Le livre du lundi : les guerres low-cost
« L’argent est le nerf de la guerre. » Cette maxime n’a peut-être jamais été autant d’actualité qu’aujourd’hui. Alors que les coûts des armements explosent en même temps que leur niveau de sophistication, alors que les combattants sont de mieux en mieux formés, les budgets semblent appelés à ne pas être indéfiniment extensibles. L’Alliance géostratégique (AGS) se penche sur les moyens d’optimiser certains coûts pour assurer la pérennité des armées.
Low-Cost. Le terme, emprunté à de nombreux autres secteurs d’activité se veut provocateur. A l’époque du discount, les armées doivent également consentir des sacrifices dans certains domaines, leurs budgets n’étant pas illimités. Les besoins restent conséquents : opérations en Afghanistan, soldats professionnels mieux formés et donc plus chers, équipements de pointe, coût de développement colossaux. Les militaires cherchent des moyens de réduire certaines dépenses pour pouvoir assurer la totalité de leurs activités.
Comment faire pour arrondir les angles ? Les solutions sont diverses. Envoyer des réservistes en opération plutôt que de recruter et former certains spécialistes. Externaliser certaines tâches moins prioritaires. Employer des drones à la place de chasseurs bombardiers. Travailler en coalition pour déployer moins de soldats occidentaux. Les armées modernes creusent plusieurs directions pour assouplir leurs dépenses grâce à des leviers économiques très variés.
Cette recherche de l’économie n’a pourtant pas comme conséquence une défense de moindre qualité. Il s’agirait plus d’une nouvelle manière de penser une armée. Les auteurs d’AGS ont en effet constaté que si ces initiatives se multipliaient, elles étaient accompagnés de recherches et de dépenses de très haut niveau. Ainsi, une armée comme celle des Etats-Unis qui va dépenser des sommes importantes dans l’emploi de contractants privés, va également avoir le budget de recherche militaire le plus impressionnant. En France, l’ALAT, arme qui a décidé d’externaliser la formation de ses pilotes, acquiert dans le même temps des appareils parmi les plus sophistiqués de notre époque.
Cette pratique nouvelle n’est pas exclusive aux armées conventionnelles. Les insurrections et les groupes terroristes optent eux aussi pour un subtil équilibre entre des combattants et des pratiques rustiques et peu coûteuses : kamikazes, engins explosifs improvisés, recrutement de paysans pour combattre; et des investissements coûteux : développement de programmes de propagande virtuelle, préparation de combattants spécialisés, recrutement d’ingénieurs.
Les blogueurs d’AGS, dont je fais partie, ont donc décidé de se pencher sur ces différentes pratiques des « Guerres low-cost » dans un premier cahier géostratégique. Ces écrits qui ne se veulent pas exhaustif, ont pour objectif d’éveiller la réflexion dans l’esprit des lecteurs. Le débat pourra bien entendu se poursuivre sur le site d’AGS.
Pour commander l’ouvrage :
La guerre low cost, version numérique (10,50 euros).
Les guerres low-cost, version papier (15 euros).
Les guerres low-cost.
Sous la direction de Stéphane Dosse, par Victor Fèvre, Olivier Kempf, Jean Pujol, Guillaume Grandvent, Florent Robert de Saint Victor, Charles Bwele.
Collection « Les cahiers d’Alliange géostratégique ».
Editions L’esprit du livre.
124 pages.
Janvier 2011.
15 euros.
