Le livre du lundi : Faut-il juger George Bush ?

Faut-il juger George Bush ? En voila une bonne question. L’ancien Président américain, commandant en chef de la guerre globale contre le terrorisme, a encouragé ses troupes à des dérives qualifiables de crimes de guerre. La torture notamment, remet en question les grandes valeurs américaines, sacrifiées sur l’autel de la sécurité bâclée. Human Rights Watch fait le point.

Faut-il juger George Bush ?

George W. Bush, un criminel comme les autres ? C’est en gros l’idée que défend ce court ouvrage, version étoffée et argumentée d’un rapport de l’ONG Human Rights Watch. Les choix politiques effectués par l’ancien Président dans la guerre globale contre la terreur le rendent responsable de nombreuses dérives. Arrestations arbitraires et tortures sont ainsi directement qualifiées de crimes de guerre par les auteurs.

Sans remettre en cause la légitimité des Etats-Unis à poursuivre coûte que coûte les responsables des attentats et leurs soutiens, ce document interroge sur le rôle d’exemple que devrait avoir les grands pays démocratiques. Washington, en consentant à remettre en cause ses idéaux pour poursuivre ses ennemis, risque d’envoyer un signal bien négatif au monde. Déjà, un peu partout dans le monde musulman, la démocratie américaine est plus synonyme de Guantanamo ou d’Abou Graïb que de droits de l’homme.

George Bush n’a jamais caché sa position. Lorsque son chef de la CIA, George Tenet, lui demandait la permission de torturer un détenu accusé de terrorisme, il répondait simplement « Bien sûr que oui« . Une position qu’il a revendiqué dans ses mémoires. De fait, il admet avoir encouragé des pratiques systématiquement condamnées par les réglementations internationales.

L’ouvrage défend deux idées principales. La première : que les plus hauts responsables des dérives militaires américaines soient poursuivis. L’ancien chef d’Etat bien sur, mais aussi ses ministres, généraux et juristes impliqués dans une véritable politique de la torture. La seconde : que ceux qui se sont opposés à ces pratiques, civils ou militaires, soient reconnus comme des exemples à suivre à l’avenir.

Au delà de l’idée d’un jugement de l’équipe Bush, qui relève probablement de l’utopie, cet ouvrage a le mérite de remettre à plat les dérives américaines. Une question d’autant plus d’actualité que les candidats à la présidentielle de 2012 continuent pour nombre d’entre eux d’en défendre les mérites. L’opinion, sensible à ce discours populiste, tend à écouter le message. Sans que jamais qui que ce soit n’explique à quel point le recourt à la torture est loin d’avoir fait l’unanimité quant à son efficacité.

Faut-il juger George Bush ?
Reed Brody et Jean-Paul Marthoz
Editions André Versailles Editeur
Septembre 2011
9,90 €

Lire aussi :
Le contre-terrorisme, bonne excuse pour torturer.
Enquête sur les accusations de torture des renseignements britanniques.
Des accusations de torture visent des militaires britanniques en Irak.

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Commentaires (2)

  • jack22

    Je pense que le président Bush ne sera pas jugé et les militaires qui ont été acteurs d’actes répréhensibles non plus;car les Etats – Unis ne sont pas signataires des accords du TPI de la Haye.
    Ceci dit,les Etats Unis ont perdu beaucoup de leur crédibilité auprès de l’opinion internationale à l’époque Bush qui n’était pas un stratège en politique extérieure!
    Quant à utiliser la torture;à l’heure actuelle ,cette méthode barbare et moyen-ageuse ne devrait plus etre au catalogue des pays dit « civilisés »;sinon inutile de condamner les peuples soit-disant « barbares » si l’on applique les memes méthodes!

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    • Romain Mielcarek

      Le traité de Rome non. Mais les Conventions de Genève oui. Or ce sont ces dernières qui condamnent les méthodes d’arrestation et d’interrogatoire utilisées par les services américains.

      D’ailleurs, des militaires et des civils ont déjà été jugés aux Etats-Unis pour ces affaires. Mais seulement des exécutants. Les commanditaires eux, ne sont pas inquiétés.

      RM

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