Forces terrestres, France, Industrie de l'Armement »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 19 jan 2012 à 23:25 | Aucun commentaire]

Première phase de signature de contrat validée pour MBDA qui va pouvoir travailler à la succession du Milan. Le nouveau Missile moyenne portée devra offrir une capacité d’agression polyvalente et adaptée aux nouvelles menaces. Il équipera les unités d’infanterie et les forces spéciales.

En 1982, une équipe Milan ... syrienne !

La Direction générale de l’armement (DGA) confirme aujourd’hui dans un communiqué de presse la notification d’un marché de levée de risque à MBDA. Signé le 30 décembre dernier, il concerne le remplacement du missile antichar filoguidé Milan. Son successeur, le Missile moyenne portée (MMP) devra équiper les unités d’infanterie et les forces spéciales. Le lancement de ce programme est prévu pour la fin de cette année.

Le MMP sera une arme collective destinée à fournir une capacité d’agression polyvalente et précise. Comme son prédecesseur, elle devrait donc être utilisée aussi bien pour détruire une position fortifiée, un véhicule ou une arme lourde et ses servants. Le tout à une distance de 2500 mètres, aussi bien de jour que de nuit, si nécessaire en milieu urbain et/ou confiné. L’arme doit prendre en compte la variété de menaces et de situations auxquelles sont exposés les fantassins. Les missiles pourront être aussi bien guidés que tirés à la volée pour permettre aux tireurs de s’abriter.

La DGA a hésité entre plusieurs projets pour remplacer le Milan depuis 2008. Le duo français MBDA et Sagem a été préféré à l’industriel américain Raytheon qui proposait son fameux Javelin dont des exemplaires ont été livrés aux troupes françaises en Afghanistan au printemps dernier. L’Israélien Spike  de Rafael a également été envisagé. (Lire la suite…)

Etats-Unis, Justice, Terrorisme »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 19 jan 2012 à 11:28 | Un commentaire]

Une revue anglophone publiée par le groupe terroriste AQPA a été découverte dans la prison de Guantanamo. Les autorités n’ont pas révélé dans quelles conditions la revue a été trouvée mais en ont profité pour durcir les règles de surveillance du courrier. Les avocats dénoncent une atteinte aux droits de la défense.

Une couverture du magazine Inspire, édité par AQPA.

Pendant leurs pauses, les prisonniers de Guantanamo s’adonnent à des lectures qui ne sont pas toujours innocentes. Les autorités de la prison américaine a déclaré hier avoir découvert un exemplaire du magazine pro-Al Qaida anglophone Inspire. Peu d’informations ont pour l’instant filtré sur le propriétaire de la revue ou sur les conditions dans lesquelles elle a été découverte. De fait, il n’est pas confirmé pour l’instant que certains des terroristes suspectés aient eu accès au document.

Le magazine pourrait avoir été introduit dans cette prison symbolique dans le courant du mois de décembre. Les autorités ont immédiatement adopté de nouvelles règles en matière de surveillance de courrier, notamment dans les échanges entre prisonniers et avocats. Une mesure immédiatement dénoncée par plusieurs avocats de la défense qui y voient une transgression des règles sur le secret les liants à leurs clients.

Inspire est éditée en anglais par une cellule d’Al Qaida dans la Péninsule Arabique (AQPA), basé au Yémen. La revue contient des articles traitant de religion et de politique internationale mais donne également des conseils pratiques concernant la fabrication de bombes par exemple. 171 personnes sont toujours détenues sous haute surveillance dans la prison américaine installée à Cuba. (Lire la suite…)

France, Politique, Relations Internationales »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 18 jan 2012 à 21:00 | Un commentaire]

Petite bourde du Quai d’Orsay : un télégramme diplomatique tape sur le dos des socialistes. L’argumentaire sur la perte du triple A français, normalement neutre en terme de politique intérieure, fustige les 35 heures. Une erreur informatique qui pose des questions quand à la manière de rédiger les arguments destinés à nos postes diplomatiques.

Extrait du télégramme publié par L'Express : les 35 heures, c'est mal.

C’est un télégramme de mauvais goût qui est parvenu dans un certain nombre de délégations françaises. Le document donne quelques consignes aux diplomates pour pouvoir réagir aux questions liées à la perte du triple A tricolore alors que celui de notre allié outre-Rhin a été sauvé. « L’Allemagne a pris de l’avance dans la mise en oeuvre de ses réformes », pendant que, explique le document  »les socialistes faisaient les 35 heures ». Un argument détonnant.

Des diplomates ont d’ailleurs immédiatement manifesté leur surprise, voire leur irritation. Les positions du réseau diplomatique ne peuvent en effet pas tenir compte des débats de politique intérieure. C’est ce qu’a confirmé à l’AFP le porte-parole du Quai d’Orsay, Bernard Valéro : un argumentaire destiné aux postes diplomatiques ne peut « bien évidemment comporter aucune appréciation relevant de la politique intérieure ».

Cette version était donc une mauvaise, envoyée par erreur suite à une légère bourde informatique. Elle a d’ailleurs été rapidement corrigée puisque, suite à la polémique notamment médiatisée par L’Express, une nouvelle mouture a été mise à disposition des diplomates sans le passage sur les 35 heures. « L’erreur de clic » est donc corrigée. Reste que l’on peut s’interroger sur la manière dont l’argument a pu être évoqué par les équipes en charge de la préparation de l’argumentaire en question. Le Quai d’Orsay aurait-il son avis sur la question du temps de travail ? (Lire la suite…)

Forces maritimes, France, Marine nationale, Nucléaire, radiologique, bactériologique, chimique, Politique »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 18 jan 2012 à 11:14 | 3 commentaires]

Si les sujets liés à la Défense restent peu évoqués, ils restent des préoccupations de campagne. Fin janvier, c’est François Hollande qui se penchera sur les capacités françaises. En se rendant à l’Ile Longue, il devrait évoquer de nouveau la dissuasion nucléaire et les moyens océaniques de notre pays.

L'Ile Longue accueille les quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins français.

Le candidat socialiste à la présidentielle se rendra à l’Ile Longue le 30 janvier prochain. François Hollande a obtenu l’autorisation du ministère de la Défense et visitera la base des sous-marins nucléaires lanceurs d’engin sans la présence de la presse. Il devrait ainsi rencontrer le commandant de la force océanique stratégique. L’après-midi, il rencontrera les dirigeants de DCNS, principal constructeur de navires militaires français.

Les questions de Défense restent pour l’instant éloignées des premiers débats de campagne. Malgré quelques sorties de certains partis, comme le Front national ou Europe Ecologie – Les Verts, les deux principaux sont toujours discrets. Le Parti socialiste risque de laisser la main à l’UMP sur ce sujet où il reste moins à l’aise. Le candidat Hollande ne devrait pas prendre le risque de s’engager dans ce débat complexe au risque de perdre inutilement des voix.

Dans une tribune du Nouvel Observateur publiée fin décembre, il assurait sa volonté de maintenir la force de dissuasion nucléaire. Il prenait comme exemple la présidence de François Mitterrand, estimant que le but de cette arme stratégique restait « d’empêcher le déclenchement de la guerre ». (Lire la suite…)

Vie du blog et publications »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 17 jan 2012 à 17:06 | Aucun commentaire]

L’année 2011 a été exemplaire pour la défense et la diplomatie françaises. Omniprésentes sur la scène internationale, elles ont redonné à la France un rôle d’acteur de premier plan. La France serait de nouveau une grande puissance active dans la gestion des crises. L’année 2012 devrait pourtant être plus calme. Nicolas Sarkozy, gendarme du monde par intérim, pourrait se faire plus discret en matière de politique étrangère alors que l’élection présidentielle approche.

Côte d’Ivoire, Libye, Afghanistan, Kosovo ou Liban. L’armée française a déployé d’intenses efforts sur tous ces théâtres au long de l’année 2011. Des efforts qui font la fierté des hommes et des femmes portant l’uniforme et qui ont prouvé que, malgré les critiques, l’armée tricolore reste une force de premier ordre. Même constat pour les matériels, largement mis à contribution.

Les diplomates n’ont pas été au repos non plus. En plus de ces dossiers, ils ont du gérer plusieurs drames dans le Sahel et en Somalie ainsi que des crises d’ampleur en Syrie et en Iran. Là aussi, la voix française s’est faite entendre à toutes les tribunes multi nationales, faisant poids sur les décisions prises par la communauté internationale.

Une occasion saisie par la France alors que Washington tend à gagner en retrais sur ces crises. Fatigués par toutes ces interventions, les services tricolores risquent pourtant de ralentir le rythme. A l’approche de la présidentielle, Nicolas Sarkozy pourrait préférer éviter d’exposer inutilement le pays dans des entreprises diplomatiques et militaires risquées. La suite sur Slate.

France, Histoire, traditions et patrimoine, Politique »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 16 jan 2012 à 12:18 | 3 commentaires]

Samedi, un mouvement d’extrême-droite a défilé dans les rues de Lyon. La marche a été dédiée aux soldats tués en Afghanistan, représentés par autant de croix blanches. A la tête de la manifestation, plusieurs anciens du Front national au parcours sulfureux. Entre antisémitisme et récupération, l’hommage a comme un arrière goût de manipulation.

78 jeunes des Jeunesses nationalistes portaient 78 croix en l'honneur des soldats tués.

« Honneur à ceux qui sont tombés, honte à ceux qui les ont fait tuer. » Ils étaient 78 militants des Jeunesses nationalistes samedi à porter des croix blanches en l’honneur des soldats français tués en Afghanistan. Habillés de noir, un aigle impérial (symbole du mouvement) sur le torse, ils rendaient ainsi hommage à ceux qui sont morts pour « des intérêts mondialistes« , au service des « intérêts israélo-américains« . En tout, la marche a réunit 280 personnes selon la police.

A leur tête, Alexandre Gabriac, 21 ans. Ce fondateur des Jeunesses nationalistes est un ancien du Front national. Elu plus jeune conseiller régional aux dernières élections cantonales, il a été exclu du parti d’extrême-droite suite à la diffusion d’une photographie sur laquelle il effectuait un salut nazi. A ses côtés, Olivier Wyssa et Yvan Benedetti, deux bannis du FN au passé tout aussi sulfureux. Les groupuscules d’extrême-droite multiplient depuis quelques mois les actions dans la région de Lyon.

Cette fois-ci, au prétexte d’un nationalisme patriote, ils ont décidé de dédier leur action aux soldats tués en Afghanistan. La marche, qui se voulait solennelle, s’est rapidement transformée en une démonstration de militantisme ultra. Les slogans habituels de l’extrême-droite ont raisonné le long de la Saône : « bleu, blanc, rouge … la France aux Français !« , « ni droite, ni gauche : nationalisme » ainsi que quelques « sales gauchistes ! » bien sentis. Une atmosphère délétère que le chef du mouvement a tenté de sauver les apparences en fin de manifestation en égrenant dans une ambiance plus solennelle les noms et régiments des 78 soldats français tués sur le théâtre afghan. (Lire la suite…)

Justice, Médias, Moyen-Orient »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 14 jan 2012 à 14:17 | Aucun commentaire]

Les témoignages des journalistes présents dans le groupe de Gilles Jacquier semblent tous converger dans une même direction : ils sont tombés dans un piège. Le reporter français pourrait avoir été la victime d’une manigance du régime syrien pour faire transparaître une autre réalité dans les médias internationaux. Une enquête est ouverte pour savoir si la mort du journaliste a été aussi bien orchestrée que la visite du quartier pro-Assad de Homs.

Gilles Jacquier est mort mercredi en rejoignant un hôpital syrien.

Le journaliste français tué mercredi pourrait avoir été la victime d’un « crime d’Etat ». C’est en tout cas ce qu’affirme un autre reporter de la délégation dont faisait partie Gilles Jacquier. « Avec du recul, on se pose beaucoup de questions, explique Sid Ahmed Hammouche, journaliste au quotidien suisse La Liberté, j’ai senti une atmosphère louche chez les militaires qui nous attendaient. » « Je crois qu’on nous a tendu un piège », témoignait Jacques Duplessy jeudi dans les colonnes du Parisien. Ce reporter français indépendant fait les mêmes constats que son collègue, remarquant qu’il n’y avait eu « aucunes autres grosses destructions dans le quartier ».

Les journalistes présents ce jour là dans la ville de Homs avaient été invités par les autorités syriennes. L’objectif de la visite était clairement de montrer les violences dont seraient responsables les insurgés. Entre manifestations pro-Assad et visites d’hôpitaux officiels, Damas cherchait visiblement à convaincre les médias internationaux de la légitimité de la répression.

Au moment du premier tir d’obus, les autorités auraient immédiatement appelé les journalistes à foncer faire des images d’une école touchée. Une réaction finalement assez logique, les fidèles ayant ainsi les images et les exemples les plus efficaces en terme de communication. L’école n’aura finalement pas été vue par les reporters. Ce qui a étonné Sid Ahmed Hammouche, c’est la vitesse à laquelle la situation a été rétablie. Après quelques tirs, les blessés ont été rapidement évacués et la circulation a repris, comme si de rien n’était. Autre réaction étonnante, après le second tir, « les militaires se sont retirés » pendant que les journalistes étaient envoyés sur place. La question reste donc posée : qui étaient les auteurs de ces tirs de mortiers ? (Lire la suite…)

France, Justice »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 12 jan 2012 à 19:26 | 4 commentaires]

Depuis juillet 2011, le Premier ministre peut convoquer les réservistes pour répondre à des crises majeures : attaques terroristes ou catastrophes nucléaires par exemple. Certains décrets, en cours de discussion, font débat. En cause notamment, une amende de 1500 euros pour les réservistes qui seraient absents lors de telles mobilisations.

Des réservistes du 33ème RIMa pendant un exercice.

Une amende pour les réservistes qui ne se présenteraient pas lors de convocations d’urgence ? L’idée est surprenante mais a pourtant été avancée par Gérard Longuet. Le ministre de la Défense estime ainsi « valoriser » le rôle du réserviste et espère de cette manière lui apporter « une certaine forme de sécurité vis-à-vis de son employeur ».

Cette proposition est liée à la loi du 28 juillet 2011 qui vise à permettre la mobilisation sur décret du Premier ministre de réservistes civils et militaires en cas de crise majeure sur le territoire national. Les réservistes qui ne se présenteraient pas seraient alors sanctionnables par une contravention de cinquième classe.

Menacer les volontaires pour encourager les entreprises à leur laisser des disponibilités est une idée saugrenue qui n’a pas convaincu. Les membres du Conseil supérieur de la réserve militaire (CSRM), consultés sur le sujet, se sont prononcés contre. (Lire la suite…)

Médias, Moyen-Orient »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 11 jan 2012 à 21:14 | Aucun commentaire]

Le journaliste Gilles Jacquier a été tué ce matin en Syrie. Premier journaliste occidental tué dans ce pays, il couvrait l’actualité pour la chaîne France 2. Journaliste d’expérience, il avait couvert de nombreux conflits et obtenu de multiples prix.

Gilles Jacquier a été tué en Syrie le 11 janvier 2012.

Gilles Jacquier, grand reporter de la chaîne France 2, a été tué aujourd’hui en Syrie. Accompagné par son caméraman Christophe Kenck, également blessé, il effectuait un tournage pour l’émission Envoyé Spécial. Les deux Français visitaient les hôpitaux de Homs au sein d’une délégation de journalistes guidée par une religieuse favorable au régime. Un attroupement de militants pro-Assad est alors pris pour cible par un tir d’artillerie, un obus ou une roquette RPG.. Un second tir tuera le reporter sur le coup.

Arrivés sur le lieu de l’attaque pour témoigner, les journalistes seront victimes du deuxième tir de roquette. En plus des deux Français touchés, un reporter britannique du Guardian a aussi été blessé. Le Quai d’Orsay réclame à Damas de mener une enquête et de faire en sorte d’assurer la protection des journalistes dont le travail est indispensable.

Gilles Jacquier a commencé sa carrière en 1991 comme journaliste reporter d’image (JRI) à France 3 Lille. Il a couvert au fil des années les conflits au Kosovo, au Zaïre, en Algérie, en Afghanistan, en Irak ainsi que les révolutions arabes. Amoureux de l’image, témoin bouleversé des pires épisodes de l’actualité, il avait déjà été blessé à Naplouse d’une balle ayant passé son gilet pare-balles. Récompensé de nombreux prix internationaux, il laisse un souvenir inoubliable à l’ensemble de la profession. (Lire la suite…)

Armée de Terre, Doctrine, stratégie, réfléxions, Forces terrestres »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 10 jan 2012 à 20:47 | Un commentaire]

Au Liban, les VBCI font moins de bruit et abiment moins les routes que les autres blindés chenillés. Une fierté pour l’armée de terre qui fait son premier bilan opérationnel de ce véhicule de dernière génération. Un engin qui préserve les biens d’usage général, c’est un engin efficace en opération en milieu urbain.

Les VBCI au Liban, des blindés plus supportables pour la population.

Le site de l’armée de terre publie un aperçu du premier bilan opérationnel du VBCI au Liban. Le blindé d’infanterie serait mieux perçu par la population que son prédecesseur, l’AMX 10P, qu’il remplace. En effet, grâce à ses huit roues motrices, il « limiterait les nuisances sonores » et serait adapté aux routes qu’il parcourt « sans dégrader la voierie« .

Un argument de choc dans le débat qui continue toujours de faire rage dans les milieux avertis. Chenilles ou roues ? Si le reproche fait aux blindés chenillés lors des 14 juillet faisait rire jusqu’ici la presse parisienne, il est pourtant aussi valable pour les théâtres d’opération. Alors que nos forces sont de plus en plus amenées à intervenir dans des opérations de maintien de la paix ou dans des missions au coeur des populations, prendre en compte ce genre de réalités.

Ces plaintes sont d’ailleurs régulièrement formulées par les populations afghanes. Les locaux se disent navrés de voir les équipes d’ouvriers construire des routes et des pistes … ravagées par les convois militaires qui explosent ces mêmes voies logistiques non adaptées à leur poids. Une réalité qui doit à présent être prise en compte par les industriels : leurs engins doivent pouvoir se déplacer en milieu urbain civil sans causer trop de dommages aux biens utilisés par les riverains. (Lire la suite…)

Afghanistan, Livres »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 9 jan 2012 à 16:25 | Aucun commentaire]

Un JTAC britannique raconte son déploiement dans le sud afghan en 2008. Le sergent Paul Grahame a guidé pendant plusieurs mois les appuis aériens de la coalition. Un arsenal impressionnant dont on évalue difficilement l’envergure. Au delà de la violence du récit, ce sont les complications dues aux règles qui interpellent. Décideurs militaires et soldats sur le terrain ont parfois du mal à comprendre les priorités les uns des autres.

Appui feu en Afghanistan.

C’est un témoignage haut en couleur dans la traduction de ceux traduits par les éditions Nimrod. Dans Appui feu en Afghanistan, le sergent Paul Grahame raconte son expérience sur ce théâtre en tant que Joint terminal air controller, JTAC. Cet opérateur spécialisé, déployé au coeur des combats aux côtés de l’infanterie, a pour mission de coordonner les appuis aériens depuis le sol.

Arrivé en dans le sud de l’Afghanistan peu après l’embuscade d’Uzbin, le sergent Paul Grahame, JTAC déployé aux côtés du 2nd Mercian, a coordonné l’aviation tout en étant sous le feu. Un impressionnant ballet aérien dont ce document permet de se faire une idée : A-10, F-15, F-16, Mirage, B-1B, hélicoptères Apache ou encore drones Predator. La puissance de feu lâchée sur les insurgés atteint des proportions qu’on imagine difficilement.

Cet ouvrage est l’occasion de découvrir ce métier souvent méconnu car difficilement médiatisable. L’auteur décrit ainsi parfaitement comme ces spécialistes sont devenus incontournables et à quelle pression ils sont soumis. Le JTAC, qui doit confirmer les ordres de tirs en plein coeur de l’action, a ainsi été responsable de la mort de plus de 200 insurgés au cours de son mandat. Un bilan qui ne peut être égalé par aucune arme d’infanterie. (Lire la suite…)

Armée de Terre, France, Histoire, traditions et patrimoine »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 7 jan 2012 à 17:41 | Aucun commentaire]

Selon le journal Le Progrès, ils étaient quelques 2000 Jurassiens vendredi à rendre hommage au sergent Damien Zingarelli. Une manifestation rare et impressionnante pour dire adieu au légionnaire du 2ème REP tué par un soldat afghan la semaine dernière sur ce théâtre d’opération.

Mardi 3 janvier : hommages militaires au sergent Zingarelli.

Impressionnante mobilisation des Jurassiens pour rendre un dernier hommage au sergent Damien Zingarelli. Ils auraient été quelques 2000 habitants des alentours de Saint-Claude à se mobiliser pour accompagner le corps du sous-officier jusqu’à la cathédrale. Le père du soldat tien un tabac dans cette petite ville et est apprécie par ses concitoyens qui ont décidé de le soutenir dans la douleur. Le geste est d’autant plus impressionnant que les rassemblements de ce type n’avaient pas réussi jusqu’ici à attirer beaucoup de Français.

Le sergent Zingarelli a été tué le 29 décembre dernier par un soldat de l’armée afghane. Les motivations du meurtrier restent obscures, certaines sources évoquant son appartenance à l’insurrection, d’autres une volonté personnelle. Abattu par surprise, en compagnie de l’adjudant-chef Mohammed el Gharrafi, le sergent Zingarelli servait au sein du groupe de commandos montagne du 2ème Régiment étranger de génie.

Le jeune homme était âgé de 27 ans et servait dans la Légion étrangère depuis six ans. Déployé depuis septembre en Afghanistan, il avait effectué une première opération extérieure en Côte d’Ivoire en 2010, juste avant l’explosion de la crise électorale qui a secoué le pays. Il a été promeut sergent-chef à titre posthume, comme tous les militaires tués en opération. (Lire la suite…)

Afrique »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 7 jan 2012 à 17:18 | Aucun commentaire]

Les opérations militaires du Kenya et de l’Ethopie avancent en Somalie. Les militaires kenyans combattant les milices shebabs dans le sud du pays depuis trois mois maintenant. Samedi, un raid aérien aurait causé d’importantes pertes aux islamistes. Problème : faute d’observateurs indépendants sur place, il reste difficile d’évaluer la situation réelle. L’armée kenyane pourrait simplement chercher à verrouiller une région stratégique pour ses intérêts sécuritaires et économiques.

Sacré succès militaire. Samedi, l’armée de l’air kenyanne aurait neutralisé plus d’une centaine de miliciens shebab et détruit une dizaine de véhicules. Plusieurs raids aériens auraient permis de tuer au moins 60 combattants et d’en blesser au moins 50 autres. Les militaires kenyans auraient mis hors de combat neuf pick-up armés de mitrailleuses, les fameux technicals somaliens, libérant deux villages du contrôle des combattants islamistes.

Une victoire qui pourrait s’avérer cruciale. L’armée kenyane revendique régulièrement de telles avancées dans ses opérations en Somalie. Depuis 3 mois, de réguliers retours font état de pertes importantes et de destructions de matériels des islamistes. Les militaires semblent avancer régulièrement et ne pas faire face à des difficultés exceptionnelles. C’est du moins ce que racontent les Etats-mjors kenyans.

La presse n’a pour l’instant accès qu’aux points presse du ministère de la Défense kenyan. Sur le terrain, avec les troupes, pas de reporters. Ces chiffres sont-ils optimistes ? C’est en tout cas ce qu’affirment les combattants shebabs qui dénoncent systématiquement des bilans fantasmés de la part de leurs ennemis. Depuis trois mois qu’ils interviennent, les Kenyans ne semblent pas avoir beaucoup progressé. Dénonçant des difficultés climatiques qui ralentiraient les opérations, ils stationneraient surtout dans le sud du pays. (Lire la suite…)

Doctrine, stratégie, réfléxions, Etats-Unis »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 6 jan 2012 à 18:10 | Aucun commentaire]

Moins de sous. Moins d’hommes. Mais pas forcément moins de guerres. Si les Etats-Unis transforment leur armée, c’est bien entendu pour une question de moyens financiers mais aussi pour préserver une opinion publique traumatisée par dix longues années de guerre en Afghanistan et en Irak. Les dirigeants américains l’ont bien compris et souhaitent changer le format de leurs forces pour gérer autrement des crises différentes.

Le départ d'Irak et d'Afghanistan marque le début d'une nouvelle époque pour l'armée américaine.

Tout le monde s’y colle, Barack Obama en tête. Il faut faire passer la pilule sur la réduction du format militaire américain. « La force du futur sera plus petite, plus agile, plus réactive », défend le Président. Une baisse des budgets et des effectifs qui devenait inévitable. C’est la crise, entend t-on répéter depuis plusieurs mois. C’est en réalité un changement de doctrine et de positionnement politique pour la super puissance.

Plus qu’une question de moyens financiers, c’est une question de volonté morale. Les Américains ont été profondément marqués par dix ans de guerre en Afghanistan et huit ans de guerre en Irak. Presque 4500 soldats tués pour neutraliser les armes de destruction massive de Saddam Hussein. Bientôt 2000 hommes abattus pour chasser Al Qaida de son sanctuaire pré-11 septembre. Un bilan humain qui reste difficile à calculer si l’on ajoute les blessés, les traumatisés et les nombreuses familles détruites par ces longues années de combat.

« Nous ne pourrons plus mener deux guerres en même temps », avait commencé à prévenir Leon Panetta, secrétaire à la Défense. Mais qu’est ce qu’une guerre ? Les Etats-Unis ne semblent plus prêts à mettre en place les moyens financiers et humains pour mener de front deux opérations de la taille de celles menées en Afghanistan et en Irak. Barack Obama assure pourtant que Washington continuera de jouer un rôle d’envergure sur l’échiquier stratégique global : « le monde doit savoir que nous maintiendrons notre supériorité militaire ». (Lire la suite…)

Afghanistan, Social »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 4 jan 2012 à 20:16 | Aucun commentaire]

Malgré l’optimisme affiché par les pays de la coalition, appliqués à planifier leur retrait militaire, l’Afghanistan reste un drame humanitaire. L’UNHCR a admis la semaine dernière qu’il s’agissait là de la plus grosse erreur humanitaire jamais commise. Il aura fallut plus de dix ans à la communauté internationale pour comprendre qu’il ne suffisait pas de faire revenir les réfugiés pour que l’activité économique redémarre.

Malgré l'optimisme affiché par la coalition, un déplacé afghan sur trois reste privé d'opportunités économiques.

Mercredi dernier, Peter Nicolaus admettait la « plus grosse erreur que l’UNHCR ait jamais commise ». Le représentant du Haut commissariat aux réfugiés en Afghanistan a fait ce triste constat d’échec après presque dix ans d’une mauvaise stratégie dans ce pays. Persuadés qu’ils suffiraient de faire rentrer les exilés afghans du Pakistan pour que l’économie reprenne, les humanitaires reconnaissent l’inefficacité de ce modèle.

Dix ans après l’invasion américaine, 5,4 millions de personnes sont revenues dans leurs régions d’origine. Mais faute d’activité et de structures économiques, la vie ne reprend pas. Les Afghans restent massivement dépendants de l’aide internationale. Alors que l’hiver fait rage, l’UNHCR doit aider quelques 200 000 individus à affronter le froid.

Trouver un travail, trouver de quoi nourrir sa famille, permettre de retrouver un peu de normalité dans le quotidien. Tout ça reste un défi permanent pour les Afghans. Les humanitaires ont longtemps cru qu’il suffirait de reconstruire des routes et de les sécuriser pour favoriser les échanges économiques. Raté : « Vous pouvez construire cinq routes allant d’un village à un autre, les paysans en profiteront pour aller vendre leurs légumes mais les réfugiés, eux, n’ont rien à vendre », remarque Peter Nicolaus. (Lire la suite…)