Le grand bazar du renseignement américain
Le Washington Post publie aujourd’hui la première partie d’une longue enquête sur le renseignement américain et son évolution depuis le 11 septembre 2001. Le verdict du grand quotidien est sans appel : des efforts colossaux sont dépensés dans tous les sens et le renseignement est devenu une vaste nébuleuse dont les contours sont impossibles à discerner.
1271 agences gouvernementales. 1931 compagnies privées. Le tout sur quelques 10 000 sites répartis sur le sol américain. 854 000 personnes impliquées (agents fédéraux, fonctionnaires, contractants privés, chargés de mission …). Ces chiffres aberrants sont ceux du renseignement américain. La vingtaine de journalistes du Washington Post qui travaille sur le sujet depuis maintenant deux ans est arrivée à ces conclusions pour le moins impressionnantes.
Des chiffres qu’il faut pondérer puisque les enquêteurs ne cessent de répéter dans leur document qu’il est devenu impossible de savoir qui est qui et qui fait quoi. Dans le cadre de la guerre contre le terrorisme décrétée par George W. Bush en 2001, le renseignement est devenu une priorité. Une priorité dont les efforts se sont largement dispersés. Autre exemple assez équivoque, celui de la surveillance des mouvements de fonds des groupes terroristes : quelques 33 agences s’y consacrent, basées dans une quinzaine de villes américaines. Autant de personnes qui ne travaillent pas ensemble et n’échangent pas les informations qu’elles peuvent détenir.
Cette colossale puissance de travail produit un résultat : environ 50 000 rapports par an. Des documents qu’il est impossible de traiter efficacement. C’est l’éternel problème de l’information. La récolter est une bonne chose, encore faut-il pouvoir la traiter pour que cela ait un intérêt.
L’administration américaine a déjà répondu aux journalistes en publiant plusieurs mémos dénonçant des erreurs dans la publication. Le patron par intérim du renseignement, David Gompert assure que des réformes ont déjà été lancées depuis quelques années afin d’améliorer les résultats des différentes agences. Il explique ainsi que contrairement à ce qu’explique l’enquête du Washington Post, les contractants ne tiennent pas une place si importante dans la machine renseignement et les États-Unis n’ont pas subit d’attentat majeur depuis le World Trade Center.
Spirale infernale
Les journalistes du Post arrivent exactement à la conclusion inverse. Pour eux, la tuerie de Fort Hood et l’attentat manqué sur le vol Amsterdam-Détroit sont les conséquences directes de ce fouillis organisationnel. Difficile à dire si c’est effectivement la cause, les succès et les échecs de la lutte anti-terroriste étant somme toute assez relatifs. Il en effet assez simple de dire ça fonctionne puisqu’il ne se passe rien ou ça ne fonctionne pas puisqu’il y a une attaque.
A cette échelle, le renseignement est dans tous les cas devenu une véritable industrie. Impossible d’évaluer combien d’argent est brassé puisque les coûts des différentes missions et programmes, les rémunérations des différents personnels et leurs responsabilités sont totalement flous. Réformer tout cela entraînerait dans tous les cas des coupes sèches dans les effectifs, ce qui aurait d’évidentes conséquences financières. Des enjeux qui entraîne forcément des lourdeurs dans la mise au clair de l’organisation des différents intervenants.
Le quotidien américain donne un autre exemple de conséquences direct de cette industrialisation du renseignement. 33 bâtiments ont été construits ou sont en cours de construction rien qu’à Washington (banlieue comprise). Autant d’entreprises et de familles qui se retrouvent dépendantes de cette énorme industrie du renseignement.
Pour quels résultats ? Impossible à évoluer. L’enquête est à lire ici :
Top secret America.
National security inc.
The secrets next door.
Illustration : Washington Post.









Il doit y avoir un gros »bug » concernant le nombre d’employés dans les services de renseignements. On compte moins de 1,8 millionsde fonctionnaires civils dans l’administration fédérale américaine.
Le journal à du comptabiliser tout les services de polices municipaux, d’État et fédéraux qui ont une cellule de renseignement comme le NYPD ou le LAPD.
J’ai écrit la majorité de l’article ci dessous :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Intelligence_Community
»En septembre 2009, le directeur du renseignement national, Dennis Blair, déclare que l’ensemble des seize agences de l’Intelligence Community a un budget annuel de 75 milliards de dollars et emploie quelque 200 000 personnes dans le monde, y compris des entrepreneurs privés ».
Employées n’est effectivement pas le bon terme, je l’ai corrigé pour plus de clarté.
Ces 850 000 personnes sont au service des missions et programmes de renseignement produits par les différentes agences. Il s’agit donc pour partie de fonctionnaire mais pour majeure partie de consultants privés, de chercheurs, de chargés de mission, de consultants …
Toutes ces personnes bénéficient de niveaux d’accès au secret défense variables et sont directement intéressées au nombre de projets en cours. Une réorganisation de toute la machine renseignement (si tant est qu’elle est possible) entraînerait une perte d’activité complète ou partielle pour un certain nombre de ces intervenants. Dans le domaine du renseignement en tout cas.
Merci pour la remarque !
Romain
De rien, bon courage. Je vous emprunte votre début de résumé pour le wiki
Je signale à titre d’info qu’en Europe, c’est la Roumanie qui compte le plus d’agents de renseignements par hab :
http://www.spyworld-actu.com/spip.php?article1886
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