Aéronautique, Etats-Unis, Industrie de l'Armement, Recherche et technologies »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 10 nov 2010 à 2:27 | 10 commentaires]

Le Raptor reste le petit bijou de la chasse aérienne des Etats-Unis. Le meilleur, l’un des meilleurs en tous les cas, dans ce domaine. Mais c’est aussi un avion qui ne répond guère aux réalités stratégiques actuelles. S’il excelle dans les airs, il reste faible pour ce qui est du soutien au sol. Un carence que l’US Air Force espère combler au plus vite pour que son petit dernier puisse être utile sur les théâtres actuels.

Un F-22 armé d'un missile AIM-120 et de quatre bombes GBU-39. Il pourrait à terme en embarquer huit.

Le F-22A Raptor est certainement le chasseur le plus dangereux jamais conçu. A l’étude depuis le début des années 1990, les derniers exemplaires ne vont plus tarder à sortir des usines de Lockheed Martin. A peine 187 de ces petits bijoux de technologie auront finalement été produits, le Sénat américain ayant finit par couper court au rêve de l’armée de l’US Air Force. Trop cher et trop avancé, l’impossibilité de l’exporter n’a pas servi sa cause.

Les militaires réalisent déjà que cet avion de choc ne justifie peut être pas son coût au vu de son utilité opérationnelle. Air et Cosmos, qui lui consacre un article cette semaine, explique que l’objectif est à présent de doter le F22 d’une véritable capacité air-sol. Actuellement, le Raptor est surtout efficace pour intercepter et neutraliser des avions de combat, le tout en étant parfaitement furtif. Une supériorité qui paraît démesurée face aux avions russes et chinois, adversaires potentiels dans le combat aérien. Il faut donc rapidement permettre au fleuron de l’US Air Force de trouver une utilité dans les missions actuelles.

Une nouvelle version baptisée Increment 3.1 devrait donc voir le jour dés 2011. Elle concerne 140 des 187 appareils en service. Elle bénéficiera de capacités nouvelles dans l’appui au sol avec une capacité d’emport de bombes guidées légères GBU-39 d’une charge de 113kg. Ces dernières augmenteront le nombre de munitions disponibles par rapport aux  GBU-32 de 500kg qui équipent actuellement le Raptor.   Un nouveau radar RSO (radar à synthèse d’ouverture) améliorera la détection au sol, sa portée et sa précision. (Lire la suite…)

Industrie de l'Armement, République Populaire de Chine »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 9 nov 2010 à 0:31 | 4 commentaires]

La Chine à l’honneur cette semaine en France. L’occasion de faire un point sur une approche industrielle de l’armement toute particulière. Comme pour beaucoup de produits, Pékin n’hésite pas à tricher un peu lorsqu’il s’agit de fabriquer des objets. Plus fort que les sacs Gucci et autres Converse à la mode dans les pays de l’ouest, la Chine est passée maître dans l’art de la contrefaçon d’armes, souvent pour le plus grand malheur du voisin russe.

Un J-11B, fleuron des copies militaires chinoises.

Les démonstrations du chasseur multirôle chinois J11-B en 2007 avaient encore une fois attisé la colère de Moscou. L’avion, fabriqué en Chine, présenté comme une fierté nationale, est en grande partie une copie du Su-27UBK. Seules différences : le moteur, le radar et le tableau de bord changent de l’original. L’appareil est moins performant que celui qui l’a inspiré … mais aussi moins cher.

Cet engin est loin d’être une première. L’ensemble de l’armement chinois est très inspiré des matériels russes. Des fusils mitrailleurs Kalachnikov aux lance-roquettes Smertch en passant par des éléments de blindés ou des pièces aéronautiques, Pékin est à l’origine dans ce domaine d’un véritable pillage organisé. Des vols qui ne concernent pas que la Russie. Une entreprise sud-africaine, Denel, soupçonne ainsi par exemple la Chine d’avoir copié son missile air-air PL-10. En général, Pékin commande quelques exemplaires ou signe de premiers contrats commerciaux avant de se servir allègrement, principalement grâce à de la rétro-ingénieurie.

Pour la Russie, ce fonctionnement a été une véritable catastrophe économique. Après la chute de l’URSS, Moscou a eu besoin d’exporter pour maintenir son industrie militaire, sa propre armée ne pouvant plus lui assurer sa pérennité. La Chine est alors apparue, puissance naissante avec une capacité industrielle encore faible, comme le client idéal. C’est surtout depuis les années 2000 que les contrefaçons se font de plus en plus présentes. Surtout, les ingénieurs chinois ont réussit à améliorer les copies produites. (Lire la suite…)

Vie du blog et publications »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 8 nov 2010 à 18:30 | 3 commentaires]

Comme prévu, le prochain café stratégique organisé par AGS aura pour thème la défense anti-missile. Nous aurons le plaisir d’accueillir Corentin Brustlein, chercheur à l’IFRI, animateur de l’excellent blog Ultima ratio, et surtout LE spécialiste français de la question.

Café géostratégique : la défense anti-missile balistique.

Le sujet est au cœur de la majorité les préoccupations stratégiques actuelles : défense contre l’Iran, sécurité européenne, lien transatlantique, maîtrise nucléaire, militarisation de l’espace …

Comme prévu, le prochain café stratégique organisé par AGS aura pour thème la défense anti-missile. Nous aurons le plaisir d’accueillir Corentin Brustlein, chercheur à l’IFRI, animateur de l’excellent blog Ultima ratio, et surtout LE spécialiste français de la question.

Le sujet est au cœur de la majorité les préoccupations stratégiques actuelles : défense contre l’Iran, sécurité européenne, lien transatlantique, maîtrise nucléaire, militarisation de l’espace … (Lire la suite…)

Histoire, traditions et patrimoine, Livres »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 8 nov 2010 à 11:00 | Aucun commentaire]

C’est bientôt le 11 novembre, anniversaire de l’armistice. L’occasion de se souvenir de la première Grande guerre et du quotidien de ces huit millions de Poilus français qui ont vécu l’inimaginable dans les tranchées pendant quatre ans. Un recueil de lettres, de carnets, de testaments écrits par des soldats français et allemands pendant leur passage sur le front.

Paroles de Poilus.

Le dernier Poilu est mort il n’y a pas si longtemps que le travail de mémoire se fait toujours plus difficile. Si les souvenirs de la Seconde guerre continuent de nous éclairer, ceux de la Première se font rare. Le 11 novembre, ce n’est pourtant pas qu’un jour férié, c’est aussi l’anniversaire de la libération pour des centaines de milliers de soldats qui ont traversé de longs mois d’une guerre d’une rare violence. A l’époque, on découvre les ravages des armes industrielles. Les bombes, les gaz et les premiers produits chimiques causent des souffrances et des mutilations atroces.

Le combattant ennemi est loin, on le tue à distance. Au canon, au fusil. Et pourtant il est si près. On l’achève au couteau, à la baïonnette, à la pioche ou à coups de pelle. Au travers des pages, on se souvient des paradoxes. De ces soldats qui traversent le champs de bataille avec un drapeau blanc pour faire la paix histoire d’un instant, entre sacrifiés dans les tranchées. De ces hommes fusillés pour l’exemple, pour qu’aucun ne songe à s’enfuir ou à se rendre. De ces attaques suicidaires au cours desquelles les cadavres s’entassent dans la boue et les barbelés. (Lire la suite…)

Moyen-Orient »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 7 nov 2010 à 22:49 | Un commentaire]

Ce sera l’heure H. Le moment clef pour le Hezbollah, le mouvement Amal et leurs alliés syriens pour prendre le contrôle du Liban. Cette simulation organisée par les responsables de ces différents groupes a été médiatisée par des journaux partisans. L’opération, qui se veut aussi une réponse directe à des exercices israéliens, laisse croire que la délibération du Tribunal Spécial pour le Liban (TSL) risque d’avoir des conséquences stratégiques dans le pays.

Un important dispositif sécuritaire serait déployé sur le terrain, en moins de deux heures. Les différentes milices armées paralyseraient les principales villes du Liban. Le signal de l’opération pourrait être la publication de la décision du TSL qui risque d’incriminer directement le Hezbollah et ses dirigeants dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri. Le chef du mouvement chiite, Hassan Nasrallah, a appelé fin octobre à boycotter ces résultats. Il compte sur un importante réaction de la population pour bloquer les villes et gêner les réactions du gouvernement de Saad Hariri, le Premier ministre actuel.

Dans les articles du quotidien libanais Al-Akkhbar et saoudien (basé à Londres) Al-Sharq al-Awsat, tous deux proches du Hezbollah, il n’y a que peu d’informations sur la manière dont cet exercice a été mené. On y apprend qu’il est l’adaptation d’un projet élaboré par écrit et déjà approuvé par les responsables des différents mouvements cités. Les services de sécurité libanais, dont les propos sont rapportés par le premier journal, admettent être informés de réunions suspectes. Le pays serait divisé en zones militaires réparties entre le Hezbollah, le mouvement Amal et le parti national socialiste syrien. La simulation aurait durée une bonne journée et Hassan Nasrallah s’est félicité de son succès dans un communiqué. (Lire la suite…)

Afghanistan, Doctrine, stratégie, réfléxions, Médias »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 5 nov 2010 à 18:00 | 2 commentaires]

Aux Etats-Unis, c’est un véritable exercice de style : relier les lectures des personnages puissants aux analyses politiques du moment. Les éditorialistes qui se penchent sur les questions de défense et de diplomatie s’y prêtent aussi. Parmi leurs préférés, le général David Petraeus, actuel commandant en chef des troupes de l’ISAF en Afghanistan. Mais que lit la star militaire made in USA ?

C’est une véritable liste de lecture que publie le Boston Globe : Afghanistan, a cultural and political history de Thomas Barfield, L’autre côté de la montagne, tactiques moudjahidines pendant la guerre soviétique d’Ali Ahmad Jalali, Trois tasses de thé de Greg Mortenson et The story of the Malakand field force de Winston Churchill. Des classiques outre Atlantique pour les spécialistes des questions militaires et stratégiques, peut être moins connues en France. Les commentateurs s’empressent de les recommander ou de se les offrir afin de mieux comprendre la vision du général Petraeus.

Dis moi ce que tu lis, je te dirai ce que tu es. Les lectures de l’officier sont effectivement révélatrices de sa manière de penser. On peut distinguer deux thématiques principales. La première touche à la culture des Afghans, qu’elle soit sociale, politique ou militaire. Une approche déjà remarquée en septembre dernier alors qu’il lisait The Pathrans, une étude d’Olaf Caroe sur les Pachtounes. La connaissance de l’ennemi est une priorité pour pouvoir mener à bien une guerre de contre-insurrection qui implique un volet de contre terrorisme important.

Parmi les références, les journalistes aiment à constater la curiosité du général pour des auteurs comme Winston Churchill et surtout le Président Ulysses Grant. Ces deux hommes ont été à la fois des chefs de guerre et des dirigeants politiques. Un rôle dans lequel un nombre croissant d’Américains verrait bien le général Petraeus. Officier prodigue, respecté pour sa discipline, admiré pour sa perspicacité dans les conflits contre-insurrectionnels, il est aussi un démocrate qui raccorde l’équipe de Barack Obama à un art de la guerre peu maîtrisé par la gauche et une communauté militaire plutôt conservatrice. Une véritable étoile montante que beaucoup attendent en politique dés qu’il pourra s’éloigner de Kaboul. (Lire la suite…)

Afghanistan »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 5 nov 2010 à 0:26 | Aucun commentaire]

L’offensive afghano-américaine est en passe d’être remportée. C’est ce qu’à annoncé le gouvernement afghan la semaine dernière. Le résultat de plusieurs mois d’opérations dans la région reste cependant à prendre avec des pincettes : l’administration de la ville est victime d’une menace considérable de la part d’insurgés toujours plus volatiles.

Les militaires américains participent à la sécurisation de la province de Kandahar. Un véritable jeu du chat et de la souris.

« L’opération à Kandahar est dans sa dernière étape. L’ennemi a préféré ne pas combattre. Nous nettoyons surtout la zone des mines posées. » C’était la bonne nouvelle annoncée mercredi dernier par le général Mohammad Zahir Azimi, porte-parole du ministère afghan de la Défense. Il reste donc à finir de déminer les zones piégées pour assurer la sécurité de la population.

Pourtant, les talibans ne se sont pas volatilisés. S’ils avaient entrepris de résister lors de l’opération à Marjah, ils ont vite compris que l’objectif des Américains était bien de les forcer au combat. La montée en puissance lancée par Barack Obama qui visait à inonder le sud du pays pour acculer les insurgés ne laisse que deux possibilités : résister et périr ou se faire discret. Dans l’idée, les combattants sont sensés se cacher, si possible dans les montagnes où les militaires peuvent combattre avec plus de liberté et moins de risques de dommages collatéraux. Dans le pire des cas, le temps que les rebelles ne se cachent, Kaboul installe une administration fidèle et remet en place les maillons nécessaires à son autorité sur place.

Si les insurgés n’ont pas combattu, leur présence est évidente à Kandahar. La ville historique du régime taliban vit au rythme de la menace. Des hommes en motos barrent des routes pour contrôler les automobilistes. Ils menacent les habitants s’ils coopèrent avec les autorités. Les opérations de nettoyage dans les villages de la région les ont poussé vers le centre urbain, remarque le Wall Street Journal. Là, ils font régner la terreur en posant des explosifs et en assassinant les fonctionnaires. (Lire la suite…)

Doctrine, stratégie, réfléxions, Europe, France, OTAN, Relations Internationales »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 3 nov 2010 à 21:42 | Un commentaire]

Plusieurs commentateurs dans les médias s’empressent de saluer les accords de Londres du 2 novembre comme une aubaine pour l’Europe de la Défense. Ces deux géants européens dans le domaine semblent ainsi se mettre d’accord pour travailler main dans la main. Pourtant, à aucun moment les partenaires ne sont évoqués. Certains y voient même une manière de passer sous le nez de Bruxelles.

Nicolas Sarkozy et David Cameron ont conclu un accord historique qui nécessite maintenant le soutien des parlements nationaux.

Les accords signés à Londres pourraient servir « de modèle pour une coopération renforcée en matière de Défense en Europe ». C’est ce que retient le Spiegel des conclusions médiatiques en Allemagne. La Grande-Bretagne est effectivement l’un des trois géants militaires avec l’Allemagne et la France. Surtout, les deux signataires de cette nouvelle volonté de partenariats sont les deux seuls à être capables stratégiquement et politiquement de mener certaines opérations. Berlin reste très limitée par l’héritage de son passé. Dans les négociations et les réflexions sur les processus de défense européenne, les positions de Londres ont toujours été compliquées. Soucieuse de se prémunir d’une collectivisation des moyens, elle a veillé à protéger ses capacités nationales. Son rapprochement avec la France, qui avait déjà ouvert la voix en créant la brigade franco-allemande avec son voisin outre-Rhin et en soutenant le groupe multinational EADS, peut-être interprété comme un signe encourageant.

Sauf qu’à aucun moment une intention européenne n’a été évoquée dans le dialogue entre Paris et Londres. Toutes ces propositions sont formulées sans la moindre ouverture vers d’autres Etats-membres. Le blog Bruxelles 2 le remarque : pas d’entrées pour les autres Européens pour l’instant. C’est d’autant plus dommage que certains des projets évoqués pourraient intéresser directement certains pays. Le regroupement des moyens logistiques et instruction de l’A400-M concernent directement l’Allemagne, l’Espagne ou le Luxembourg, qui se portent acquéreurs. (Lire la suite…)

Armée de Terre, France, Terrorisme »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 2 nov 2010 à 19:27 | 2 commentaires]

Un attentat à l’explosif a visé un centre de recrutement de l’Armée de terre à Bastia dans la nuit de lundi à mardi. Il n’y a pas eu de blessés, la charge étant relativement légère. Le ministre de la Défense a immédiatement condamné l’action.

Nous aprenons à l’instant grâce à un communiqué de presse du ministère de la Défense que le centre de recrutement de l’Armée de terre de Bastia a été visé par un attentat. L’explosion, peu importante, a eu lieu dans la nuit de lundi à mardi. Le bâtiment est situé en plein centre ville mais personne n’a été touché par l’impact, survenu peu après deux heures du matin. Hervé Morin a condamné une attaque qui vise surtout « les symboles et les valeurs de la République ».

Il n’y a pour l’instant pas eu de revendications. D’autres attentats ont visé ces derniers mois des cibles aussi variées que la direction départementale d’EDF fin septembre ou encore un navire de plaisance dans le vieux port en avril dernier.

Europe, France, Relations Internationales »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 2 nov 2010 à 15:15 | Un commentaire]

Le président français et le premier ministre britannique vont tenir mardi un sommet à Londres. Au programme : des rapprochements militaires jamais vus entre les deux pays. Porte-avions en commun, coopération dans le domaine du nucléaire, formation des troupes terrestres, projets industriels communs … Nicolas Sarkozy et David Cameron assurent que leurs armées garderont une complète autonomie stratégique et opérationnelle.

Difficile à définir : comment chaque pays pourra utiliser les moyens communs lors d'opérations non communes.

La crise budgétaire que traverse la défense britannique aura probablement donné un grand coup d’accélérateurs aux projets communs avec la France qui sont évoqués depuis des mois maintenant. Cette fois, les deux chefs d’Etat ont pris leur décision et vont affirmer officiellement demain la mise en place de coopérations d’envergure. Des projets qui feraient passer la Brigade Franco-Allemande pour un simple symbole. La presse a déjà évoqué des exercices communs pour les forces terrestres dans les Flandres l’année prochaine, la mise en commun des capacités aéro-navales et surtout, plus étonnant, des échanges dans le domaine de la dissuasion nucléaire.

Ces deux derniers points sont parmi les plus importants. La question des porte-avions est intéressante : pour pallier à leurs difficultés d’achat pour un second navire de ce type, la France et la Grande-Bretagne vont mettre en commun leurs deux bâtiments (Londres ne doit garder qu’un de ces deux porte-avions en projet). Il va falloir définir la manière dont ces bâtiments seront utilisés. Il faudra également les équiper pour pouvoir recevoir les deux types d’avions prévus (des F-35C côté britannique et des Rafales-M côté français). La coopération sur le nucléaire est aussi inédite. Le coût de l’entretiens et du maintien à niveau de cette compétence revient extrêmement cher. Mais là encore, on ne sait pas exactement ce qui sera fait, en particulier sur le long terme.

Les partenariats industriels sont un bon moyen de réaliser des économies conséquentes. La France et la Grande-Bretagne réalisent 70% des dépenses en recherche et développement. Des équipements communs sont déjà évoqués pour les sous-marins, des drones, des missiles, des programmes de maintenance, notamment pour l’A400-M ou pour des patrouilleurs aériens. La question se pose tout de même de la production des industries nationales. Les chantiers navals français traversent une période de crise sans précédent. Or ces co-développements demanderont, à la manière de l’A400-M, de répartir les capacités de production entre les deux pays. (Lire la suite…)

Forces maritimes, Industrie de l'Armement »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 2 nov 2010 à 1:40 | Aucun commentaire]

Euronaval 2010 s’est tenu à Paris la semaine dernière. Ce salon d’armements navals permet de se faire une idée, grâce aux propositions des différents industriels, de ce que seront les marines de demain. Des tendances qui indiquent un allégement des flottes au profit de navires plus polyvalent et souvent plus petits. Dans l’ensemble, l’ambiance est morose et le commerce pas forcément très propice en ces périodes de disette.

Les petits calibres et les calibres moyens ont la cote.

Les portes du salon ont fermé vendredi dernier. Quelques nouveautés, quelques bonnes idées mais surtout beaucoup de matériels déjà connus. Des équipements malgré tout attendus puisqu’ils répondent aux besoins actuels des marines. Beaucoup sont dédiés à des activités de garde-côte ou à des opérations anti-piraterie. Dans le domaine, on cherche à éviter le recours aux sociétés militaires privées. Au programme, soutien des navires de guerre par des engins plus légers et rapides, installation d’équipements dissuasifs sur les bateaux civils et formation des équipages.

Les forces spéciales sont également gâtées, comme sur la plupart des salons. En mer, elles pourront se servir d’appareils sous-marins d’infiltration. De simples tracteurs ou carrément de mini-sous marins. Le Coréen Vogo propose ainsi des engins capables d’amener sur place un commando de plongeurs. On pouvait également trouvé un petit navire largable conçu par Zodiac. (Lire la suite…)

Doctrine, stratégie, réfléxions, Guerre numérique »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 31 oct 2010 à 20:16 | Aucun commentaire]

Presque 70 ans après l’attaque des Japonais lors de la seconde Guerre mondiale, Pearl Harbor reste le symbole de l’attaque incapacitante. La destruction de la flotte du Pacifique avait alors laissé penser aux dirigeants américains qu’ils ne pourraient plus, faute d’une marine utilisable, entrer en guerre. Aujourd’hui, l’élimination de structures militaires semblables est presque impossible. A moins d’avoir recours à des attaques numériques.

Protéger les ordinateurs militaires est une chose, empêcher ceux des civils d'être infestés par des programmes espions offensifs en est une autre.

Internet est un outil qui a plusieurs usages. Système de communication, il est utilisé à la fois par les forces militaires et par les civils pour des fonctions aussi diverses que la gestion de la bourse, l’envoie de courrier ou la coordination de personnels de sécurité. Comme pour les transmissions en général, il est primordial pour un attaquant de pouvoir au mieux détruire ces réseaux et au pire y accéder et pouvoir les espionner.

Le recours aux cyber-attaques inquiète de plus en plus les autorités et les gouvernements car tous réalisent progressivement la vulnérabilité de nos sociétés dans ce domaine. Un pays comme les Etats-Unis est totalement dépendant du fonctionnement du réseau. Si ce dernier est coupé, tout s’effondre : communications, économie, médias, gestion des ressources, transports … Pire, la modification des données pourrait créer de véritables phénomènes de panique : fausses rumeurs boursières, désinformation.

Il est crucial pour la sécurité d’une nation de protéger les réseaux numériques. Le problème vient de la multitude de machines qui peuvent être utilisées pour attaquer une cible. De la même manière que la marine japonaise avait saturé l’espace d’informations en 1941 pour se rendre invisible aux yeux de l’armée américaine, des agresseurs virtuels peuvent infester des milliers, voir des millions d’ordinateurs domestiques et les utiliser pour relayer leur offensive depuis l’ensemble de la planète. (Lire la suite…)

Doctrine, stratégie, réfléxions, Etats-Unis, Guerre numérique, Médias »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 30 oct 2010 à 21:07 | 5 commentaires]

Le site internet Wikileaks et son équipe, dirigée par l’intriguant Julian Assange, inquiètent toujours autant le Pentagone et l’administration américaine. Les bombes lâchées par la publication de 90 000 documents classifiés sur les opérations en Afghanistan puis de 400 000 sur l’Irak représentent une menace directe pour la sécurité des Etats-Unis. Les empêcheurs de tourner en rond à l’origine du scandale se réclament pourtant comme des défenseurs de la vérité et de la justice.

Julian Assange défend le rôle de ce nouveau type de média sans frontière qui peut exister grâce à Internet.

« Nous ne sommes pas des hackers, nous sommes des journalistes d’investigation. » Julian Assange rend légitime l’action de Wikileaks par ces mots dans une interview accordée au magazine Les Inrockuptibles cette semaine. Le fonctionnement du site Internet est des plus réfléchis. L’équipe qui le gère est composée d’informaticiens et de journalistes. Ils offrent à des sources de dévoiler des documents et de les rendre public de manière anonyme. La plateforme a rapidement inquiété le Pentagone car elle ouvre grand les portes à toutes les fuites.

N’ayant pas le statut officiel de journalistes reconnus, les responsables de Wikileaks se sont reposés sur les grands médias internationaux : le New York Times, le Monde, le Guardian, le Spiegel … Pour pouvoir publier les informations, il faut pouvoir les vérifier et les analyser. Le premier tour sur l’Afghanistan avait d’ailleurs suscité une importante controverse du fait de la publication de noms d’Afghans qui pouvaient être directement menacés par ces révélations.

Côté militaire, on s’échauffe. Pas question de laisser la petite équipe continuer d’étaler sur la place publique les petits secrets des guerres américaines. Actions violentes des forces spéciales, tortures, exécutions sommaires, dommages collatéraux, autant de données qui entachent l’image de l’armée et font perdre toute crédibilité à la diplomatie américaine. « Nous avons des moyens alternatifs de les forcer [à effacer les documents en leur possession]« , a prévenu Geoffrey Morrell, le porte-parole du ministère de la Défense, début août. La menace est claire. (Lire la suite…)

Afrique, Etats-Unis, Politique, Relations Internationales »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 29 oct 2010 à 15:34 | Un commentaire]

Lundi dernier, une note de la Maison Blanche annonçait en toute discrétion l’annulation de sanctions envers quatre pays africains ayant recours à des enfants soldats. Cette décision concerne le Tchad, le Soudan, la République Démocratique du Congo et le Yémen. La présidence souhaite ainsi protéger les intérêts des Etats-Unis dans cette région et rappelle les efforts faits pour lutter contre ce fléau.

Construction d'une école au profit d'une trentaine d'anciens enfants soldats dans le village de Tora au Soudan.

En 2008, les Etats-Unis adoptaient une convention de lutte contre les enfants soldats. Parmi les mesures, il était ainsi prévu que Washington cesse de fournir toute aide militaire et financière aux pays dont les armées recruteraient des mineurs. Le vote au Congrès avait alors été unanime. Parmi les soutiens de cette mesure : Barack Obama et Joseph Biden qui étaient alors sénateurs.

Deux ans plus tard, l’administration du Président Barack Obama et du vice-président Joseph Biden décide de revenir en arrière. Pour des raisons d’intérêt national, les Etats-Unis vont finalement continuer d’apporter soutien financier, formation et conseil aux armées de quatre pays toujours accusés d’avoir recours à des enfants en armes. Le note publiée est accompagnée d’un memorandum adressé à Hilary Clinton et publié par le site Foreign Policy décrivant les raisonnements ayant mené à cette décision. Le document avance que le Yémen, le Tchad, le Soudan et la République Démocratique du Congo (RDC) sont des partenaires de Washington et que les sanctionner serait dangereux.

Condamnée par Jo Becker, l’une des responsables de la section droits des enfants de l’ONG Human Rights Watch, cette note estime qu’il serait contre-productif de couper l’aide à ces pays. « Le problème c’est que l’administration ne fait pas de demi-mesure, c’est tout ou rien. Il n’y a pas de doute qu’elle veuille protéger des intérêts légitimes. Il aurait fallut le prévoir dés le départ pour ne pas dé-crédibiliser cette loi. » Elle a également déclaré à l’agence Associated Press que le Président Obama sapait ainsi les premiers résultats obtenus après un an. (Lire la suite…)

Forces maritimes, Industrie de l'Armement »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 28 oct 2010 à 18:36 | Aucun commentaire]

Les marines modernes doivent garder des moyens de défense et d’attaque au niveau. Etre prêt à affronter les armes les plus dangereuses le moment venu impose aux industriels de développer des solutions adéquates. Coup d’oeil sur les nouveaux leurres anti-torpilles de DCNS qui devront équiper certains bâtiments de la Marine nationale.

Le Contralto-S (version sous-marin) et le Contralto-V (version bâtiment de surface).

Changement de stratégie pour les leurres anti-torpilles. Les tactiques de « séduction » employées jusque là ne sont plus suffisamment efficaces pour protéger les navires contre des armes de plus en plus intelligentes. Avec les Contralto, DCNS préfère semer la confusion dans les cerveaux électroniques, un concept nouveau adopté par l’industriel depuis 2005. Plutôt que d’imiter la signature d’un navire, ce leurre émet des suites de signaux sonores qui vont multiplier les fausses pistes. La torpille va ainsi être perdue et tourner en rond sous l’eau, perdant ainsi un temps considérable qui permettra au bâtiment ciblé d’engager des manœuvres d’évitement et d’évasion. (Lire la suite…)