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Le Parlement veut faciliter la mobilisation des réservistes en cas de crise

Ecrit par Romain Mielcarek le 29 juin 2011 à 12:00 Aucun commentaire

L’un des usages des réservistes militaires et civils doit être de renforcer les services de sécurité en cas de catastrophe nationale ou régionale. Faute d’effectifs et de disponibilité, il n’est pas certain que les formats actuels ne permettent une vraie efficacité. Le Parlement discute actuellement un texte qui doit faciliter l’emploi des réservistes dans une telle situation. Un premier pas vers un emploi simplifié de ces effectifs.

Après un premier vote positif devant le Sénat, l’Assemblée nationale est en train de discuter d’un projet de loi facilitant la mobilisation des réservistes en cas de crise majeure. Il prévoit un effort plus large de la réserve opérationnelle militaire (90% des effectifs) mais aussi de la réserve civile de la police nationale, de la réserve sanitaire, de la réserve pénitentiaire et de la réserve de la sécurité civile. Ces renforts pourraient être appelés en cas de catastrophe mettant en péril la continuité des services de l’Etat, la sécurité de la population ou la survie de la Nation.

Michel Boutant (PS), le rapporteur fait référence à ce qui a pu arriver au Japon mais aussi à la tempête Xynthia. Il évoque des dangers potentiels allant d’une crue de la Seine qui réclamerait l’évacuation de 800 000 personnes à la menace terroriste, qui demanderait la sécurisation d’innombrables sites stratégiques sur tout le territoire français. Dans ces cas, le Premier ministre pourrait convoquer les réservistes sur décret national. Des mesures qui imposeraient réactivité et efficacité.

Le texte a pour objectif d’améliorer cette réactivité. Les réglementations actuelles prévoient pour les entreprises l’obligation de rendre leurs salariés disponibles 5 jours avec préavis d’un mois pour une activité. Des délais totalement inadaptés à des situations de crises et qui seraient réduits par cette loi prévoyant une protection totale des employés à condition que leur activité ne soit pas liée à des tâches indispensables en cas de crise (énergie, sécurité, service public) mais aussi les étudiants et les stagiaires.

La députée Michelle Demessine (communiste / parti de gauche) s’inquiète de l’état actuel des réserves. Face à une réforme générale des formats des armées, elle constate que le recourt à des efforts extérieurs sera de plus en plus nécessaire. Or le nombre de réservistes opérationnels et le nombre moyen de jours de service sont loin d’atteindre les objectifs. Elle appelle à une vraie réforme, notamment vis à vis de la réserve militaire, estimant que l’Etat pêche par « insuffisance des moyens » et ne propose là qu’un « palliatif » à des secours nationaux trop frêles en cas de catastrophe importante.

Jean-Marie Bockel (Gauche moderne), ancien secrétaire d’Etat chargé de la réserve, va également dans ce sens, même s’il salue une amélioration. L’ensemble des efforts mobilisables, dans l’idéal, serait actuellement tous ministères confondus de 115 000 personnels. « Aurions-nous, le cas échéant, les moyens humains de faire face aux conséquences d’une crise majeure ? » s’interroge le député.

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