Le « Djihad » thaïlandais continue de faire des morts

Les quatre province du sud touchées par la guérilla musulmane.

Dans le sud de la Thaïlande, une rébellion musulmane méconnue est à l’origine d’un nombre important de victimes depuis 2004. Ces derniers jours, des attaques à la bombe ont encore fait neuf morts.

Jeudi soir, c’est une bombe de vingt kilos qui a explosé sur une route du district de Ruso au passage d’un véhicule militaire. Trois soldats et deux civils ont été tués. Aujourd’hui, une seconde explosion tuait trois autres soldats au cours d’une patrouille dans la province de Yala.

Le sud de la Thaïlande est agité par des mouvements rebelles indépendantistes depuis que cette région est passée sous l’autorité de Bangkok au début du XXème siècle. Depuis les année 2000, les combats se font plus violents. 4100 personnes auraient été tuées.

Les forces de police et militaire présentes pour maintenir l’ordre sont la principale cible des rebelles qui leur volent régulièrement du matériel. Mais des civils musulmans sont aussi régulièrement ciblés, accusés de collaborer avec le régime thaïlandais. Un religieux de la province de Pattani a ainsi été visé par des tirs qui lui ont couté la vie, son propre fils, milicien, ayant été abattu il y a deux mois.

Depuis 2004, les quatre provinces les plus au sud de la Thaïlande, proches de la Malaisie, sont ravagées par une guérilla violente que l’armée n’a pas réussit à maîtriser. Cette partie du pays est habitée par quelques 2,3 millions de musulmans. Le mouvement rebelle cherche en plus de la séparation à faire partir les Thaïlandais bouddistes qui vivent encore dans le secteur.

A propos de l'auteur

Journaliste indépendant, Romain Mielcarek s'est spécialisé sur les thématiques liées à la défense et à la diplomatie. Il travaille régulièrement pour RFI, Atlantico, Slate, Défense et Sécurité Internationale et Pays Emergents. Doctorant en sciences sociales, il mène une thèse sur l'influence de l'armée française sur le récit médiatique de la guerre en Afghanistan. Membre de l'Alliance Géostratégique, il a participé à la rédaction des ouvrages "Les guerres low-cost" (Esprit du Livre / 2011) et "Stratégies dans le cyberespace" (Esprit du Livre / 2011).

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Commentaires (6)

  • Frédéric

    Avec la crise politique dans la capitale, il n’est pas étonnant que ses  »opposants » profite de la confusion.

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    • Romain Mielcarek

      En réalité, l’impact de la crise dans la capitale est modeste. Les rebelles en profitent forcément mais au final dans le sud, la situation reste sensiblement la même, les tensions entre chemises rouges et jaunes n’y étant pas tellement importantes.

      L’armée sur place est gérée par une instance civile locale qui de fait, continue de fonctionner.

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  • Ranger Jane

    Qu’en est il de la situation actuelle dans le sud. Est-ce que l’organe civil mis en place a été efficace?
    Merci d’avance

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    • Romain Mielcarek

      A ma connaissance, pas grand chose de nouveau. Mais n’hésitez pas à passer régulièrement sur ActuDéfense car j’ai quelques projets sur ce dossier. J’envisage éventuellement de me rendre sur place. Donc je devrais certainement en parler plus régulièrement.

      Cordialement,

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  • JeromeBKK

    Salut Romain,

    Conflit toujours d’actualité … et toujours plus de morts malheureusement.

    Au niveau politique, penses-tu qu’il serait envisageable de donner leur indépendance à ces régions frontalières.

    Quel le discours de la Malaisie à propos de ce conflit ? se sentent-ils concerner par le problème ?

    J’imagine que la majorité de la population locale thaïlandaise musulmane souhaite vivre normalement et cohabiter avec la communauté Thaïlandaise bouddhiste … en paix.

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    • Romain Mielcarek

      Sans être un expert à propos de ce conflit, il me semble qu’il n’y a pas de tension entre les deux Etats concernant la légitimité d’appartenance de ces territoires à la Thaïlande. On est donc dans le consensus. Les autorités des deux côtés de la frontière font leur travail pour tenter de neutraliser les groupes armés radicalisés.

      Il est important de noter que par rapport à d’autres territoires dans le monde où sont menées des actions de djihad, ici, la population est majoritairement opposée à l’action armée des terroristes. Il y a une vraie attente sociale de plus d’intégration et de plus de reconnaissance religieuse et culturelle, mais rien qui n’aille jusqu’à revendiquer une sécession ni une rébellion.

      La religion n’est ici, comme souvent, que le motif mis en avant pour dénoncer des tensions beaucoup plus globales entre les communautés.

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