Officiellement, Hervé Morin n’est pas en campagne pour la présidentielle et se consacre pleinement à son travail de ministre de la Défense. Il est pourtant pressenti pour être le candidat du Nouveau centre en 2012. Ses discours et son agenda sont d’ores et déjà marqués par une volonté d’imposer une image bien personnelle, proche de l’UMP mais assumant des positions originales.
« J’entend mener ma fonction aussi longtemps qu’il me sera donné de la mener. » Hervé Morin a encore une fois affirmé lors des 8èmes universités d’été de la Défense sa volonté de rester rue de Brienne. La seule chose qui pourrait l’en éloigner serait un remaniement ministériel dans lequel il n’aurait plus sa place. La classe politique s’attend effectivement à quelques changements au sein du gouvernement dans les semaines à venir. Si les suppositions sur un remplaçant pour François Fillon font rage, Hervé Morin pourrait aussi quitter l’équipe.
Si son bilan n’est a priori pas contesté par Nicolas Sarkozy, le ministre de la Défense porte une autre casquette qui peut poser problème à l’approche des présidentielles. S’il a très bien joué le rôle de représentant d’un centre-droite partenaire de l’UMP au sein du gouvernement, il redevient progressivement un allié qui assume des opinions parfois différentes de celles de la présidence. Il s’est par exemple discrètement prononcé contre la politique sécuritaire du président notamment dans une interview pour le quotidien La Provence. Il intervient ainsi sur des dossiers qui ne relèvent pas de sa responsabilité ministérielle. Après les Roms sur Europe 1, il parle éducation au cours de la visite d’une école de la seconde chance à Marseille.
En prenant cette distance sur les principales polémiques, Hervé Morin prépare un profil de présidentiable. Il se situe bien comme stratégiquement et idéologiquement proche de la droite, au contraire du Modem qui se construit comme un parti de centre-gauche. Il s’applique également à présenter ses réussites en tant que ministre de la Défense. A Marseille, dans son discours, il a fait un petit panorama très positif : succès de la réforme de la carte militaire, sauvetage de l’industrie avec la loi de programmation, soutien renforcé aux soldats en opération, avancée sur le dossier A400-M et quelques points marqués dans le domaine de la défense européenne. (Lire la suite…)
Pour célébrer l’anniversaire du 11 septembre 2001, le Journal du dimanche a publié une interview de Bernard Squarcini sur la menace terroriste en France. Le niveau d’alerte reste élevé, tout comme celui du danger que représente les groupuscules islamistes. Mais qu’implique concrètement cette menace ? De cette guerre de l’ombre, on ne sait presque rien. Le grand public est tenu dans l’ignorance d’actions qui se déroulent pourtant presque sous ses yeux.

En décembre 2000, une quinzaine d'islamistes projettent une attaque contre le marché de Noël de Strasbourg.
Des dizaines d’individus sous surveillance. Des services de sécurité en alerte rouge. Une menace aussi élevée qu’en 1995. La France serait toujours une cible privilégiée des terroristes islamistes et notamment de groupes proches d’Al-Qaeda pour le Maghreb Islamique (AQMI). Si le directeur de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) évoque dans son interview deux arrestations par an, il est difficile de se représenter la réalité de ce combat que livrent dans l’ombre les services de contre-terrorisme à ces individus.
Une question qui ne se pose pas. Ou tout du moins à laquelle personne ne répond. Si l’on cherche à savoir par exemple en quoi consiste la menace terroriste sur une ville comme Strasbourg, personne ne se prononce. Ministère de la Défense, de l’Intérieur, préfecture, direction départementale de la sécurité publique, police de l’air, des frontières, mairie… Le sujet reste taboo. « Trop sensible » ou non sujet à la communication.
La question est-elle farfelue ? Pas tout à fait. Strasbourg est une ville concernée par le terrorisme. Il s’agit de l’une des plus grandes villes françaises. Elle dispose d’une gare importante et d’un aéroport international. Elle héberge le Parlement européen qui accueille régulièrement les députés de toute l’Union. Mais surtout, elle a déjà été visée en 2000 par une tentative avortée au cours du célèbre marché de Noël. (Lire la suite…)
Principes de contre-insurrection est un outil utile pour mieux appréhender les enjeux des conflits asymétriques modernes. Cet ouvrage écrit par trois officiers supérieurs français cumulant expériences de la doctrine et du terrain offre de nombreuses grilles de lectures pour analyser l’approche de ce type de guerres mais aussi pour réfléchir aux mécanismes qui les animent.
Les colonels Hervé de Courrèges, Emmanuel Germain et Nicolas Le Nen se penchent sur la question de la contre-insurrection. Ils actualisent les réflexions du lieutenant-colonel David Galula pour enrichir la pensée sur ce sujet avec les expériences accumulées au cours de la seconde moitié du 20ème siècle et du début du 21ème siècle. Ce livre permet une analyse élargie grâce à des références historiques à plusieurs dizaines de conflits contre-insurrectionnels tantôt remportés ou perdus par les forces conventionnelles ou par les insurrections.
L’objectif de ce livre n’est pas de lancer des idées révolutionnaires. Il s’agit au contraire de poser au propre des « principes » tirés de la formidable quantité de réflexions accumulées au fil des siècles. Les trois auteurs rappellent ainsi que plusieurs pays ont eu des approches très différentes de ce type particulier de conflits : Grande-Bretagne, Etats-Unis, France, Israël … Ils proposent un plan en trois parties : légitimation de l’action, adaptation au contexte local puis marginalisation de l’ennemi.
La légitimité de la nation qui contribue à la contre-insurrection est indispensable pour couper la population de l’insurrection. Surtout dans les cas où la puissance militaire est étrangère, ce qui est le cas dans la plupart des guerres de ce type aujourd’hui. La légitimité repose sur le contexte légal mais aussi et surtout sur la justification morale de l’action. Une bataille dans laquelle les armées occidentales sont souvent dominées par les insurgés qu’elles tentent de combattre. (Lire la suite…)
11 septembre oblige, le monde s’interroge sur le terrorisme. En France, c’est Bernard Squarcini, patron de la DCRI, qui monte au créneau dans une longue interview au Journal du dimanche. Le niveau de menace qui pèse sur l’hexagone serait aussi élevé qu’il y a quinze ans, quand le métro parisien était la cible de plusieurs attaques meurtrières. Aujourd’hui, les terroristes se répartissent entre des Français radicalisés et des djihadistes du Maghreb.

Les unités de Vigipirate veillent sur les cibles potentielles de terroristes : gares, lieux de passages, sites touristiques des grandes villes de France.
La participation de la France aux opérations en Afghanistan et le débat sur le voile islamique seraient selon Bernard Squarcini des raisons pour les islamistes de viser notre pays. Parmi les menaces principales figure Al Qaeda au Maghreb islamique (AQMI) qui vise les ressortissants français dans le nord du pays. L’attaque à laquelle ont participé les forces spéciales françaises pour tenter une dernière fois de sauver Michel Germaneau et les déclarations de Bernard Kouchner d’une augmentation des efforts militaires contre Al Qaeda dans la région sont les symboles d’une guerre déclarée avec le groupe terroriste.
La menace d’une attaque de ce groupe reste donc bien réelle et le chef du contre-terrorisme français estime que le niveau de menace est aussi élevé qu’en 1995. Mais si les terroristes d’alors venaient de la capitale algérienne, ils peuvent à présent venir de l’ensemble du monde musulman : Yémen, Pakistan, Maghreb, Turquie, Afghanistan. Ces djihadistes bénéficient en France de points d’attache avec des nationaux convertis et/ou radicalisés. Ils seraient 300 dans tout le pays à faire l’objet d’une surveillance approfondie du ministère de l’Intérieur. Ces personnes se retrouveraient dans une trentaine de mosquées sur les 1800 que compte la France.
Une petite dizaine d’entre eux seraient même passés par des camps dans la région Afpak pour combattre en Afghanistan. Bernard Squarcini précise que les djihadistes français seraient peu appréciés par leurs coreligionnaires. Il évoque également la possibilité que la Somalie devienne prochainement un lieu d’accueil pour les apprentis combattants de l’Islam radical et héberge des camps. (Lire la suite…)
La loi Don’t ask, don’t tell interdit aux soldats américains homosexuels de dévoiler leur orientation sexuelle. Un consensus vieux de 17 ans qui est de plus en plus dénoncé comme une infraction à la liberté d’expression. Une cour de justice californienne vient effectivement de reconnaître le caractère discriminant de ce texte. Les politiques et les militaires peinent cependant à saisir les enjeux d’une mesure de plus en plus marginale.

L'armée cherche des idées pour améliorer la situation. Une hypothèse : demander aux Marines des volontaires pour partager les chambres des homosexuels.
« La loi Don’t ask, don’t tell viole manifestement les droits constitutionnels. » C’est cette conclusion de la juge fédérale californienne Virginia Philips qui relance depuis hier les débats sur cette loi. Ce compromis que Bill Clinton avait passé en 1993 devait permettre aux homosexuels d’intégrer les forces armées américaines. Pour des raisons de sécurité, pour éviter des altercations dans les rangs mais aussi pour éviter que l’armée n’ait une image profondément intolérante, le Président américain avait accepté que gays et lesbiennes ne puissent pas dévoiler en public leur orientation.
De nombreux milieux conservateurs américains refusent en effet de voir les homosexuels s’afficher ouvertement au sein des armées. Plus pragmatiques, des officiers craignent les réactions des soldats et s’inquiètent de l’effet que pourrait avoir sur le moral des troupes des pratiques sexuelles différentes ouvertement affichées. Le secrétaire à la Défense, Robert Gates, a accepté de lancer les réflexions pour supprimer cette loi en admettant qu’il le faisait « à contrecœur ».
Le Président Barack Obama avait déclaré lors d’une conférence où des militants pour les droits des homosexuels l’avaient interpellé qu’il allait faire supprimer cette loi. « Nous savons que forcer les homosexuels et les lesbiennes à vivre une vie de mensonges ou quitter l’armée ne contribue pas à notre sécurité, elle y porte préjudice », estimait-il. L’association Log Cabin Republicans, plaignante devant le tribunal fédéral californien, a présenté des documents défendant cette thèse. Ils évaluent le nombre de militaires forcés de quitter l’armée à cause de leur orientation sexuelle à 13 500 personnes depuis 1994. (Lire la suite…)
En évoquant la mise en concurrence du Mistral, Moscou a ouvert notamment la porte à un navire Coréen, le LPX Dokdo. L’un des principaux arguments de ce porte-hélicoptères amphibie est son prix, moins élevé que le Français. Séoul a enfin l’avantage d’être moins impliqué dans les dossiers géostratégiques qui entourent ce contrat en France et en Europe.
L’annonce d’une vente de navires français à la Russie a soulevé un certain nombre d’inquiétudes et de questions au sein de l’Union européenne et de l’OTAN. Moscou continue d’être considéré comme une menace sérieuse par Washington voir même comme le principal danger par les pays baltes, la Pologne et les voisins de l’Union européenne à l’est du continent. Le déroulement en coulisses et dans le plus grand secret de cette transaction laissait pourtant croire que Paris maîtrisait bien la situation et que le contrat avançait. Jusqu’à ce que la Russie annonce l’ouverture d’un marché public ouvert à la concurrence et notamment aux Coréens.
Séoul propose ainsi son LPX Dokdo, construit par Hanjin Heavy Industries, un porte-hélicoptères amphibie dont les capacités s’approchent de celles du Mistral. Les équipements électroniques et les capacités générales du classe Dokdo restent tout de même moins impressionnantes que celles du navire français mais elles sont à priori contrebalancées par un coût moins rédhibitoire. Encore que les prix restent difficiles à évaluer. (Lire la suite…)
Dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de Rafiq Hariri, une reconstitution de l’attentat devrait être faite en France à la fin du mois. Des spécialistes préparent en ce moment même une copie du lieu de l’attaque dans le camp militaire de Captieux, près de Bordeaux. Le Hezbollah continue de refuser une collaboration avec le tribunal de La Haye, qu’il accuse d’être acquis à la cause israélienne.
Qui a tué Rafiq Hariri, le président du Conseil des ministres libanais, le 14 février 2005 ? Pour répondre à cette question, les Nations Unies ont accepté d’ouvrir une enquête internationale. Depuis, plusieurs éléments ont conduit les juristes à s’intéresser à une piste syrienne. 5 Syriens considérés comme responsables sont appréhendés et entendus. En mai 2007 à un tribunal spécial pour le Liban créé pour l’occasion.
Georges Malbrunot annonçait sur son blog la semaine dernière les préparatifs qui ont commencé près de Bordeaux. Une reconstitution de l’attentat qui a coûté la vie à Rafiq Hariri devrait commencer le 28 septembre. Un premier spécialiste en matière d’explosifs du tribunal spécial pour le Liban, un Français, était venu en juin au camp de Captieux. C’est là que vont être installés des portions de la rue et des bâtiments qui entourait le premier ministre libanais au moment de sa mort. Les premières inculpations doivent arriver avant la fin de l’année.
La France s’attache à cette enquête depuis le départ. Jacques Chirac a fait pression sur Bachar el-Assad, le président syrien, pour qu’il laisse les cinq responsables présumés originaires de son pays être entendus par la justice internationale. Des doutes ont toujours pesé quand à une éventuelle implication de la Syrie dans cette attaque. Un kamikaze au volant d’une camionnette chargée de 1800 kilos d’explosifs avait tué une vingtaine de personnes en plus du chef du gouvernement libanais. (Lire la suite…)
Branle-bas de combat au parti communiste nord-coréen : les responsables de tout le pays se regroupent à Pyongyang pour évoquer la succession de Kim Jong-il. Les regards se portent sur Kim Jong-un, son mystérieux cadet, ainsi que sur un groupe de fidèles déjà bien installés qui pourraient faciliter la transition. Une passation de pouvoir délicate entre problèmes de santé du grand leader et diplomatie prudente.

Kim Jong-il est conscient de l'urgence de la situation : sa santé périlleuse lui impose de rapidement préparer son héritier.
Malgré les fortes tensions diplomatiques avec la Corée du Sud et les Etats-Unis, malgré les inondations qui frapperaient le pays, les responsables politiques du parti communiste national ont pris la route de Pyongyang. Conférence exceptionnelle comme il n’y en a pas eu depuis 1966. Les médias d’Etat évoquent l’élection de « l’organe suprême ». Qui succédera à Kim Jong-il après 16 ans à la tête de la Corée du Nord.
Le chef suprême souffre depuis 2008 de problèmes de santé qui lui imposent de devoir rapidement préparer sa succession. Les yeux des spécialistes se tournent vers son fils cadet, Kim Jong-un dont on sait finalement peu de choses. Gardé au secret, loin des médias, même officiels, le jeune homme serait né entre 1983 et 1984, aurait été désigné par son père depuis 2009 comme son héritier le plus compétent. Le petit prince rouge, comme l’appellent les Coréens, aurait suivi une scolarité en Suisse.
Si Kim Jong-il veut maintenir le pouvoir au sein de la famille (lui même a hérité les rênes du pays de son père, Kim Il-song). Pour ça, il doit s’assurer que son fils bénéficiera d’une légitimité la plus importante possible. Une campagne de communication a été entreprise par les médias officiels pour que le dauphin passe pour le successeur le plus compétent au « père de la Nation ». (Lire la suite…)
De bons petits soldats raconte l’histoire de la 2ème brigade 16ème d’infanterie en Irak. Quinze mois dans la banlieue de Bagdad à tenter de réduire les efforts des insurgés à néant tout en offrant des opportunités à la population. Un livre dur mais prenant par son réalisme, écrit par David Finkel, grand reporter au Washington Post.
Poignant. C’est le mot qui pourrait résumer ce livre. David Finkel décrit avec une plume d’une grande qualité l’engagement des soldats du 16ème d’infanterie dans le cadre du surge voulu par Georges W. Bush. Du 6 avril 2007 au 10 avril 2010, il a pu suivre ces hommes, simples soldats, sous-officiers, officiers et chef de corps. Il raconte dans le moindre détail leur mission et les épreuves qu’ils traversent.En évitant tout engagement politique, il dresse le parallèle frappant entre les discours d’un Président en difficulté avec la réalité du terrain où les hommes souffrent. La transcription de leurs valeurs et de leur capacité à tout sacrifier pour un idéal est parfaitement réussit. Loin de passer pour des fous furieux, ces soldats sont décrits comme des héros humains qui ont voulu devenir des guerriers, protéger l’image de leur nation.
Mais De bons petits soldats raconte aussi la manière dont la guerre brise les hommes. 14 hommes tués au combat. Mais aussi tant d’autres blessés. Des membres perdus. Des capacités intellectuelles réduites. Des blessures psychologiques aussi avec le poids que représente le souvenir d’évènements aussi difficiles à traverser que la menace permanente de l’explosif sur la route et de la mort d’un camarade. La souffrance que représente l’éloignement pour les hommes et pour leurs familles. (Lire la suite…)
Le nouveau commandement européen de transport aérien a été inauguré jeudi à Eindhoven. Un service très symbolique qui doit permettre d’optimiser les usages d’avions de quatre pays qui ont souhaité unir leurs capacités dans ce domaine. Une flottille d’environ 200 appareils va ainsi monter progressivement en puissance. Son succès dépendra de la volonté politique des Etats de jouer le jeu de ce partage des compétences… et des informations.
Il se pourrait que dans quelques années, pourquoi pas à l’horizon 2020, une flotte d’A400-M européens volent au profit de missions de l’Union sans qu’il n’y ait plus de distinctions nationales. Des appareils communs, des équipages communs pour travailler à des opérations communes. Ce rêve de la politique européenne de défense globalisée à l’extrême verra t-il le jour ? Difficile à dire car chacun souhaite préserver ses propres capacités militaires et son indépendance décisionnelle. En attendant, l’Allemagne, la France, les Pays-Bas et la Belgique ont lancé mercredi un nouveau commandement multinational, l’European Air Transport Command (EATC).
L’EATC, basé sur la base aérienne d’Eindhoven, dans le sud des Pays-Bas, répartira les disponibilités d’appareils de transport et de soutien aérien des quatre pays impliqués. Le Luxembourg et l’Espagne, qui sont également des clients de l’A400-M, seraient également intéressés. Les armées de l’air de ces pays confient une partie de leurs appareils à l’EATC qui devra ensuite les répartir en fonction des demandes des commandements opérationnels. L’objectif : réduire les coûts et optimiser les voyages en regroupant les besoins des différentes forces. (Lire la suite…)
L’escadron d’expérimentation 1/33 Adour de l’armée de l’air, qui regroupait les drones Harfang, est devenu hier l’escadron de drones Belfort. Un changement de nom qui montre aussi la volonté des armées d’installer durablement l’usage de ces engins dans son fonctionnement. Petit retour sur cette unité.
Les drones arrivent dans l’armée de l’air en 1996. Le futur 1/33 Adour passe alors par plusieurs noms avant d’adopter celui d’escadron d’expérimentation en 2002 où il s’installe sur la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan. Il travaille alors sur drone Hunter et effectue de premiers essais au dessus du Kosovo en 2001 et 2002.Les drones Harfang, actuellement utilisés par l’armée de l’air, arriveront à l’escadron d’expérimentation 1/33 en 2008. A la même époque, l’unité est basée à Cognac, à la base aérienne 709. Dés février 2009, un détachement de trois drones est envoyé en Afghanistan. Au cours d’un bilan en avril dernier, son commandant, le lieutenant-colonel Sébastien Mazoyer évoque 2000 heures de vol effectuées au profit de l’ISAF … par deux drone, le troisième ayant été rapatrié très rapidement suite à un incident de vol.
Le 1er septembre, cet escadron a cessé d’exister pour devenir le 1/33 Belfort. De cette manière, il intègre la brigade aérienne de l’aviation de chasse sous le commandement des forces aériennes. Il prend le relais de l’escadron de reconnaissance Belfort, dissout le 26 juin dernier sur la base aérienne 112 de Reims et qui opérait sur Mirage F1CR. Cet escadron avait été créé en 1945. (Lire la suite…)
L’État-major des armées vient de reconnaître officiellement que trois soldats français ont été blessés par un tir fratricide le 23 août en Afghanistan. Un incident « dramatique » dont la Défense décrit les tenants et les aboutissants dans un communiqué de presse.
Le 23 août, les médias évoquaient lors d’une succession d’accrochages au cours de l’opération Hermes Burrow la blessure de trois soldats français par un tir fratricide. Suite à une enquête, le tir de mortier qui les a touché et dont on ignorait s’il était le fait de leurs frères d’armes ou d’insurgés, aurait bien comme origine d’autres militaires français. Les trois hommes touchés avaient été aussitôt évacués vers Kaboul puis vers la France où ils ont été hospitalisés.
Le communiqué de presse précise que ce genre d’incidents est « un risque connu des forces armées en opération » et qu’il est pris en compte lors de la préparation opérationnelle des militaires. Des incidents qui sont toujours difficiles à admettre et qui concernent en général des tirs visant des soldats alliés. Des personnels de l’armée afghane sont ainsi régulièrement touchés par des soldats de l’OTAN pendant des opérations communes, souvent à cause de fautes de compréhensions entre les différents éléments déployés. (Lire la suite…)
La guerre qui a opposé l’Arménie et l’Azerbeidjan est supposée calmée depuis 1994. Elle continue pourtant depuis, à une moindre échelle et sans aucune visibilité médiatique. Hier, une attaque azeri sur un poste frontière arménien du Karabagh a coûté la vie de plusieurs soldats. Les responsables politiques ne s’émeuvent que pour la forme dans une région où la vie ne vaut plus très cher.
Hier, des soldats arméniens auraient ouvert le feu sur des positions azeris dans le Nagorny Karabagh. Ils auraient fait usage de mitrailleuses en fin d’après-midi et dans la nuit. Côté arménien, trois soldats ont été abattus. En face, deux hommes sont morts. Les deux partis se sont empressés de dénoncer une attaque orchestrée par l’adversaire.
Le Karabagh subit un état de siège depuis 1988. Cette région à majorité arménienne appartient alors à l’Azerbaïdjan. Le conflit commence par d’importantes manifestations d’Arméniens réclamant l’indépendance ou le rattachement à Erevan. Avec l’éclatement de l’URSS, les deux camps sombrent dans un conflit armé particulièrement meurtrié qui coûtera la vie à 30 000 personnes. D’importants déplacements de populations et des nettoyages éthniques marquent cette petite région du Caucase.
Le Haut-Karabagh a décrété son indépendance, non reconnue par la communauté internationale. Il dispose d’une force armée « nationale » estimée à 20 000 hommes environs, soutenue par l’Arménie. Des hommes à l’éducation et à la formation très moyenne qui en font des soldats instables et dangereux. Bakou, qui continue de réclamer la souveraineté sur cet enclave, profite de la protection de Moscou et de ses livraisons d’armements. (Lire la suite…)
La junte birmane a décidé de mettre en place des élections en novembre prochain. Pas question pour autant de céder le pouvoir à une éventuelle opposition, le régime bidouille pour s’assurer la victoire. Des réformes militaires ont commencé afin que les postes clefs soient préservés et que les principaux dirigeants puissent se maintenir à la tête de l’État.
Plusieurs modifications dans la structure militaire birmane ont été dévoilées à la presse par des sources officielles et anonymes. Ces réformes, les plus importantes depuis 1988, visent surtout à mettre à jour les responsables hiérarchiques à la tête de l’armée. Quelques 70 officiers supérieurs, âgés de plus de 60 ans pour la plupart, ont quitté l’institution avant les élections.
Plus que pour donner un coup de jeune, cette démarche vise à créer des chefs civils. Les militaires ne peuvent pas prétendre à des positions au sein du gouvernement. Ces hauts gradés de la junte birmane seront ainsi libre de viser les différents postes de ministres.
Le chef de la junte, le général Than Shwe, se prépare lui aussi à garder sa place de numéro 1. Lui et ses proches semblent cependant hésiter sur la manière d’aborder les élections. Une première rumeur avait filtré vendredi dernier, laissant croire que lui et ses deux principaux lieutenants, les généraux Maung Aye et Thura Shwe Man, avaient quitté l’armée. Démentie, les officiels ont expliqué que les dirigeants de la junte allaient attendre que les élections soient terminées pour quitter leurs postes et éventuellement prétendre à la présidence. (Lire la suite…)
L’Afghanistan fait couler beaucoup d’encre mais pas toujours efficacement. Loin des polémiques et des récits militaires, ce livre raconte l’Afghanistan d’aujourd’hui, en partant des origines d’une situation compliquée. Partagé en deux parties, il permet d’avoir à la fois une approche journalistique très factuelle et des reportages illustrant les réflexions et les analyses de l’auteure.
Ce livre est une réponse directe à mon article de la semaine dernière sur le manque de pédagogie des élus français sur le conflit afghan. Dominique Lagarde, journaliste à l’Express, offre dans cet ouvrage un résumé efficace, complet et accessible des enjeux de ce pays.
Elle reprend dans le détail mais de manière synthétique les événements qui ont mené l’Afghanistan à la situation dans laquelle il se trouve aujourd’hui : sa position dans le « Grand jeu » entre la Russie et l’empire britannique au 19ème siècle, l’invasion soviétique, la guerre civile et enfin les opérations de l’OTAN. Elle décrit également les liens entre les différents acteurs de l’insurrection, le rôle du Pakistan et les raisons pour lesquelles la situation a tellement dégénéré.
Tous ces points sont souvent évoqués dans des ouvrages et dans des articles de presse. Ils sont ici reliés entre eux et détaillés de manière abordable et pédagogique. Dominique Lagarde réussit en une bonne centaine de pages à dresser un résumé facile à lire sans omettre les points importants. Ce livre constitue ainsi une référence utile pour ceux qui ne maîtrisent pas pleinement la question afghane ou pour les étudiants qui préparent concours et examens sur le sujet. (Lire la suite…)