HMS Queen Elizabeth : quelques nouvelles de la reine

Dans une interview accordée au site Defenseiq, Geoff Searle, directeur du programme de porte-avions de classe Queen Elizabeth, donne quelques nouvelles du géant de la Royal Navy. Au programme, le point sur le calendrier, sur les avions embarqués et sur l’impact économique pour les Grands Bretons.

Le Queen Elizabeth est attendu pour 2016 et le Prince of Wales pour 2018.

A la mi-mai, les premiers morceaux du puzzle étaient déjà assemblés dans les chantiers de Rosyth. Le porte-avions HMS Queen Elizabeth est déjà un beau bébé de quelques 13 000 tonnes qui n’en est pourtant qu’à la première de ses trois phases d’assemblage. Pendant ce temps, le petit frère, le HMS Prince of Wales, voit ses premiers éléments entrer en phase de construction. Geoff Searle, le directeur du programme, se dit optimiste malgré les multiples rebondissements de ces derniers mois : calendrier et budget devraient être tenus.

Les deux porte-avions géants de la Royal Navy ont en effet été au coeur des débats ces derniers temps. Alors que le ministère de la Défense britannique cherche à contrôler (couper ?) ses budgets, une réflexion a été entamée sur les aéronefs à embarquer. Une version catapultée du F-35 (F-35C) a en effet été envisagée en remplacement de celle à décollage court et appontage vertical (F-35B). Cette dernière, initialement prévue, sera finalement maintenue. Si elle offre un meilleur potentiel en matière d’autonomie comme d’armement, revenir en arrière coûterait trop cher. Pour le Queen Elizabeth, cela ne change pas grand chose puisque les décideurs avaient déjà décidé de le maintenir sous ce format.

Cela ne pose pas de grands changements en matière d’assemblage : le bâtiments peut accueillir aussi bien les éléments nécessaires à la mise en oeuvre de F-35B que de F-35C. Il y aurait évidemment un surcoût à l’installation des catapultes nécessaires à ce dernier. Mais cette mesure serait indispensable pour un travail simplifié avec la marine américaine et surtout, avec la française. Pour mémoire, Londres a renoncé au maintien de ces deux porte-aéronefs et dès la mise à flot du Prince of Wales, le Queen Elisabeth devrait prendre sa retraite et être rapidement proposé à la vente.

Revenir en arrière coûterait en effet une fortune : annuler le contrat aurait demandé de payer des pénalités aux industriels pour un montant de 3,5 milliards de livres. En attendant, la construction du Queen Elizabeth fait travailler 300 entreprises britanniques et 10 000 personnes. Pour l’industrie maritime, c’est inespéré. Reste que tout cela ne semble pas laisser présager grand chose de nouveau pour un éventuel rapprochement entre Paris et Londres pour ce qui est de partager un éventuel porte-avions.

Vue d’artiste : Royal Navy 

A propos de l'auteur

Journaliste indépendant, Romain Mielcarek s'est spécialisé sur les thématiques liées à la défense et à la diplomatie. Il travaille régulièrement pour Atlantico, Slate, Défense et Sécurité Internationale et Pays Emergents. Doctorant en sciences sociales, il mène une thèse sur l'influence de l'armée française sur le récit médiatique de la guerre en Afghanistan. Membre de l'Alliance Géostratégique, il a participé à la rédaction des ouvrages "Les guerres low-cost" (Esprit du Livre / 2011) et "Stratégies dans le cyberespace" (Esprit du Livre / 2011).

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