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Le livre du lundi : De bons petits soldats

Ecrit par Romain Mielcarek le 6 sept 2010 à 12:30 3 commentaires

De bons petits soldats raconte l’histoire de la 2ème brigade 16ème d’infanterie en Irak. Quinze mois dans la banlieue de Bagdad à tenter de réduire les efforts des insurgés à néant tout en offrant des opportunités à la population. Un livre dur mais prenant par son réalisme, écrit par David Finkel, grand reporter au Washington Post.

De bons petits soldats.

Poignant. C’est le mot qui pourrait résumer ce livre. David Finkel décrit avec une plume d’une grande qualité l’engagement des soldats du 16ème d’infanterie dans le cadre du surge voulu par Georges W. Bush. Du 6 avril 2007 au 10 avril 2010, il a pu suivre ces hommes, simples soldats, sous-officiers, officiers et chef de corps. Il raconte dans le moindre détail leur mission et les épreuves qu’ils traversent.

En évitant tout engagement politique, il dresse le parallèle frappant entre les discours d’un Président en difficulté avec la réalité du terrain où les hommes souffrent. La transcription de leurs valeurs et de leur capacité à tout sacrifier pour un idéal est parfaitement réussit. Loin de passer pour des fous furieux, ces soldats sont décrits comme des héros humains qui ont voulu devenir des guerriers, protéger l’image de leur nation.

Mais De bons petits soldats raconte aussi la manière dont la guerre brise les hommes. 14 hommes tués au combat. Mais aussi tant d’autres blessés. Des membres perdus. Des capacités intellectuelles réduites. Des blessures psychologiques aussi avec le poids que représente le souvenir d’évènements aussi difficiles à traverser que la menace permanente de l’explosif sur la route et de la mort d’un camarade. La souffrance que représente l’éloignement pour les hommes et pour leurs familles.

David Finkel a pu suivre la plupart d’entre eux dans leur quotidien, depuis les patrouilles sur le terrain jusqu’au retour au pays. Il a pu rencontrer les blessés graves dans leur combat contre le désespoir. Il a pu rencontrer les mères et les femmes qui doivent récupérer ces hommes réduits à néant.

Ce regard sur la guerre est d’une grande qualité. Félicité par la presse et les médias américains, De bons petits soldats est un hommage aux soldats qui ont combattu en Irak. Il permet également au lecteur de mieux comprendre ce qui les pousse à y aller, à y retourner et à y croire. Loin des discours politiques, ces hommes traversent tout parce que c’est leur métier.

De bons petits soldats.
David Finkel.
Robert Laffont.
Mars 2010.
20 €

3 Commentaires »

  • mimie82 a dit:

    Je ne connais pas ce livre mais vous donnez envie de le lire.La France a connu deux grandes guerres. Celles-ci ont eu lieu sur le territoire, ce qui fait que l’ensemble de la population en a subit les conséquences plus ou moins directement et sur une longue période.
    Les conflits qui éclatent loin de chez nous, nous mobilisent beaucoup moins, nous nous sentons moins concernés car moins touchés. Malheureusement,nous oublions facilement que la guerre est faîte par des hommes contre d’autres hommes et les conséquences (blessures physiques ou psychologiques) ne s’arrêtent pas lorsque ces hommes quittent le lieu du conflit.
    Les militaires sont préparés à guerroyer mais la société n’est pas préparée à les accueillir, à affronter leurs vilaines blessures et leurs souffrances.Cela dérange, met mal à l’aise dans une société qui privilégie le jeunisme, la bonne apparence…
    C’est bien d’en parler, de l’écrire, de lire les livres pour ne pas oublier que quoi qu’ils aient laissé « là-bas », c’est pour nous qu’ils l’ont fait.

  • Frédéric a dit:

    Pour Mimi, rappellons les guerres d’Indochine et d’Algérie, dans la seconde, le contingent était mobilisé, mais si on demande à nos parents ce qu’il se rappelle de cette époque, ils parleront bien plus de la  »nationale 7 » et des premiéres vacances sur la cote d’Azur que des harquis…

  • Romain Mielcarek (author) a dit:

    Effectivement Frédéric, vous mettez le doigt sur l’un des grands drames de la guerre. Les motivations qui poussent de jeunes soldats à se battre ne sont plus liées aux soucis des simples citoyens.

    Un décalage moralement gênant dans une société où l’armée se veut outil au service de la volonté démocratique du peuple !

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