Les 5000 déserteurs irlandais de la seconde guerre mondiale bientôt pardonnés ? L’annonce d’une sénatrice a relancé le débat. L’armée nie pourtant toute imminence d’une telle mesure. La mémoire de ces soldats continue d’être sujet de débat. Ceux qui ont rejoint l’armée britannique, ancienne puissance colonialiste, pour combattre le régime nazi n’ont en effet jamais reçu la moindre reconnaissance officielle.
Les déserteurs irlandais de la seconde guerre mondiale qui ont rejoint l’armée britannique seront-ils pardonnés ? Pas si sûr. La sénatrice Mary Ann O’Brien a annoncé à la BBC avant mardi que le gouvernement était en train de travailler à une mesure pour le premier trimestre 2012. Les 5 000 soldats, 10% de l’armée irlandaise à l’époque, qui ont rejoint la Grande-Bretagne pour combattre le régime nazi ont en effet toujours le statut de déserteur. Une situation qui continue d’entraîner le débat sur l’île.
Le ministère de la Défense a pourtant contredit la parlementaire aujourd’hui. Si des discussions et des réflexions sont en cours, elles ne devraient pas aboutir à une décision « imminente ». Les Irlandais avaient un statut de neutralité pendant la guerre. Une partie de l’armée avait alors reproché aux politiques de soutenir le régime d’Adolf Hitler. Les rancunes envers Londres ont en effet amené une partie de la population à souhaiter une victoire de Berlin. Ceux qui voulaient combattre l’armée nazi ont donc rejoint leurs camarades de l’autre côté de la mer d’Irlande.
Ces hommes témoignent dans un documentaire diffusé aujourd’hui par la chaîne anglaise Channel 4 des mesures subies lorsqu’ils sont revenus. Blacklistés par le gouvernement, ils n’ont reçu ni pensions ni honneurs. Ils n’ont pu prétendre à des emplois dans le secteur publique. Un manque de reconnaissance qui entraîne toujours chez les survivants et les familles un sentiment d’injustice. (Lire la suite…)
Pour le premier Café Stratégique de l’année 2012, l’Alliance Géostratégique est heureuse d’accueillir Georges-Henri Bricet des Vallons autour du thème « Les sociétés militaires privées et la transformation du capitalisme de guerre américain », le 12 janvier prochain, de 19h à 21h.
Un sujet particulièrement d’actualité, alors que l’externalisation d’un grand nombre de fonctions de la défense auprès du secteur privé s’étend un peu partout ou que les contraintes budgétaires se font pressantes sur les armées, y compris chez l’Oncle Sam, qui a aussi officiellement retiré ses troupes d’Irak il y a quelques semaines. Les Etats-Unis voient ainsi fleurir les Private Military Companies (SMP en français), qui malgré de beaux échecs (particulièrement en Irak), vont connaître un élargissement de leurs débouchés (soutien, coercition…), dans un contexte de dépendance du secteur public vis-à-vis de ses contractors.
Georges-Henri Bricet des Vallons, chercheur-associé à l’Institut Choiseul, est notamment l’auteur d’Irak terre mercenaire : les armées privées remplacent les troupes américaines. Il a également écrit de nombreux articles sur le sujet, en particulier « Armées et sociétés militaires privées en Irak : de l’amalgame à la symbiose » dans le cadre du numéro 8 de la revue Sécurité Globale, consacré à la privatisation de la guerre.
Comme d’habitude, l’entrée sera libre au café Le Concorde, 239 boulevard Saint-Germain à Paris (métro Assemblée Nationale).
Venez nombreux !
Le ministre de la Défense israélien brandit une fois de plus le spectre du terrorisme dans le Golan. Alors que le contrôle de la situation échappe au régime syrien, en proie à une féroce crise, le territoire contesté pourrait redevenir foyer de tensions. Des armes commenceraient déjà à circuler hors de la Syrie par l’intermédiaire du Hezbollah libanais.
« Un débordement de violence dans le Golan et même le nord du pays. » Ehoud Barak craint que le conflit syrien ne déborde la frontière sur son ancienne province. Le ministre de la Défense israélien estime que Bachar El-Assad pourrait encourager une résurrection sur ce territoire contesté dés lors qu’il se « sentira perdu ». Ce sont en substance ses déclarations d’hier devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense.
Le ministre fait un lien direct entre l’Iran, la Syrie et le Hezbollah. Pour lui, ces pays musulmans réclamant la destruction de l’Etat d’Israël pourraient mettre en oeuvre des moyens non conventionnels pour déstabiliser le régime hébreu. La menace terroriste en fait partie. S’il voit dans la chute du régime syrien, qu’il cible pour dans « quelques semaines », un coup sérieux porté à cet axe, il y voit aussi un facteur de déstabilisation pour le Golan.
Ehoud Barak a profité de ces déclarations aux parlementaires et à la presse pour évoquer son inquiétude de voir des armes chimiques syriennes finir entre de mauvaises mains. L’armée syrienne pourrait disposer de gaz sarin, VX et moutarde. Des armes conventionnelles auraient déjà quitté le pays via les réseaux du Hezbollah. Des équipements plus destructeurs pourraient rapidement suivre, selon le ministre de la Défense qui a précisé que seul 60% de la population israélienne disposait de masques à gaz. (Lire la suite…)
La publication par un centre d’imagerie spatiale d’une superbe photo du Varyag est l’occasion de quelques constats sur le bâtiment chinois. Le porte-avions, entre deux campagnes d’essai, révèle quelques avancées intéressantes en terme de capacités. Une très grosse faille : il manque des brins d’arrêt. Une vraie évolution : la puissance a fortement grimpé et les premiers touchés de pont ont eu lieu.
C’est une image particulièrement nette du Varyag, le porte-avion chinois, qui a été réalisée par le centre d’imagerie spatiale américain Digital Globe Analysis Center (merci à l’équipe du député François Cornut Gentille de l’avoir remarquée). L’ancien bâtiment ukrainien, devenu fleuron de la flotte chinoise, vogue pour plusieurs campagnes d’essai en mer Jaune. Cette photographie est l’occasion de plusieurs constats.
Pékin devrait bientôt être capable de déployer une fore aéronavale. Au cours de cette seconde campagne d’essai de 13 jours qui s’est terminée le 11 décembre, plusieurs avions J-15 ont effectué des « touch and go » sans effectuer d’appontages complets. Un bon moyen d’entamer la formation des futurs pilotes. Les spécialistes estiment qu’il faudra environ six ans de plus pour terminer de développer les technologies manquantes et pour rendre la totalité des personnels opérationnels. Les médias chinois ont d’ores et déjà annoncé une troisième sortie à venir « prochainement ».
Lacune cruciale dans l’équipement du porte-avions : il ne dispose pas encore de brins d’arrêts. Les négociations un temps engagées avec les Russes semblent avoir tourné court. En effet, à Moscou, les multiples imitations technologiques continuent d’alimenter la grogne. C’est à présent avec l’Ukraine, que le dialogue serait noué. Le propriétaire originel du bâtiment pourrait en effet céder cette technologie à un prix astromonique. (Lire la suite…)
Quand un diplomate se reconvertir en scénariste de bande dessinée, ça donne les Chroniques diplomatiques du Quai d’Orsay. Une série en bande dessinée qui raconte les coulisses du ministère des Affaires étrangères. A peine camouflés, les personnages ouvrent ainsi sans le savoir leur intimité aux amateurs de cette littérature des plus exquises.
Il est grand, il est musclé, il a son caractère entre intransigeance et petites lubies. Ce super ministre des Affaires étrangères, ce pourrait être le Dominique de Villepin du début des années 2000 … si nous n’étions pas dans la bande dessinée Quai d’Orsay. Ici, il se nomme Alexandre Taillard de Vorms et doit lutter contre le projet des Etats-Unis d’envahir le royaume de Luzdem.
Dans ce second tome des Chroniques diplomatiques, le dessinateur Blain revient avec le scénariste Lanzac. Sous ce patronyme, c’est un ancien du Quai d’Orsay qui raconte les coulisses du ministère des Affaires étrangères. Entre concurrences de Cour et personnalités hautes en couleur, la diplomatie française se caractérise par son omniprésence sur la scène internationale.
L’auteur nous permet de plonger dans les arcanes de cet univers particulier. Il raconte aussi bien les négociations avec les grands de ce monde que l’humour misogine de nos chefs. Tout en pédagogie et en humour, il revient sur les événements qui ont amené Dominique de Villepin, pardon, Alexandre Taillard de Vorms à s’opposer aux Etats-Unis lors de l’invasion de l’Irak en 2003. (Lire la suite…)
Léon Kengo, 76 ans, a été agressé Gare du nord par une bande de jeunes. Cette victime pas comme les autres, président du Sénat congolais, se retrouve ainsi au coeur d’une querelle diplomatique entre Paris et Kinshasa. Malgré une visite d’ordre privé, les autorités en RDC dénoncent la responsabilité de la France qu’ils estiment d’ores et déjà responsable de l’incident.
« Nous estimons qu’il y a trop de complaisance envers ces groupes de malfaiteurs qui sont connus, qui sont fichés, mais qui sont laissés libres de leurs mouvements. » Ce commentaire, prononcé suite à une agression samedi à Gare du nord par un groupe de jeunes hommes, pourrait être d’une banalité presque récurrente en France. Sauf qu’il s’agit cette fois-ci d’un commentaire du porte-parole du gouvernement de République Démocratique du Congo, Lambert Mende.
La victime n’est pas n’importe qui. Léon Kengo wa Dondo est le président du Sénat congolais. Il a aussi été ces derniers mois, en tant que président du parti Union des Forces du Changement (UFC), l’un des concurrents pour la présidentielle finalement remportée par Joseph Kabila. Les agresseurs, des militants supposés soutenirs Etienne Tshisekedi, le principal opposant, auraient reproché à l’homme de 76 ans, tout en le rouant de coups, d’avoir nuit à la cohésion de l’opposition.
« Les combattants », comme ils se font appeler, sont des groupes qui prétendent s’opposer à la réélection du président Kabila. Suite à un scrutin contesté par une partie de la population, mais validé par la communauté internationale malgré de nombreuses irrégularités, ils ont imité leur candidat, Etienne Tshisekedi, dans son rejet du résultat. Quelques uns de ces groupes opèrent se sont violemment heurtés aux forces de l’ordre dans des manifestations organisées par la diaspora à Paris, Bruxelles ou encore Londres. (Lire la suite…)
Superbe affaire pour Boeing qui remet à niveau toute l’armée de l’air saoudienne. 84 nouveaux aéronefs, 70 modernisations et tout l’après-vente qui va bien. Les Saoudiens veulent bien soutenir Washington, mais il faut y mettre les moyens. Les tensions avec l’Iran accélèrent les jeux de déclarations dans le bras de fer qui continue d’agiter toute la région sur fond de pétrole et de nucléaire.
Le contrat est colossal pour l’Américain Boeing. 29,4 milliards de dollars, annonce le Département de la Défense. Tout ça pour 84 nouveau F-15 équipés de « la dernière génération d’équipements de bord, de radars, de technologies, de senseurs et de systèmes de combat électroniques » et la mise à niveau de 70 autres appareils de l’armée de l’air saoudienne. Le tout accompagné de la formation des pilotes, de la livraison des munitions, des pièces de rechange et de tout le service après vente.
James N. Miller, adjoint du secrétaire d’Etat à la Défense, déclarait hier dans une conférence de presse qu’une telle livraison assurerait la sérénité de la protection d’enjeux régionaux. « Les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite ont de forts intérêts mutuels en termes de sécurité et de stabilité dans le Golfe », explique t-il. Une manière de dire que les Saoudiens ont choisit leur camp.
Jouer la carte de l’Arabie Saoudite contre l’Iran semble être le plan américain pour mettre en péril le programme nucléaire iranien. Isoler Téhéran en continuant de faire pression via l’Arabie Saoudite n’est pourtant pas vraiment inédit. D’autant plus que les deux pays, aussi hostiles soient-ils l’un envers l’autre, sont mutuellement liés par leurs accords au sein de l’OPEP. (Lire la suite…)
Un insurgé vétu d’un uniforme de l’armée afghane a tué ce matin par balles deux légionnaires français.
Deux légionnaires français ont été tués par un insurgé ce matin en Kapisa. L’auteur de l’attaque portait un uniforme de l’Armée afghane. Ces deux sous-officiers appartenaient au 2ème Régiment étranger de génie (2ème REG) de Saint-Christol. Tous deux commandos de montagne, ils faisaient parti d’un détachement de liaison d’appui et de soutien composé de soldats français et afghans. Héliportés près du poste afghan de Jangali, ils ont été tués alors qu’ils terminaient d’aménager leur poste de combat.
L’information rapidement revendiquée par les Talibans qui évoquaient trois Français tués. Dans le communiqué de l’Elysée, il est simplement précisé que les deux soldats français ont été abattus par « un soldat afghan de l’ANA ». Il a été immédiatement abattu.
Malgré des incidents réguliers impliquant des Afghans vétus des uniformes de la police ou de l’armée, le ministère de la Défense renouvelle sa confiance envers les autorités locales. Dans le communiqué du ministre, Gérard Longuet estime que « cet incident isolé ne remet en aucun cas en cause le processus de transition initié visant à confier les responsabilités de sécurité de l’armée nationale afghane ». (Lire la suite…)
Les agressions sexuelles continuent de souiller l’image de l’armée américaine. Après une première série de révélations début décembre, ce sont les prestigieuses académies militaires qui sont montrées du doigt. Une explosion du nombre de plaintes laisse penser que seule la surface immergée de l’iceberg est visible en matière de violences sexuelles. Malgré une volonté de fermeté, l’administration devra composer avec une rude et omniprésente loi de l’omerta.
Il y a une quinzaine de jours, le Département de la Défense américain publiait un premier rapport dramatique sur les viols au sein des armées. 3158 sur l’année 2010 et près de 16 000 agressions sexuelles. Une nouvelle étude vient d’être publiée, consacrée cette fois à ce type de violences au sein des prestigieuses académies militaires. Entre 2011 et 2010, le nombre de plaintes est passé de 41 à 64 soit une augmentation de presque 50%.
Un problème dramatique que l’administration ne parvient pas à expliquer. « Le Département n’a pas les moyens d’identifier de manière concluante les raisons de cette augmentation des plaintes », admet le document publié mardi. L’une des explications possibles viendrait d’une levée progressive de l’omerta et d’un recours plus systématique à la plainte.
Reste que si l’administration se veut ferme et sans pitié sur ce type de dossiers, les enquêtes de la presse avaient donné de bien tristes résultats. Cette multitude de crimes resterait en général impuni. Les autorités et les responsables hiérarchiques continueraient de chercher des solutions arrangées pour éviter des procès humiliants. Les témoignages recueillis montrent que la justice militaire ne laisse guère de chances aux victimes : selon Al-Jazira, 8% donneraient lieu à des poursuites contre 40% dans le civil. (Lire la suite…)
Pour terminer sa vie, la Foudre renaît sous les couleurs de la marine chilienne. Le navire français, après 23 ans de bons et loyaux services, doit être remplacé par la nouvelle génération de Mistral qui rejoint progressivement la Marine nationale.
Il y a trois jours, est né le Sargento Aldea au sein de la marine chilienne. Enfin pas tout à fait puisque c’est en réalité la TCD Foudre qui a changé de nom. La Marine nationale a cédé son navire au Chili. Ce transport de chalands amphibie servait au sein des forces tricolores depuis 1988. Il a notamment été déployé au large de la Yougoslavie dans les années 1990, de la Côte d’Ivoire et du Liban.
Ce navire servait notamment de porte-hélicoptères. Largement utilisé dans la lutte contre la piraterie, aussi bien dans le Golfe de Guinée que dans l’océan Indien, il pouvait transporter quatre aéronefs. Des Pumas, des Gazelles ou des Cougar. Il permettait également de déployer quelques 470 hommes accompagnés d’une vingtaine de blindés. C’est la classe Mistral, les bâtiments de projection et de commandement (BPC) qui doit prendre le relais et notamment le BPC Dixmude, qui doit arriver courant 2012 au sein de la Marine nationale.
Au cours de sa dernière année d’activité en service, la Foudre a croisé au large de l’Afrique de l’ouest. Il a surtout servi à des exercices d’entraînement et de formation. Au mois de novembre, ce sont notamment des marins togolais qui ont suivi un stage à bord du navire français. (Lire la suite…)
Joyeux Noël de la part des Anonymous. Encore un coup d’éclat du collectif de hackers qui ponctionne un cabinet de renseignement privé de près d’un million de dollars pour le redistribuer à des ONG. Plus qu’une performance informatique, les robins des bois numériques mettent le doigt sur l’imprudence de l’agence.
Les clients de l’agence de renseignement et d’intelligence économique privée Stratfor se sont vus transformés en généreux donateurs contre leur gré. Un collectif de hacker a réussit à pirater les listings du prestigieux cabinet et à faire un don d’un peu plus d’un million de dollars à des associations. Pour compliquer le suivi des opérations, elles ont été multipliées et dispersées en petits montants. En tout, les 4000 comptes des clients de Stratfor ont été prélevés à hauteur de plusieurs virements de quelques centaines de dollars le jour du réveillon de Noël.
Plusieurs pirates se revendiquant du collectif Anonymous se sont dit à l’origine de la manoeuvre. Encore une fois, plus qu’un exploit informatique, c’est une imprudence flagrante qui a été mise en avant. L’agence de renseignement, malgré des clients stratégiques et un secteur d’activité à risque, n’a ni crypté ses données, ni mis en place des mots de passe dignes de ce nom.
Parmi les clients de Stratfor, des entreprises de renommée mondiale comme Total ou Boeing mais aussi des institutions comme l’armée américaine ou les Nations unies. Un particulier, expert en cybercriminalité à la retraite, s’est plaint de cinq virements pour une valeur totale de 700$. Les hostilités pourraient se poursuivre toute la semaine : « ce n’est pas aussi sujet à controverse que le contenu de leurs mails que nous dévoilerons plus tard », promet un communiqué. (Lire la suite…)
La sécurité européenne continue d’inspirer, en bien ou en moins bien, les penseurs, politiques, journalistes ou philosophes. Cette fois-ci, c’est un ancien de la machine, passé par quatre ans de sécurité européenne au sein du Secrétariat général aux affaires étrangères (SGAE). Et Nicolas Quillet est plutôt optimiste pour l’avenir de cette politique.
Comme tous ceux qui s’y sont collé, il ne peut que faire le bilan négatif de la situation. Face à l’explosion des problématiques liées au terrorisme et aux migrations illégales, les Européens peinent à travailler de concert. Les relations entre les services de police et de renseignement ont toujours plus de facilité à rentrer dans des échanges bilatéraux plutôt que globaux. D’autant plus que chacun continue de courtiser l’ami américain, exigeant sans jamais donner en retour. L’auteur revient d’ailleurs sur l’affaire « Swift » qui a vu Washington, trop gourmande en données personnelles, renvoyée face au mur par le Parlement européen.
Enthousiaste, Nicolas Quillet relève malgré tout de réelles avancées. Notamment en matière de justice et d’échanges policiers. Il voit dans la progression, toute lente qu’elle est, un signe encourageant pour l’avenir. Un signe que les Européens pourront probablement travailler ensemble aussi en matière d’immigration.
Cet optimisme est peut-être forcé par les exigences d’une réalité. Pour l’auteur, l’avenir sécuritaire est européen ou n’est pas. Au stade d’engagement que les membres ont atteint, ils ne peuvent plus faire marche arrière. Malgré les réticences, il faudra probablement continuer de raisonner les questions de sécurité, aussi bien intérieure qu’extérieure, en partenariat. (Lire la suite…)
La guerre des Malouines est oubliée dans la majorité des pays. En Grande-Bretagne et en Argentine, elle continue de hanter les esprits et le quotidien. En atteste l’interdiction décidée par le Mercosur de laisser entre dans ses ports des navires portant l’étendard de l’île britannique. A Londres, on s’insurge et on menace de brandir les armes.
Une simple affaire de pavillons. Les pays du Mercosur, l’alliance économique d’Amérique du Sud, composée du Paraguay, de l’Uruguay, du Brésil et de l’Argentine, ont décidé d’interdire l’accès à leurs ports aux navires battant les couleurs des Malouines. C’est en soutien à l’Argentine, qui continue de réclamer la suprématie de ce territoire, propriété du Royaume-Uni, que cette décision a été prise, le drapeau étant qualifié « d’illégal » par les autorités locales.
Déjà, en Grande-Bretagne, on s’insurge de cette provocation. Un ancien First Lord de la Royal Navy qui commandait un navire britannique au cours de la guerre des Malouines en 1982, lord Alan West, réclame l’envoi d’un sous-marin nucléaire d’attaque. Il accuse l’Argentine de faire preuve d’agressivité et de ne toujours pas vouloir faire la paix. Il encourage son pays à organiser dans la région, à quelques 300 kilomètres des côtes argentines, des exercices militaires.
Le motif est pourtant parfaitement symbolique. Seuls 25 petits navires de pêche naviguent sous le pavillon de la petite île. Ils seront les seuls touchés par cette mesure. Le président de la chambre de commerce locale s’insurge de l’absence de réaction de la communauté internationale : « Si nous étions la Palestine, s’emporte t-il, l’Union européenne serait outrée ». (Lire la suite…)
Un officier français tué en Afghanistan voit son nom donné à une place d’une municipalité alsacienne. A peine rentrés, les Diables Rouges du 152ème Régiment d’Infanterie de Colmar ont pu dire une dernière fois adieu à leur camarade, en communion avec des civils.
La petite ville alsacienne de Steinbach, en Alsace, rend hommage à un officier du « quinze-deux » tué en Afghanistan. Le capitaine (alors lieutenant) Camille Levrel a été tué le 14 aout par un tir insurgé, à proximité de Tagab. La commune du Haut Rhin aura désormais une place au nom du Français. La cérémonie a eu lieu en la présence de l’équipe municipale, de la 1ère compagnie du 152ème Régiment d’Infanterie de Colmar et de la famille du défunt.
Le chef de corps des Diables Rouges, le colonel Jeand’heur a témoigné de la violence des missions en Kapisa. « A chaque opération, on accrochait, témoigne t-il. Là, c’était un peu Stalingrad à Guadalnacal : une guérilla urbaine en pleine jungle. » L’officier tente malgré tout de positiver et décrit les progrès réalisé par les soldats afghans et les effets positifs des missions civilo-militaires.
Tous ont salué la démarche de la ville, jumelée au régiment d’infanterie de Colmar depuis 1995. L’Alsace garde une forte tradition de soutien aux militaires. Une commune de Bretagne, Carnel, a entrepris une démarche similaire en mémoire du second-maître Jonathan Lefort en novembre.
Les trafiquants ne sont pas les seuls amis des pays africains à la recherche d’armes bons marchés. D’autres sont volontaires à bon prix et dans la plus grande légalité. La Chine, l’Ukraine et la Russie ont assuré à elles seules 56% des fournitures d’armes légères et lourdes d’Afrique sub-saharienne. Le Sipri réclame plus de transparence dans ces transferts, craignant que ce commerce ne contribue aux crises régionales.
Les trafics d’armes sont un sujet récurrent en Afrique. Depuis la Libye, la communauté internationale s’inquiète de nouveau des flux d’armes qui circulent dans la région. Le Sipri (Stockholm International Peace Research Institute) a publié hier une nouvelle étude qui insiste elle … sur les ventes légales et officielles d’armes aux pays de la région.
Si une partie des pays produisant de l’armement tentent de faire un effort en terme d’éthique dans le domaine, d’autres ne s’embarrassent pas d’inutiles conventions. Entre 2006 et 2010, la Chine a fournit 25% des armes aux pays d’Afrique sub-saharienne, hors Afrique du Sud, suivie par l’Ukraine avec 20% et la Russie avec 11%. Des dizaines de milliers de fusils d’assaut et des stocks d’armes lourdes dont l’usage reste peu précis.
« Le manque de transparence [...] est un défi clé de la compréhension des motivations et de l’impact des achats d’armes dans cette région », analyse Pieter Wezeman, l’un des auteurs de l’étude. Les armes achetées par ces Etats, sans le moindre suivi de la part des vendeurs, peuvent en effet aussi bien être utilisées à des fins autoritaires que dans des commerces peu recommandables avec d’autres groupes de la région. (Lire la suite…)