Le renouveau de l’APL : l’armée chinoise, une armée occidentale (1)
L’Armée Populaire de Chine (APL) traverse comme les armées des géants asiatiques une période cruciale de transformation. Fini le temps de la horde de soldats peu formés et immobiles chargés d’occuper le terrain. Pékin veut une force moderne, rapide et polyvalente, composée de personnels compétents et de matériels à la pointe de la technologie.
L’APL est un colosse militaire qui totalise quelques 2,3 millions d’hommes déployés le long d’un axe allant du sud-ouest du pays jusqu’au nord-est en longeant la frontière sud et la côte. Pékin est conscient des faiblesses de son armée : peu réactive, elle compte plus sur l’effet de masse que sur de véritables compétences tactiques. Il faut donc renouveler toute son organisation.
Le principe est proche de ce que vise la Russie : réduire les effectifs, améliorer les compétences individuelles et revoir la structure. Pour les effectifs, cela représente quelques 200 à 300 000 postes en moins. Un chiffre colossal mais somme toute modeste comparé au nombre total d’engagés. L’un des objectifs de cette baisse est financière : mieux former un soldat coûte plus cher. Pour éviter une explosion des dépenses, il faut donc réduire le nombre d’hommes. La majorité des coupes concernera des personnels non combattants. Les structures administratives vont être refondues pour optimiser les dépenses.
Pour ce qui est de l’organisation, Pékin s’inspire largement des modèles occidentaux. La nouvelle APL sera basée sur des brigades d’intervention rapide capable à la fois de défendre le sol national mais aussi d’être déployées en opération à l’extérieur. Ces régiments seront essentiellement composé d’infanterie blindée soutenue par des troupes spécialisées : génie, artillerie, renseignement.
Dans le développement des matériels, on retrouve également les mêmes objectifs que les armées occidentales. Les fantassins sont accompagnés par des véhicules de transport blindés et des chars. De nombreux hélicoptères ont rejoint les troupes terrestres. La balistique, l’aviation et les nouvelles technologies en rapport avec l’espace et le numérique se sont bien développés.
Fausse modestie économique
Les dépenses militaires chinoises ont explosé au cours des dernières années. Entre 15 et 20% depuis 2000. Pourtant, le budget annoncé pour 2010 ne devrait grimper que de 7,5%. Le porte-parole du Parlement chinois a prévu 57 milliards d’euros soit 1,4% de PIB. Des chiffres politiquement corrects qui doivent montrer au monde la volonté de soft power de Pékin. L’obligation également pour les militaires de faire des concessions et de hiérarchiser les besoins.
Pour y parvenir, l’approche de la dépense doit se transformer. L’armée chinoise avait tendance jusqu’à présent à acheter dans l’immédiat. Elle devrait dorénavant planifier ses investissements et fixer des calendriers sur le long terme.
Toutes les dépenses ne sont cependant pas comprises dans ce budget. La recherche et le développement en particulier sont comptabilisés à part. Même chose pour certaines opérations comme la lutte contre la piraterie. Ces postes représentent pourtant un véritable pactole. Selon des spécialistes interrogés par le quotidien Le Figaro, la Chine devrait en réalité dépenser de 2 à 2,5 fois ce qu’elle a annoncé officiellement.
Photo et infographie : US Marine Corps / Corporal J.J. Harper & US DoD via Le Figaro










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