Le destin de l’A400 M sera définitivement scellé en juin
3,5 milliards de surcoût. Jusqu’à dix appareils en moins sur le commande internationale. Le premier appareil livré à la France en 2013. Ces échecs de l’A400 M sont contrebalancés aujourd’hui par l’annonce du ministre de la Défense d’un contrat définitif signé par les acheteurs et l’industriel en juin prochain.
« Nous aurons un nouveau contrat pour le mois de juin, probablement avant. » L’affaire est enfin réglée pour Hervé Morin, le ministre de la Défense, qui confirmait aujourd’hui au cours d’une conférence de presse la volonté des clients de l’A400 M de préserver l’avenir de l’avion. Cet engagement sera donc pris d’ici cet été et finalisera l’avenant au contrat entre l’OCCAR, l’organisme qui représente les sept États ayant commandés des appareils et le producteur, Airbus Military.
Vendredi, les États européens concernés, à savoir la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Espagne, la Belgique, le Luxembourg et la Turquie, ont signé une convention assurant leur engagement dans le projet. Cet accord avec l’industriel admettait un surcoût de deux milliards d’euros ainsi qu’un abandon de toutes les pénalités de retard, soit près de 3,5 milliards d’euros au total. Il est également prévu une provision à hauteur d’1,5 milliards d’euros de participation aux exportations futures. Les paiements seront enfin accélérés entre les années 2010 et 2014.
Selon le ministre, les surcoûts s’élèveront pour la France à 550 millions d’euros. Cette somme n’inclut cependant pas les dépassements de budgets engendrés par les solutions temporaires qui ont du être mises en place du fait du retard de l’A400 M. Si un certain nombre de Transall doivent être maintenu jusqu’en 2018, la France va également devoir recourir à des Antonovs affrétés par l’OTAN et acheter huit CASA CN-235. Le premier avion d’Airbus doit être livré en 2013 et le dernier, le cinquantième, en 2024.
La recherche continue
L’A400 M devrait bénéficier au fil des années de plusieurs standards différents qui vont permettre sur la base de cet avion de remplir plusieurs missions. En plus de la version transport de départ, il y aura un appareil spécialisé dans l’aéro-largage, d’un autre dédié au ravitaillement en vol et enfin d’un modèle de navigation évoluée, même si les capacités de ce dernier restent particulièrement floues.
Airbus Military et ses « partenaires » tablent également sur l’export pour assurer l’avenir de l’appareil et de son développement. Au cours des prochaines années, ce sont 300 A400 M qui doivent être vendus à l’étranger. Des chiffres qui semblent optimistes au au vu du coût de cet avion qui reste cher malgré sa supériorité technologique. Lorsque ces ventes auront atteint un niveau suffisant, les clients récupéreront leurs 1,5 milliards de provision.
Les commandes maintenues
En tout, les clients de l’A400 M ont commandé 180 appareils. La hausse des coûts de développement de l’avion et de son prix à l’unité ont été la cause de vraies hésitations quand au maintien des volumes envisagés. Le contrat sera finalement presque maintenu puisque, toujours selon Hervé Morin, dix appareils au maximum seront annulés. Londres renoncerait ainsi à deux ou trois de ses 25 appareils. La France ne revient pas sur sa volonté d’acquérir cinquante de ces transporteurs.
Photo : Airbus Military









Ce contrat est stupide. A plusieurs niveaux.
1) Pour Airbus/Eads et Safran qui ont vu leurs comptes d’exploitation plombés suite aux difficultés rencontrées. Et qui ont du provisionner les pertes financières qui vont cruellement manquer pour les programmes civils qui sont essentiels. (Contrairement à ce programme militaire de 180 commandes)
2) Pour l’armée de l’air française qui va devoir attendre la mise en service opérationnelle de son 1er A400M en 2015 (MSO faite) alors qu’à l’origine c’était prévu en 2008. Et va devoir jongler avec ses Transall en ruine, ses Casa et ses Hercules qui vont être suremployés et donc vont s’user plus vite que prévu.
3) Pour le contribuable français qui va payer 07 milliards en tout (Rappel, le programme de porte-avions britanniques est de 2,5 milliards au total). Et qui va payer l’achat de 8 Casa CN 235 (160 millions d’euros) et le rétrofit de 10 Transall (50 Millions d’euros) pour attendre 2015.
4) Pour les militaires qui vont recevoir en 2013 un avion n’ayant ni les capacités d’aérolargage (Prévu dans une version 2), ni les capacités de ravitaillement en vol (Prévu dans une version 3), ni les capacités de vol automatique à basse altitude (Prévu dans une version 4). Et qui devront, ensuite, mettre à niveau les différentes versions, vers 2020, selon le Ministre. (Qui laisse entendre que le coût de l’opération de rétrofit ne sera pas neutre)
Et personne n’explique si le surpoids de 12 tonnes de l’avion sera solutionné. Alors que ce surpoids obère le rayon d’action ou la charge transportée.
Rappel pour mémoire :
Le kawasaki XC2 japonais est vendu 81 millions d’euros pièce, avec capacité d’aérolargage, de ravitaillement, de suivi de terrain, un rayon d’action de 8000 Km et l’usage d’une piste d’envol de 2300m.
L’Antonov 70 ukrainien est vendu 51 millions d’euros. Il lui manque juste le suivi de terrain à basse altitude.
Le Hercules C130J est vendu 48 millions d’euros. Il est juste en capacité.
Le C17 est vendu 165 millions d’euros. Il est cher.
L’embraer 390 brésilien sera vendu environ 50 millions d’euros. Il n’existe que sur plan.
Alors payer 140 millions d’euros un avion civil c’est plus que cher !! C’est fou. Surtout que les britanniques et les français vont recevoir les premiers exemplaires. Les britanniques car ils ont des C17 et des Hercules C130J et qu’un avion aux normes civiles leur suffit. Les français parce qu’ils sont pris à la gorge vu l’obsolescence de leur flotte aérienne de transport et surtout vu le souhait d’Hervé Morin de sauver le programme.
Le pire étant qu’on est même pas sûr que les moteurs (Qui ont eu une panne lors du vol inaugural) soit au niveau des spécifications demandées.
Alors, franchement, un cocorico suite au maintien du programme A400M, me fait penser au caractère du coq, toujours heureux de chanter les pieds dans le purin…
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