Le déploiement du bouclier anti-missile en Europe continue d’être l’un des sujets de discussions de l’OTAN, sous l’impulsion de Washington. En marge d’une rencontre, quelques détails sont venus confirmer ou préciser ce que l’on savait déjà. Alors que les premiers relevés radars sont effectués en Turquie, les navires SM-3 de la Navy devraient être progressivement relevés par des sites fixes en Roumanie et en Pologne au cours des dix prochaines années.
En marge d’une réunion informelle des ministres de la Défense de l’OTAN entamée hier, quelques informations sur le calendrier lié à l’installation du bouclier anti-missiles ont filtré. Une première étape devrait être annoncée dés le mois de mai prochain. Il s’agira alors de coordonner les moyens déja existants pour collectiviser sous la forme d’un bouclier « intermédiaire » ce qui est déjà déployé, à savoir le radar basé en Turquie, les intercepteurs SM-3 en Roumanie et en Pologne et les navires anti-missiles de la Navy actuellement stationnés dans le port espagnol de Rota.
Le système définitif devrait être opérationnel d’ici huit à dix ans selon le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen. Son commandement sera installé sur la base de l’OTAN de Ramstein, en Allemagne. Elle devrait se mettre en place d’ici une paire d’années et rejoindre ainsi le commandement régional de l’US Air Force ainsi que d’autres installations de l’Alliance installées sur ce site.
Les systèmes de missiles d’interception, composante clef du bouclier, devraient être déployés au nombre de 24 en Roumanie en 2015 et en Pologne en 2018 sans que l’on ne connaisse encore leur nombre. Un système avancé de détection radar a été mis en place en Turquie et a déjà commencé à son service opérationnel. (Lire la suite…)
La colère continue de gronder en Russie. Après d’importantes manifestations anti-Poutine qui ont réunit des dizaines de milliers de Russes tout au long du mois de décembre, l’opposition s’illustre par des méthodes originales. Après une marche de jouets militants dans la neige d’une ville de province, c’est un groupe de parachutistes rockeurs qui fait le buzz. Vladimir Poutine n’a qu’à bien se tenir.
La vidéo fait le buzz depuis une semaine sur le net. Un groupe de parachutistes russes s’est enregistré dans une cave en train de dénoncer la politique de Vladimir Poutine. « Tu as détruit le système de défense, tu as trahi l’armée, tu te fiches des soldats et des officiers, on ne te permettra plus de voler le pays, nous sommes une escouade de la liberté, la mère patrie est avec nous », chantent les quatre hommes, bérets sur la tête, médailles au torse. « Dégage tyran ! », réclament-ils, forts de plus d’un million de visionnages et d’une tempête de commentaires.
L’institution militaire russe s’est dite scandalisée par la démarche, dénonçant de son côté le manque de sérieux des parachutistes en question. Selon Alexandre Solouyanov, porte parole d’une association parachutiste et vétéran de l’Afghanistan, les sentiments évoqués par la chanson ne sont pas représentatifs de sentiments en cours sur les rangs. Officiellement, rien à voir donc avec les réformes entamées dans l’armée par l’actuel Premier ministre, deux fois président.
La vidéo, si elle prête à sourire, illustre aussi de la diversité des manifestations qui se multiplient en Russie contre l’homme fort au pouvoir. Dans un autre genre, c’est une armée de jouets qui est montée à l’assaut de la mairie de Barnaul au début du mois de janvier. Des centaines de Lego et de peluches brandissant des banderoles ont ainsi protesté contre l’interdictions de manifestations publiques. Un moyen de contourner les autorisations réclamées pour pouvoir défiler dans les rues. (Lire la suite…)
Champagne et cotillons, la France a célébré hier soir la victoire de Dassault. L’industriel français aurait vendu 126 avions à l’Inde. Les responsables politiques ont annoncé un succès presque patriotique malgré les quelques voix qui ont tenté de ramener tout le monde sur terre : une grosse partie du travail reste encore à faire. Delhi va à présent rentrer dans une longue étape de négociations avec le constructeur tricolore pour définir les closes du contrat.
Le festival a duré toute la soirée. En tête des bienheureux, un Nicolas Sarkozy satisfait qui y voit une victoire nationale et « un signal de confiance pour toute l’économie française ». François Fillon salue de son côté une « très bonne nouvelle pour [...] l’industrie française » qui récompense « l’engagement personnel du président de la République ». Gérard Longuet, le ministre de la Défense, est d’accord et félicite Dassault qui confirme « un partenariat très ancien ». Chacun hier, parlementaire, élu local, commentateur y allait de son petit mot pour les ingénieurs, pilotes et diplomates français qui ont remporté une grande victoire dans la bataille des patriotismes économiques.
Pourtant, ce matin de bonne heure, une partie du personnel de l’industriel se faisait plus timorée au micro de la radio Europe 1. « Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Il y a des espoirs déçus, il y a des espoirs qui ne se sont pas encore concrétisés« , remarque un employé, apparemment plus sage que la plupart des responsables français. « Quand je le verrai signé, j’y croirai, parce que des annonces comme cela, on en a eu beaucoup« , se souvient l’une de ses collègues. Le président de la République a en effet eu tendance à célébrer la vente du Rafale au Brésil et aux Emirats Arabes Unis avant de devoir déchanter.
Si en France, chacun s’est déjà exprimé jusqu’aux plus hauts niveaux de l’Etat, l’Inde s’est faite plus réservée. Le chef de l’Etat n’a pas encore pris la parole, laissant le soin à un haut responsable d’annoncer la nouvelle : le Rafale est sélectionné en vue d’une acquisition par l’armée de l’air. En effet, le contrat n’est pas encore signé et Dassault rentre à présent dans une phase de négociations exclusives. Faut-il encore que Delhi et l’industriel français trouvent un accord sur les conditions de cette colossale transaction. (Lire la suite…)
Depuis lundi, des avions de chasse français ont rejoint le Pays de Galle pour un entraînement bilatéral avec les Britanniques. Un exercice d’appui feu visant à faire travailler de concerts pilotes et troupes au sol des deux pays. Une avancée qui doit amener dés l’automne prochain à des manoeuvres de grande envergure mobilisant d’importants effectifs de la part des deux alliés.

Les pilotes de l'aéronavale vont devoir apprendre à travailler avec les flottes des alliés les plus proches.
Arrivés lundi, un groupe d’avions de chasse français participent pour deux semaines à une série d’exercices britanniques. Des Rafale marine et des Super étendard modernisé en provenance des flottilles 11F, 12F et 17F ont été invités à s’entraîner avec les appareils de nos alliés outre-Manche. L’objectif avancé par cet échange est d’améliorer l’interopérabilité entre les troupes françaises et britanniques, aussi bien dans leurs composantes aéronavale que terrestres.
Les pilotes de l’aéronavale des deux pays doivent apprendre à travailler avec les contrôleurs aériens (JTAC) des armées de terre des deux pays. L’entraînement vise en effet à travailler sur l’appui feu. Cette semaine, les pilotes vont travailler leurs passes canon et leurs largages de bombe sur cibles. La semaine prochaine, une approche plus tactique est prévue dans un camp des Royal marines avec pour but de coordonner les troupes terrestres avec les interventions des aéronefs.
Plus tôt dans le mois, des fantassins s’étaient déjà entraînés ensemble. Des highlanders du 5ème régiment royal d’Ecosse d’Argyll (5th SCOTS) avaient rejoint les diables rouges du 152ème Régiment d’infanterie de Colmar (152ème RI) en France. Les terriens ont pu échanger sur leurs tactiques respectives dans le camp d’entraînement du Cenzub. (Lire la suite…)
Après avoir enfin reconnu son intervention en Somalie, l’Ethiopie vient de déployer une nouvelle vague de troupes dans le sud-est de son voisin. Kényans et Éthiopiens font lourdement pression sur les insurgés shebabs afin de sécuriser le sud du pays. Le tout sans coordination ni mandat international.
L’Ethiopie vient de déployer dans la nuit de dimanche à lundi une nouvelle vague de renforts dans la partie sud-ouest de la Somalie. « Des centaines de soldats éthiopiens sont entrés dans le district de Luq la nuit dernière, après avoir traversé la ville frontalière de Dolow, ils sont armés d’armes lourdes et équipés de chars », a témoigné un chef coutumier local à un journaliste de l’AFP. Plusieurs centaines d’hommes appuyés par 42 véhicules blindés dont 28 chars, seraient donc arrivés en plus d’effectifs déjà présent, en nombre inconnu.
L’Ethiopie a lancé cette invasion le 20 novembre dernier, un mois après que le Kenya ne fasse la même chose dans le sud de la Somalie. Aucun motif n’a été avancé puisque cette opération n’a été officiellement admise par les autorités éthiopiennes que vendredi. Le Premier ministre, Meles Zenawi, a alors assuré que ses troupes partiraient « dés que possible« , après avoir sérieusement réduit les capacités de nuisances des islamistes shebabs. L’Ethiopie avait déjà mené une action semblable en 2006 avant de se replier trois ans plus tard, faute de résultats.
La campagne éthiopienne a ceci de particulier qu’elle est menée sans aucun mandat international. Malgré la présence de l’Amisom, mission de l’Union africaine dans ce pays, Addis-Abeba a fait le choix de faire cavalier seul. Même chose pour le Kenya dans le sud du pays. Les deux pays ont commencé à échanger quelques officiers de liaison le mois dernier afin de ne pas mettre en danger leurs troupes respectives, sans toutefois coordonner leurs efforts. (Lire la suite…)
Cauchemars, angoisses, pleurs. Des syndromes de traumatisme, conséquences directes de la guerre en Afghanistan, sans pourtant jamais y avoir été. C’est une maman qui décrit la douleur ressentir pendant les six longs mois qu’a duré son déploiement sur ce théâtre. Un témoignage parfois irritant qui montre une intéressante réalité : pour les Français, l’Afghanistan reste un mystère inexpliqué.
Un soldat en mission en Afghanistan, c’est aussi des parents inquiets en France. Une inquiétude qui peut parfois frôler l’outrance tant Giselle Sanchez, l’auteure de ce livre, est traumatisée par le départ de son fils. L’engagement de celui-ci a directement impacté sur le quotidien de cette Française comme les autres qui a du mettre sa vie entre parenthèses pendant quelques mois.
Il est étonnant de découvrir le contact permanent établit entre la mère et son fils sans la moindre interaction extérieure. Elle décrit parfaitement ses propres terreurs, justifiées ou non, mais jamais désamorcées par l’institution militaire. De même, les frustrations de son fils, confronté à l’incompréhension de son action sur le terrain, ne semble pas avoir été prise en compte par sa hiérarchie.
En découle un résultat assez amer : le soldat français se sent inutile, exploité tandis que sa mère se ronge les sangs en reprochant à l’ensemble de l’armée et du gouvernement de mener une guerre absurde. Derrière ces ressentiments, c’est une autre réalité qui filtre : les Français ignorent tout de l’engagement en Afghanistan et n’en comprennent pas les raisons. (Lire la suite…)
Le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) vient de publier une étude sur le transit maritime des drogues et armes illégales. Une preuve supplémentaire que les embargos ont leur limite. Fait étonnant, les navires impliqués sont dans la majorité des cas propriété d’entreprises originaires de pays à priori insoupçonnables.

Le Hansa India battait pavillon allemand lorsqu'il a été arrêté par les forces israéliennes en 2009, rempli d'armes.
Les navires transportant de la drogue ou des armes battent bien souvent pavillons d’Etats voyous, pour reprendre les termes qui ont fait la célébrité de Georges Bush. Pourtant, phénomène plus étonnant, ils naviguent en général sous les couleurs de pays riches, membres de l’Union européenne, de l’OTAN ou de l’OCDE. « Plus de 60% des navires impliqués dans des cas déclarés de contournements de sanctions ou de transferts illicites d’armes, de drogues et d’autres équipements militaires et biens à double usage susceptibles d’être utilisés dans le développement de missiles et d’armes de destruction massive » sont propriété d’entreprises basées dans ces pays, explique l’institut de rechercher SIPRI dans étude qui vient d’être publiée.
Dans ces cas repérés par les autorités, c’est donc un improbable top trois qui apparaît dans les pays d’origine des compagnies de transport maritime : Allemagne avec 19,5% des cas signalés de trafics de drogue et d’armes, la Grèce avec 10,6% et les Etats-Unis. La Corée du Nord et l’Iran n’arrivent qu’en quatrième et sixième position avec respectivement 4,8% et 3%. Suivent des pays insoupçonnables comme la Norvège (7ème / 2,4%), les Pays-Bas (10ème / 1,9%), le Danemark (11ème / 1,7%) ou encore le Japon (12ème / 1,7%).
Les navires dont il est question dans cette étude transportent plus de 100 tonnes de marchandise. Les propriétaires et les capitaines sont dans la majeure partie des cas dans l’ignorance du phénomène. « Il est relativement facile pour les trafiquants de cacher des armes et de la drogue dans des cargaisons légitimes », explique Hugh Griffiths, l’un des auteurs de cette étude. La multiplication des containers rend en effet difficile toute surveillance efficace du fret maritime. Que ce soit dans les ports ou sur les navires en mer, les inspections de douane et de police tiennent en général de la chasse au miracle. (Lire la suite…)
Le Brésil devrait bientôt disposer d’un constructeur national d’hélicoptères … européens. Eurocopter prévoit d’investir lourdement sur ce marché en pleine expansion et de commencer à y développer des modèles exclusifs d’ici une quinzaine d’années. Des contrats juteux à l’horizon qui laisse présager une sortie de crise plus que positive pour l’industriel.

Les cousins du Caracal doivent déjà servir au sein de l'armée de l'air, de terre et de la marine brésiliennes.
Inde, Chine, Russie, Afrique du Sud … de tous les BRICS, le Brésil est le seul pays émergent à ne pas avoir son propre fabricant d’hélicoptères. Une opportunité pour Eurocopter qui envisage de devenir l’industriel national dans ce domaine d’ici 2025. « En 2023 ou 2025, nous commencerons à avoir des modèles conçus au Brésil, construits dans ce pays pour être vendus dans le monde entier », a déclaré son PDG Lutz Bertling. « Nous voulons devenir le fabricant national d’hélicoptères », confie t-il dans une interview au quotidien économique brésilien Valor.
Actuellement, le seul modèle à être construit au Brésil est l’Écureuil, par l’intermédiaire de Helibras, filiale locale.. Les appareils sont assemblés dans l’usine d’Itajuba, dans l’Etat de Minas Gerais (sud-est). Un début puisque Eurocopter a décidé d’investir au travers de sa filiale 186 millions d’euros dans la construction d’une seconde usine, au même endroit, dont l’ouverture est prévue entre février et mars prochain. Jusqu’ici, les modèles du constructeur européen ont toujours été développés sur le vieux continent.
Les projets de Helibras prennent part à un contrat d’armement conclu entre Paris et Brasilia en 2008. Une commande de cinquante EC725 dont seize exemplaires construits en France. Le reste doit sortir des usines brésiliennes dont la seconde sera opérationnelle dés le milieu de l’année 2012. L’industriel se dit très confiant sur ses opportunités dans ce pays, notamment grâce aux deux évènements sportifs majeurs à venir : la coupe du monde de football en 2014 et les jeux Olympiques de Rio en 2016. Une conjoncture qui devrait faciliter un juteux contrat d’une centaine d’appareils destinés à la police. (Lire la suite…)
Ministère de la Défense, Elysée, entreprises privées du secteur de la Défense, sectes ou systèmes bancaires … les cibles d’Anonymous sont aussi variées que leurs membres et leurs motivations. La mouvance séduit de plus en plus de hackers et d’Internautes qui défendent la cause. Entre rejet du système et volonté de se faire justice, Anonymous fait rêver autant qu’il fait peur.

Ne serait-ce que par jeu, toute une partie de la jeunesse est séduite par les discours et le style d'Anonymous.
Tout le monde présente son opinion sur ce que sont les Anonymous. Cette nébuleuse de cyber activistes donne à certains l’impression qu’ils sont des terroristes. D’autres y voient de joyeux hippies opposés aux multinationales et aux gouvernements. Ces militants numériques semblent échapper à toute forme de contrôle. Volontairement désorganisés, ils représente une « menace sérieuse en 2012 » pour reprendre les mots employés par la société de sécurité informatique McAfee.
Une enquête du Figaro révèle qu’ils pourraient être 1400 en France. Mais 1400 à faire quoi ? Certains s’organisent via des forums pour lancer des attaques coordonnées vers des plateformes web symboliques comme l’Elysée ou le ministère de la Défense ce week-end. D’autres se contentent de faire régner leur loi de manière anarchique. Plusieurs rédactions ayant publié des articles critiques sur la nébuleuse de hacktivistes ont ainsi été visées ces derniers jours par des offensives à grands coups de déni de service.
La tentation de comparer Anonymous aux pires groupuscules terroristes est discutable. Pourtant, le principe de terreur n’est pas totalement différent. Derrière les violences, aussi numériques soit-elles, les réclamations politiques sont aussi radicales, illégales qu’anti-démocratiques. Impossible de dialoguer, d’échanger ou d’évaluer la représentativité de ces militants. Reste que toute démarche à leur encontre risque de se régler dans une série de déconvenues informatiques pour le moins gênante. (Lire la suite…)
Ben Laden, une légende comme les autre ? C’est un peu l’idée que défend ce livre. L’auteur tente de remettre à plat les mythes liés aux attentats du 11 septembre et à ses acteurs. L’objectif : reprendre conscience de ce que sont ces vérités tout en remettant en question nos grilles d’analyses de l’actualité.
Al Qaida, Ben Laden, la menace terroriste. Et si tout cela n’était que légende ? Ce n’est évidemment pas le cas. La réalité s’est en tout cas imprégnée d’une part de mythe inspirée aussi bien par les objectifs communicationnels et politiques de certains acteurs, tantôt par les aspirations médiatiques de la presse occidentale. Derrière ces questions, cruciales au cours de la décennie passée, les faits sont parfois largement oubliés.
Richard Labévière, en journaliste consciencieux, a suivi ces questions longtemps avant les attentats du 11 septembre. Parmi la myriade d’experts qui se sont penchés sur le sujet, il s’illustre par la pertinence de ses interlocuteurs. Des personnages qui ont été aux premières loges au cours de ces évènements historiques et de leurs ramifications. Du Yémen au Liban en passant par l’Afghanistan, la France ou le Pakistan, il a suivi les pistes familiales, financières et politiques de ceux qui ont donné naissance à la guerre globale contre le terrorisme.
Au fil des pages, l’auteur décrypte les enjeux, les dérives et les réalités du terrorisme et des conséquences du 11 septembre. Un décalage évident entre ce que l’on croît savoir et ce qui est qui fait parfois froid dans le dos. L’ouvrage permet de remettre à plat un certain nombre de faits et de revenir sur les évènements à tête reposée. (Lire la suite…)
Les 620 Français exécutés au cours de la Première guerre mondiale n’ont toujours pas été réhabilités. Si beaucoup d’entre eux ont été les victimes de la folie meurtrière de cette sombre époque, d’autres posent des questions d’ordre politique et historique. Un dossier sensible, confirme le secrétariat d’Etat aux Anciens combattants.
Nicolas Sarkozy avait promis en 2008 de rouvrir le dossier des fusillés pour l’exemple de la Première guerre mondiale. Le mois dernier, le député Jean-Jacques Candelier (Nord – Gauche démocrate et républicaine) remarquait les avancées faites en la matière par les autres pays et le retard de la France. La Grande-Bretagne, la Nouvelle-Zélande, et le Canada ont pris des mesures ces dernières années pour réhabiliter de manière collective ceux qui avaient été exécutés par leur hiérarchie sur les champs de bataille de la Grande guerre.
La réponse du secrétariat d’Etat aux Anciens combattants vient de tomber : « Une réflexion est en cours quant aux modalités de cette réhabilitation » … mais elle se révèle « sensible et complexe« . Tous les aspects doivent être étudiés, depuis la question historique jusqu’à la question politique. Sur les 675 soldats portant l’uniforme national, dont 620 Français, certains ont déjà été réhabilités au cas par cas au fil du temps. Marc Laffineur a annoncé plus tôt dans le mois la mise en place d’une commission qui va devoir étudier les dossiers au cas par cas.
C’est en effet là que tout se complique. Si un certain nombre des 620 Français exécutés ont été victime de la folie de leurs chefs, d’autres s’étaient effectivement rendus coupables de crimes. Ce sont surtout les deux premières années du conflit qui ont vu se multiplier les folies. Des soldats ont été abattus même lorsque le front n’était plus tenable. Le général André Bach parle pour 1915 de « l’année des bavures« . Des cas sont souvent cités en exemple : ce soldat corse du 141ème régiment d’infanterie perdu, qui, ne parlant que sa langue, fût abattu pour désertion ou encore les martyrs de Vingré, exécutés pour lâcheté alors qu’ils obéissaient aux ordres. Ces hommes font parti de la trentaine de ceux qui ont été réhabilités par la suite. Pourtant, d’autres ont été fusillés pour d’autres raisons, notamment des crimes de droit commun comme des meurtres et des viols. (Lire la suite…)
Les soldats français tués hier matin par un soldat afghan appartenaient pour trois d’entre eux à une OMLT qui servait aux côtés du kandak 34. Le quatrième était un sous-officier de la Légion. De retour d’une séance de sport dans la base de Gwan, ils ont été touchés de plein fouet par les tirs de l’agresseur.
L’adjudant-chef Fabien Willm, à 43 ans, complétait une longue carrière de 26 ans comme sous-officier dans l’artillerie. Il a multiplié les fonctions, de la formation, à la technique en passant par l’encadrement, au sein de plusieurs régiments de cette arme, terminant au 93ème RAM. Au cours de ses missions, il a été déployé en Yougoslavie, en Centrafrique, en Guyane, en Polynésie, au Tchad, en Bosnie, au Kosovo et en Côte d’Ivoire. Il effectuait son troisième mandat en Afghanistan. Il laisse derrière lui une femme et un enfant.
L’adjudant-chef Denis Estin, 45 ans, accumulait lui aussi quelques 28 années de service comme sous-officier. Une carrière menée dans l’artillerie et dans ses différentes composantes, qui l’ont amené en Centrafrique, au Tchad, en Martinique et en Bosnie. Il accomplissait également son troisième mandat en Afghanistan, pour le 93ème RAM. Il laisse derrière lui une femme et deux enfants.
Le sergent-chef Simeonov avait rejoint la Légion il y a dix ans. Âgé de 34 ans, il était passé sous-officier en 2005. Au sein du 2ème Régiment étranger de génie de Saint-Christol, il a servi en Côte d’Ivoire et à Djibouti. Il avait déjà effectué un mandat en Afghanistan en 2007. Il laisse derrière lui une femme et un enfant. (Lire la suite…)
Nicolas Sarkozy a décidé de suspendre les opérations de soutien à l’armée afghane. Après le meurtre de quatre militaires français ce matin par un soldat de l’ANA, Paris pourrait accélérer son retrait d’Afghanistan. L’infiltration des forces afghanes est devenue un point clef de la stratégie des talibans qui semblent multiplier ce genre d’actions.
« Toutes les opérations de formation et d’aide au combat de l’armée française » sont suspendues, a déclaré ce matin le président de la République en réponse à l’assassinat de quatre soldats français en Afghanistan. « Nous ne pouvons pas accepté qu’un seul de nos soldats soit tué ou blessé par nos alliés », a-t-il continué, lors de ses voeux au corps diplomatique, avant d’envisager un retrait anticipé des troupes tricolores de ce théâtre d’opération.
Maintenir les Afghans à distance paraît une décision difficilement applicable. Le dispositif de mentoring est une part importante de l’action française dans ce pays, que ce soit sous la forme d’une aide militaire ou policière. Le camp de Gwan, où les Français ont été tués ce matin, est d’ailleurs principalement occupé par les Afghans. La phase de transition en Surobi repose sur un transfert progressif des responsabilités sécuritaires depuis les troupes françaises vers les troupes afghanes.
Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, rappelait au début du mois de janvier à la commission de la Défense de l’Assemblée nationale de l’importance du soutien aux forces afghanes. Il expliquait alors qu’en plus du meurtre des deux légionnaires fin décembre, dix attentats perpétrés par des hommes vêtus d’uniformes afghans avaient pris les Français pour cible. Gérard Longuet y voyait alors l’action des talibans qui, « s’ils ne peuvent développer de contrôle massif du territoire, n’en sont pas moins imaginatifs, réactifs et pourvus d’un réel sens de la communication ». « Ils utilisent ces actions d’éclat comme supports de leur action politique et se mettent en devoir d’instiller le doute sur la coopération entre les forces de la coalition et l’ANA », concluait-il. (Lire la suite…)
Quatre soldats français auraient été tués aujourd’hui en Kapisa par un soldat afghan. Seize autres ont été touchés par les tirs. C’est la seconde fois en un mois qu’un Afghan s’attaque à des militaires tricolores, causant d’importants dégâts.
Plusieurs sources officielles confirment à présent la nouvelle : quatre soldats français ont été tués dans le district de Tagab. Le militaire afghan à l’origine de l’attaque a été immédiatement appréhendé, selon l’ISAF. Un nombre important de soldats tricolores aurait également été blessé par les tirs : ils seraient au moins seize. Huit seraient dans un état grave.
C’est la deuxième fois en peu de temps qu’un soldat afghan ouvre le feu sur des Français. Fin décembre, deux légionnaires avaient été abattus par un homme de l’Armée nationale afghane. D’abord pris pour un insurgé infiltré, le soldat n’aurait finalement eu aucune raison identifiable de cibler les Français. Tué au cours du drame, il n’a pas pu être interrogé.
Malgré les déclarations rassurantes des pays membres de la coalition, en Afghanistan, les tensions entre armées étrangères et forces de sécurité afghanes sont palpables. Souvent dues à des incompréhensions culturelles, elles donnent lieu à de nombreuses violences et rancunes, d’un côté comme de l’autre. Les Français avaient réussi à rester en dehors de ces réalités jusqu’ici, les Américains étant les principaux concernés par cette difficile coopération de terrain. (Lire la suite…)
Un démonstrateur du Neuron, le premier drone furtif et armé européen, a été présenté hier aux directions des armements des pays partenaires du projet. Un pas décisif vers les phases de test qui vont s’étaler sur plus de deux ans avec un premier essai en vol prévu pour la mi 2012.
L’avion de combat sans pilote (UCAV en anglais) Neuron a été présenté hier aux délégations des armements des pays participants au projet. Les représentants des ministères de la Défense français, italien, espagnol, grec, suédois et suisse ont enfin vu l’appareil de Dassault monté dans son intégralité. Ce premier démonstrateur est « une étape importante dans le programme puisqu’il marque la fin de l’assemblage et le début des essais », explique t-on chez l’industriel.
Les premiers essais de vol devraient en effet avoir lieu à la mi 2012, aux alentours du mois de juillet. Dans la foulée, ce sont toute une batterie de tests qui seront effectués sur une durée de deux ans : tirs air-sol depuis les soutes, furtivité et fonctionnalités aériennes. Au delà du drone en lui même, l’ensemble de ce développement doit participer à l’avancée technologique nécessaire pour la prochaine génération d’avions de combat.
Ce projet a été initié en 2003 par le ministère de la Défense avec une ferme volonté d’en faire un appareil européen. Il implique des industriels des six pays partenaires, du Français Dassault au Suèdois Saab en passant par la branche espagnole Casa de l’Européen EADS. Ce premier aéronef furtif de grande taille est stratégique pour les bureaux de recherche des industriels qui souhaitent maintenir leur niveau de compétitivité face au concurrent américain. (Lire la suite…)