La Russie ne veut pas de l’OTAN dans l’Arctique

L’Arctique apparaît de plus en plus comme une région stratégique. Avec le réchauffement du globe, les glaces se réduisent et ouvrent de nouvelles opportunités : voix navigables, ressources énergétiques, passages commerciaux. La Russie qui se bat avec les autres pays frontaliers pour le partage de cette zone ne veut surtout pas voir l’OTAN intervenir.

Rencontre improbable entre l’USS Bear et des ours polaires en zone arctique.

« Nous ne voyons pas quel pourrait être l’apport de l’OTAN dans l’Arctique », a déclaré hier Sergueï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russes. Il sortait d’une rencontre avec son homologue canadien, Lawrence Cannon. Au coeur de discussions, le partage de l’Arctique. Le Canada et la Russie continuent en effet de camper sur leurs positions et de maintenir un statu quo.

« Les pays de l’Arctique ont montré que tous les problèmes peuvent et doivent être réglés par des moyens politiques », a ajouté M. Lavrov. La présence de l’alliance militaire serait donc problématique. Reste que l’Arctique, avec le réchauffement climatique, est en train de devenir l’un des enjeux stratégiques du XXIème siècle. Un enjeu économique du fait des importantes ressources qui s’y trouvent, notamment en terme de pétrole. Mais aussi un enjeu géostratégique avec l’ouverture de nouvelles voies de navigation. La Chine et la Russie s’y intéressent tout particulièrement et investissent d’ores et déjà dans des navires capables de s’y installer.

Si la situation avec le Canada reste bloquée, Moscou est parvenue à un accord avec la Norvège. Après 40 ans de polémiques, les deux pays ont réussit à faire un compromis sur leurs frontières respectives. La recherche d’une solution se fait en effet de plus en plus urgente puisque les premiers champs de pétroles pourraient être exploités à l’horizon 2020.

Il n’est pas question de militarisation, a promis le diplomate en chef russe. Un voeu noble de la part du ministre qui souhaite confier la responsabilité de trancher sur les désaccords liés à l’Arctique à l’ONU. Pourtant Moscou, mais aussi Pékin, sont conscients du besoin d’être capables de sécuriser cette région et d’y déployer rapidement des troupes. Ils sont également conscients des ouvertures en terme de mouvements qu’offre cette transformation géographique. Des évolutions qui inquiètent l’OTAN. Anders Fogh Rasmussen, son secrétaire général, a déjà signalé qu’il était indispensable pour l’alliance atlantique de se pencher sur cette région et de s’adapter à ses nouveaux enjeux stratégiques.

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Photo : US Navy / Chief Yeoman Alphonso Braggs

A propos de l'auteur

Journaliste indépendant, Romain Mielcarek s'est spécialisé sur les thématiques liées à la défense et à la diplomatie. Il travaille régulièrement pour RFI, Atlantico, Slate, Défense et Sécurité Internationale et Pays Emergents. Doctorant en sciences sociales, il mène une thèse sur l'influence de l'armée française sur le récit médiatique de la guerre en Afghanistan. Membre de l'Alliance Géostratégique, il a participé à la rédaction des ouvrages "Les guerres low-cost" (Esprit du Livre / 2011) et "Stratégies dans le cyberespace" (Esprit du Livre / 2011).

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