs ambassades. « C’est assurément une victoire pour la démocratie en Afrique », a t-il déclaré en rappelant que 11 élections devaient avoir lieu sur le reste du continent. Le ministre estime que la présence forte des militaires français a évité « une dispersion des violences dans le quartier de Cocody » et d’éviter les « règlements de comptes inutiles ».

Gérard Longuet a salué le fait qu’aucun Français n’ait été blessé. Aucune nouvelle cependant des deux ressortissants enlevés. Il tempère cependant cet optimisme en expliquant que les violences dans le nord d’Abidjan ont pu impliquer des ressortissants, certains étant restés cachés chez eux. Il rappelle d’ailleurs que les militaires français et l’Onuci n’ont pas les moyens de couvrir efficacement la totalité du territoire ivoirien, que ce soit pour protéger les populations ou pour empêcher les échauffourées.

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Photo : DR

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