Le New York Times revient sur la campagne aérienne de l’OTAN en Libye. Le bilan, présenté jusqu’ici comme exemplaire, est à présent mitigé avec des tirs ayant entraîné des pertes civiles. L’idée d’une enquête reste pour l’instant de côté. Ce triste constat montre cependant encore une fois avec quelle liberté l’Alliance a interprété la résolution 1973 qui la chargeait de protéger les populations civiles du régime de Kadhafi.
« Nous avons mené cette opération avec beaucoup de prudence, sans victimes civiles confirmées », assurait en novembre dernier Anders Fogh Rasmussen, le secrétaire général de l’OTAN. Peut-être pas tout à fait. Les équipes du New York Times ont enquêté directement sur place et ont découvert l’envers du décor. Tous les tirs n’ont pas été si parfaits et de nombreuses cibles civiles ont été touchées par les appareils de l’Alliance.
Les chiffres restent peu élevés. 40 tués avérés, peut être 70 ou un peu plus. Quelques douzaines de blessés. Pas grand chose, finalement, pour une campagne aérienne de cette ampleur. Sept mois de bombardements, 7700 bombes et missiles tirés pour quelques 5900 éléments des forces pro Kadhafi détruits.
Plus que sur le fait que des civils aient été tués dans ce conflit, la contre enquête insiste sur le fait que certaines erreurs auraient du être évitées. Au delà des victimes, ce sont aussi les infrastructures qui ont été grièvement touchés par les bombardements. Des bâtiments dont il était semble t-il évident de leur absence de rôle militaire. Des hangars de nourriture, des maisons dans le village de Majer, la demeure d’un médecin à proximité d’un hôpital. (Lire la suite…)
300 photos. Des chasseurs alpins. Des Afghans. La guerre. La solitude. Dans une atmosphère de terre et d’étuis de munitions, Jean-Christophe témoigne au travers d’un magnifique reportage photo de ce qu’est la Kapisa. Un travail précieux, fruit de 50 jours d’un investissement humain et professionnel devenu rare.
Le photographe Jean-Christophe Hanché a passé 50 jours avec le battle group Raptor en début d’année. Un séjour intense qu’il raconte avec un bien bel objet baptisé Kapisa. Les combats, les Afghans, les soldats du 7ème Bataillon de chasseurs alpins, les blessures, l’attente. Les clichés rendent avec beaucoup de sensibilité le quotidien des hommes déployés dans ce lointain pays.
Sobrement accompagnées par de courts textes très personnels, les 240 photos réunies dans cet ouvrage sont d’une très grande qualité. Au delà de la beauté de l’image, c’est le récit qu’elles font une fois alignées qui valorise ce document. L’auteur photographe a voulu trouvé dans ce voyage la compréhension sur ce qu’est l’Afghanistan pour les militaires français. Une recherche de la vérité qui restera sans réponse.
Il devient rare de voir des reporters s’immerger aussi longtemps aux côtés des hommes déployés en Afghanistan. Alors que la plupart des journalistes se contentent d’un passage éclair, Jean-Christophe Hanché aura passé un tiers de mandat avec les alpins du 7ème. Seul moyen d’apercevoir le réel, ce courageux investissement aura donné naissance à ce superbe témoignage, résumé de quelques 24 000 photographies réalisées. (Lire la suite…)
Plus d’une dizaine de morts ce mois-ci en Côte d’Ivoire. Le pays des éléphants est toujours ravagé par les violences. Les rancunes politiques, loin d’être effacées, entretiennent un climat nauséabond. Ce week-end, militaires et habitants de Vavoua se sont affrontés, laissant six jeunes sans vie. La raison de ces combats ? Une tentative de dispersion de bande, expliquent les uns, une querelle amoureuse, expliquent les autres.
Une querelle entre des soldats des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) et de jeunes Ivoiriens a dégénéré samedi. Suite à une échauffourée tard dans la nuit, les militaires ont mortellement blessé un jeune homme, décédé par la suite. L’incident a entraîné une violente manifestation dimanche au cours de laquelle les habitants de Vavoua ont marché sur le camp des FRCI le plus proche. Dans la panique, les soldats ont ouvert le feu sur la foule, tuant cinq personnes. Ils évoquent des manifestants armés de gourdins et d’armes à feu.
L’armée a reconnu une perte de contrôle. Dans un communiqué de son chef d’Etat-major, le général Soumaïla Bakayoko regrette que « face à l’avancée des manifestants, certains éléments des FRCI, perdant leur contrôle, ont blessé mortellement cinq » personnes. Un soldat aurait également été blessé et évacué par les forces de l’ONU. Pour calmer la situation, notables locaux, casques bleus et autres personnalités ont du intervenir.
La bagarre originale serait issue d’une tentative de dispersion du groupe de jeunes qui aurait dégénéré. La région de Vavoua serait en proie à des vols et des agressions, raison pour laquelle les FRCI ont reçu l’ordre de disperser les attroupements suspects, en particulier la nuit. Des habitants évoquent eux un vulgaire assassinat et ont déclaré à plusieurs journalistes que la cause de la rixe est une histoire de femme. L’Etat-major de l’armée de terre a promis qu’une enquête était en cours, sous la responsabilité de la gendarmerie. (Lire la suite…)
Boycott des élections belges, instauration d’un tribunal islamique à Anvers, propagande et prèche … les membres de Sharia4Belgium continuent de faire parler d’eux dans le petit royaume voisin. Ils réclament cette fois l’abolition du tourisme et la destruction de l’Atomium de Bruxelles, monument à la gloire de la physique moderne.
Une dizaine de radicaux réunis devant l’Atomium de Bruxelles réclament la mise à bas de ce symbole « mécréant« . L’orateur, filmé par ses camarades, Abu Imran explique au cours d’un prêche que le tourisme et l’adoration d’objets comme le drapeau belge ou cet objet d’art contemporain sont contraires aux croyances musulmanes. Cette poignée d’islamistes, regroupés sous l’étendard de Sharia4Belgium, revendiquent un islam rigoriste et universel qui doit permettre de libérer les Belges.
Sharia4Belgium est surtout connu pour ses manifestations et ses déclarations provocatrices dans les rues de Belgique. Malgré les menaces de destruction du monument, ces Belges ne devraient pas reproduire l’exemple des Talibans avec les Bouddha de Bamiyan avant un moment. Reste qu’un certain nombre d’entre eux se sont fait remarqués par les forces de sécurité et les médias pour des dérives diverses, allant de la perturbation de débat public à la détention illégale d’armes de guerre.
Ce groupe d’activistes défend entre autre le djihad dans certains pays musulmans et réclame l’application de la charia dans les pays occidentaux, notamment européens. Proche d’autres groupuscules similaires comme Forsane Alizza en France ou Sharia4UK en Grande-Bretagne, l’organisation échange et soutien ses voisins aussi souvent que possible. Leurs membres se déplacent parfois en France pour des manifestations d’envergure. (Lire la suite…)
La mort de 24 soldats pakistanais à la frontière afghane le 26 novembre dernier, du fait d’un tir d’hélicoptère américain, n’est toujours pas digérée. Islamabad réclame des mesures fermes de la part de l’OTAN et souhaiterait apposer son empreinte dans les conditions d’engagement. Pour faire pression, les autorités pakistanaises envisagent de mettre en place une taxe sur les camions de ravitaillement passant la frontière, faisant exploser le budget logistique de la coalition.
Depuis le drame du 26 novembre dernier, les relations entre le Pakistan et les Etats-Unis sont tendues. A Islamabad, on réclame la renégociation des conditions d’engagement américaines afin de restaurer la « confiance ». Pas question pour Washington de laisser le turbulent partenaire de la région stratégique « Afpak » décider des règlements de l’ISAF. D’autant plus que ces derniers sont déjà particulièrement complexes à gérer au quotidien pour les hommes et femmes engagés contre l’insurrection afghane.
Reste que le Pakistan a un atout dans sa manche : la maîtrise des voies logistiques américaines vers l’Afghanistan. Deux axes majeurs qui sont quotidiennement parcourus par des dizaines, voir des centaines de camions de ravitaillement. Depuis mercredi, nous savons qu’Islamabad est en train de réfléchir à de nouvelles taxes sur le fret transitant par cette frontière. Un impôt sur l’ISAF, ou comment planter une épine dans le pied de la coalition.
Selon les informations qui circulent pour l’instant dans la presse anglo-saxonne, cette taxe pourrait s’élever à 1500$ par camion. Une augmentation du budget opérationnel colossale. D’autant plus que l’OTAN ne paie rien pour ce transit depuis plus de dix ans de combats en Afghanistan. Un officiel, cité par The Guardian, estimait ainsi mercredi que « l’OTAN utilise nos infrastructures routières gratuitement, sans que nous sachions ce que nous obtenons en retour« . (Lire la suite…)
Avec la multiplication des conflits asymétriques, presque devenus le coeur de métiers des armées occidentales, les explosifs improvisés sont devenus une menace quotidienne. Les marines modernes s’inquiètent de leur possible déclinaison sur les mers et océans. Une pratique que certains groupes terroristes commencent déjà à explorer.
Dans son bulletin mensuel, le Centre d’enseignement supérieur de la Marine (CESM), les marins s’interrogent sur le rôle des mines au XXIème siècle. En évoquant cet armement souvent oublié, ils mettent le doigt sur une menace intéressante : les engins explosifs improvisés maritimes (EEIM). Directement inspirés de leurs équivalents terrestres, devenus le quotidien des armées occidentales en Irak ou en Afghanistan, ces bombes bon marché et de factures aléatoires pourraient rapidement revenir sur le devant de la scène tactique maritime.
C’est d’ailleurs en Libye que nous avons vu revenir cette menace de manière évidente. Il aura suffit d’une simple embarcation, bourrée d’explosifs, malencontreusement oubliée dans le port de Zreig, pour remettre en question tout le dispositif maritime de l’OTAN. Les navires français ont tout au long du printemps veillé sur les différents ports de ce théâtre. Les forces de Kadhafi ont en effet tenté à plusieurs reprises de les miner, de manière plus ou moins artisanale. Résultat : un « renforcement des capacités contre les mines » a du être mis en place, explique le bulletin du CESM.
Plus que pour tuer, ce type de démarches vise surtout à ralentir les manœuvres de l’adversaire. C’est exactement la même chose en Afghanistan : déployer des cocotes minutes explosives le long des routes, même si elles causent régulièrement des pertes aux forces internationales, ne sert pas à tuer. Cette stratégie permet par contre d’obliger l’ISAF à déployer d’importants moyens de déminages et de ralentir la totalité des déplacements de convois. Si l’utilisation d’EEIM venait à se banaliser, les marines modernes seraient systématiquement amenées à mettre en avant d’importants moyens humains et matériels pour neutraliser la menace. Ou comment enliser en toute simplicité un déploiement naval. (Lire la suite…)
Des milices. Des supplétifs indispensables et précieux. ONG et ISAF ne semblent pas tout à fait d’accord sur les qualités de la Police locale afghane. Ce programme lancé à l’été 2010 a permis d’équiper quelques 10 000 hommes pour assurer la sécurité à un niveau local. Des hommes qui se seraient rendus responsables de nombreuses dérives et dont le nombre pourrait exploser au cours des prochaines années.
La Police locale afghane (ALP) est une expérience lancée par le général David Petraeus depuis juillet 2010. 10 000 hommes, des villageois, formés et équipés pour défendre eux-même leurs villages et leurs familles contre les insurgés. Ce programme prévu initialement pour durer cinq ans devrait finalement être rallongé et amplifié. Dans les faits, ces combattants ont tout de simples miliciens : tenues disparates et kalachnikov à l’épaule.
Plusieurs haut-responsables de l’ISAF ont pourtant déjà commencé à laisser entendre, sous couvert d’anonymat, que « le programme devrait être étendu et prolongé ». Actuellement mis en place dans le nord du pays et dans quelques provinces du sud, il pourrait à être appliqué à tout l’Afghanistan. Les effectifs doivent être triplés pour atteindre les 30 000 hommes. « Le programme contribue largement à la sécurité », explique t-on au sein de l’OTAN.
Ce n’est pourtant pas ce que raconte l’ONG Human Rights Watch (HWR) qui a publié un long rapport de 102 pages sur ces « milices ». Des témoignages d’Afghans, de travailleurs étrangers, de responsables diplomatiques, militaires ou encore de journalistes. Les policiers locaux afghans se montreraient particulièrement indisciplinés et multiplieraient les dérapages. Assassinats, arrestations arbitraires, appropriations de terres, viols et autres brimades. Les plaignants ne parviennent pas à obtenir justice lorsqu’ils s’opposent à ces autorités locales. (Lire la suite…)
Les Australiens pourraient quitter l’Afghanistan plus vite que prévu. Des sources du Département de la Défense ont laissé entendre que les politiques souhaitent accélérer la manoeuvre. La majorité des hommes déployés dans le sud devraient partir l’année prochaine, réduisant ainsi le contingent de moitié. Reste à savoir comment l’ISAF pourra assurer la continuité des opérations jusque fin 2014.
Un an. C’est l’accélération prévue pour le départ des soldats australiens du théâtre afghan. L’information, pour l’instant non confirmée par le Département de la Défense, a fuité dans les journaux de l’île. Initialement prévu à l’horizon 2014, en suivant le calendrier américain, le retrait pourrait finalement être achevé pour la fin 2013. Une première moitié des 1550 hommes actuellement déployés devrait même être partie au cours de l’année prochaine.
Les Australiens sont particulièrement présent en Oruzgan, une province du sud de l’Afghanistan. Ils y comptent 900 soldats, presque intégralement dédiés à des opérations de mentoring, aux côtés de l’armée afghane. En octobre dernier, trois militaires étaient tués. Le Premier ministre Julia Gillard avait alors assuré encore une fois que le détachement australien serait maintenu afin d’encourager les progrès réalisés sur ce théâtre.
Un départ anticipé des Australiens pose une sérieuse question de sécurité pour les travailleurs du secteur de Tirin Kot. Ils dépendent en effet de ce contingent. L’une des sources anonymes à l’origine des fuites évoque une « précipitation politique » qu’il qualifie « d’innaceptable« . (Lire la suite…)
La crise ivoirienne est un véritable sac de noeuds. Pas toujours évident à appréhender, il nécessite de nombreux éléments, tant historiques que politiques, pour en cerner les enjeux. Thomas Hofnung offre ici un intéressant résumé de la récente et trouble histoire de la Côte d’Ivoire.
La Côte d’Ivoire a été marquée ces derniers mois par une importante crise. Une élection ratée s’est rapidement transformée en guerre civile dans laquelle la France a été finalement obligée de s’impliquer. Entre les deux présidents, toute une population était partagée entre terreur et rancunes violentes. Si ce conflit s’est terminé par l’arrestation de Laurent Gbagbo, le président sortant, il n’en laisse pas moins les germes de la violence dans un pays abîmé par une histoire difficile.
Thomas Hofnung, journaliste à Libération, a couvert cette crise ivoirienne. Il en a également couvert plusieurs prémices depuis 2002. Il décide dans ce livre de détailler le processus et les dérives qui ont amené les Ivoiriens à cette situation de violence omniprésente. Le pouvoir, enjeu contesté depuis l’indépendance, est au coeur des tensions entre les grands hommes de ce pays. Pour l’auteur, la crise ivoirienne ne commence pas avec les élections de 2010 mais avec l’arrivée du premier président, le « Vieux », Félix Houphouët-Boigny.
Si le premier chef d’Etat ivoirien a construit son pouvoir dans le giron français, ses successeur, de Gueï à Gbagbo, l’ont tiré du combat. Une lutte militaire, politique, armée de mots et d’armes pour semer le trouble au sein d’une population qui peine à trouver son unité. Une situation qui n’est pas toujours facile à appréhender pour les non avertis de ce petit d’Afrique aux intérêts pourtant bien stratégiques. Thomas Hofnung parvient ici à résumer, simplifier et synthétiser ce récit pour le rendre parfaitement abordable. (Lire la suite…)
Cinq soldats français de la Finul ont été touché par l’explosion d’une bombe dans le sud du Liban aujourd’hui. Cachée sur le bord de la route, elle a soufflé le véhicule, blessant deux civils au passage. Le niveau de menace sur ce théâtre est monté d’un cran depuis quelques mois, la diplomatie française restant prudente sur ce dossier rendu plus délicat par l’engagement face à la Syrie.
Cinq casques bleus français ont été blessés aujourd’hui par une explosion sur la route de Tyr, au Liban. Une bombe, camouflée sous terre sur le bord de la route, a explosé au passage de leur véhicule tout terrain. La violence de l’explosion a creusé un cratère profond d’un mètre. Les casques bleus circulent régulièrement en véhicules légers et restent vulnérables à ce type d’attaques.
Deux des soldats blessés ont été évacués vers l’hôpital. L’un d’entre eux est dans un état grave. Les trois autres, dont une femme, se tenaient debout au moment où les renforts sont arrivés. Visages ensanglantés et bandés, ils souffraient surtout, pour quatre d’entre eux, de traumatismes sonores. Les médias libanais rapportent également que deux civils ont été blessés par l’explosion.
Ces derniers mois, les agences de sécurité locales s’inquiétaient d’une augmentation du niveau de menace visant la Finul. La mission des Nations unies, alignant quelques 12 000 hommes dont près de 1300 Français, continue de faire tampon dans le sud Liban avec Israël. Plusieurs attaques ont visé des soldats de la paix. Fin juillet, une explosion avait déjà touché un blindé français au passage d’un convoi de trois véhicules. Six soldats tricolores avaient alors été blessés. Un communiqué de la Finul évoque deux autres attaques le mois dernier. L’activité diplomatique française à l’égard de la Syrie n’est pas pour rien dans cette situation. (Lire la suite…)
14 000 habitants du Var avaient un joli projet : construire des éoliennes pour générer énergie propre et profit. Un joli projet qui fait presque l’unanimité. Le ministère de la Défense est le seul à bloquer : la construction doit se faire sur un terrain d’entraînement pour les pilotes d’hélicoptères.
C’est un joli projet que souhaite développer la Communauté de communes Provence d’Argens en Verdon et la Compagnie nationale du Rhône. La construction d’un parc de 14 éoliennes sur le plateau des Pallières, dans le Var, permettrait la production de quelques 85gigawattheures. Une production suffisante pour alimenter 35 000 personnes et générer un revenu de 800 000 euros de recettes. Un projet écologique et rentable qui a déja été validé par tous les organismes d’Etat.
Tous sauf un : le ministère de la Défense a déposé son veto. Le champs d’éoliennes de 70 hectares s’étend en effet sur une zone militaire de 250 000 hectares sur laquelle sont formés les pilotes d’hélicoptères des trois armées et de la gendarmerie. Pas question d’y installer des pylônes d’une hauteur de quelques 125 mètres. Les soldats suivant un cursus à l’Ecole d’application de l’Aviation légère de l’armée de terre du Luc s’entraînent tous les jours sur ce site.
Incompréhension chez les locaux qui ne voient pas pourquoi les militaires ne pourraient pas céder les 0,03% à un projet d’utilité publique. Les responsables politiques font profil bas sur ce dossier. Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l’Ecologie, a ainsi admis que le ministère de la Défense avait « toute la légitimité pour faire valoir ses arguments ». Mais où est passé Nicolas Hulot ?! (Lire la suite…)
Magie des calendriers : mardi, Pékin avertit de sa fermeté à défendre sa sécurité; mercredi, Pékin rencontre les Américains pour éviter les malentendus. La Chine visualise sa propre sécurité dans un contexte de plus en plus régionalisé. Protéger ses frontières relève à présent d’intérêts dispersés sur l’ensemble de l’Asie. Hu Jintao le sait et n’hésite pas à mettre la pression à Washington qui, malgré le maintien de sa suprématie militaire sur les mers, souhaite à tout prix éviter un conflit avec le géant asiatique.
La marine chinoise doit « accélérer résolument sa modernisation » et « mener des préparatifs intensifs pour le combat militaire« , a déclaré mardi le président Hu Jintao. Devant les délégués de l’Armée populaire de Chine (APL), il a réclamé la mise en oeuvre de tout le nécessaire pour poursuivre la modernisation des troupes et des armements. Les hommes doivent s’entraîner plus à la guerre afin d’apporter plus de contribution à la « sauvegarde de la sécurité nationale et de la paix mondiale« .
Si le chef d’Etat harangue ainsi c’est troupes, ce n’est pas que pour amuser les foules. Le calendrier tombe plutôt bien : mardi, on montre sa fermeté. Mercredi, on rencontre le vilain collègue américain. Washington apparaît en effet de plus en plus comme un empêcheur de tourner en rond dans la région. Ventes d’armes à Taïwan, exercices maritimes avec la Corée du Sud, déploiement de troupes en Australie, proximité stratégique avec l’Inde, omniprésence en Afghanistan. La Chine se sent encerclée et en montrant sa fermeté, elle rappelle surtout que les Etats-Unis apparaissent de plus en plus comme une menace sérieuse pour la sécurité nationale.
Car dans la doctrine militaire chinoise, sécurité nationale et régionale sont intimement liées. En Asie, le meilleur des remparts pour protéger les frontières chinoises, reste la mise en place d’une marine solide. Pékin le sait et continue de déployer un large réseau de ports et de structures militaires sur les mers et océans de cette partie du monde, le fameux « collier de perles ». L’armée de terre, largement déployée le long de la frontière sud et de la côte est, devient de plus en plus un outil qu’il faut pouvoir déployer en dehors des frontières. Ou quand la défense nationale se défend à l’extérieur, une vision très occidentale. (Lire la suite…)
La DGSE recrute. Si les réformes budgétaires qui frappent le ministère de la Défense inquiètent au plus haut point, certains services devraient largement y échapper. Ainsi, le renseignement extérieur, avec une augmentation de ses crédits de près de 10%, devrait poursuivre sa politique de recrutement au cours des prochaines années. A décrocher : pas loin de 700 postes.
Si la loi de finance 2012 impose des coupes budgétaires salées au ministère de la Défense, certains services s’en sortent mieux que d’autre. Ainsi, la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) bénéficiera elle d’une augmentation de ses crédits. 9,11% de plus, pour atteindre 592,8 millions d’euros de fonds spéciaux pour l’année prochaine. Une tendance qui se confirme puisqu’elle était déjà visible en 2011 avec une augmentation de +14% par rapport à 2010.
Alors que le ministère de la Défense va devoir réduire ses effectifs de 54 000 personnes, civils et militaires, sur les exercices fiscaux 2009 à 2014, la DGSE va elle effectuer quelques 690 recrutements. Ils devraient être 130 nouveaux agents l’année prochaine, nous explique l’Agence France Presse.
Les profils les plus recherchés sont ceux de techniciens spécialisés. Des linguistes d’une part, tant pour effectuer un travail de veille documentaire que de traduction. Des ingénieurs télécom d’autre part, au sens très large du terme. La DGSE manifeste depuis quelques années d’importants besoin dans tout ce qui touche aux écoutes téléphoniques, à la sécurité informatique ou encore au cryptage. (Lire la suite…)
La situation est tendue en République Démocratique du Congo. Les discours commencent à se faire plus durs et l’agressivité générale à augmenter. Alors que les premiers réfugiés fuient le pays, les uns et les autres cherchent les responsables à montrer du doigt. Bandes armées, observateurs occidentaux, président sortant, opposants … personne ne sait vraiment à qui la faute de ce difficile scrutin qui risque de dégénérer d’un jour à l’autre en un conflit plus grave.
Après une longue semaine de vote et de récupération des bulletins, les premiers résultats de l’élection présidentielle congolaise commencent à tomber. Joseph Kabila, le président sortant, serait en tête avec 46%. Derrière lui, l’opposant historique Etienne Tshisekedi obtiendrait 36%. Tout au long du scrutin, des violences ont été signalé dans la totalité du pays. Les différentes bandes armées qui ravagent toujours la République Démocratique du Congo (RDC) ont tenté de prendre le contrôle et d’imposer leur loi dans les bureaux de votes situés sur leurs territoires.
Alors que les résultats approchent, les affidés des deux camps se font de plus en plus véhéments. Kinshasa, la capitale, illustre parfaitement cette situation. Plusieurs milliers de personnes auraient déjà fui le fleuve Congo vers Brazzaville, frère voisin pourtant mal-aimé. Dans la ville, les bandes de jeunes, particulièrement craintes, auraient été recrutées par les différents camps afin d’impressionner manifestants et insatisfaits potentiels.
Plus grave, parmi les 18 personnes tuées cette semaine selon l’ONG Human Rights Watch, la majorité l’ont été par balle, victimes de la Garde Républicaine. Plusieurs centaines de civils ont été également blessés dans les mêmes circonstances. Le président Kabila a d’ores et déjà avertit : si la tension ne redescend pas, il déploiera l’armée en plus de la police. Des soldats auraient pourtant déjà été aperçus, ouvrant le feu lors des manifestations, toujours selon les témoignages recueillis par HRW. (Lire la suite…)
Le terme « zone grise » est devenu un leitmotiv récurrent lorsque l’on évoque les questions de défense ou de sécurité. L’expression est pourtant loin d’avoir été clairement définie et regroupe une multitude de réalités dont on peut se demander si elles ont des points communs, tant dans leurs origines que dans les raisons d’un échec à les reconquérir.
Quel est le point commun entre Gaza et la Seine Saint Denis ? Entre la Somalie et la mer de Chine ? Des zones grises. Le qualificatif est presque devenu banal, aussi bien dans les médias, que dans la recherche ou aux tables de discussion de nos responsables politiques. Mais de quoi s’agit-il exactement ? La zone grise se caractérise par la perte d’accès de l’Etat, des services publics, à l’intérieur d’une zone, quelle que soit sa taille ou sa géographie.
Gaïdz Minassian se penche alors sur les différents processus qui donnent naissance à ces zones grises. Erreurs politiques, conséquences historiques, influences de réseaux armés ou criminels, les raisons de la naissance de ce type de zones sont multiples. Cette probabilité participe certainement à la difficulté dans la recherche de solutions efficaces. Les Etats se sont pour l’instant concentrés sur diverses formes de répression agrémentées de politiques de développement social. Peine perdue dans de nombreux cas où ces tentatives ne répondent malheureusement pas aux racines du mal.
Il ne faut pas perdre de vue que dans la majorité des cas, il existe une forte volonté à l’intérieur de ces zones grises, de mettre en échec les politiques publiques. Les groupes plus ou moins organisés, des Etats parfois, qui organisent le chaos, bénéficient d’une quiétude absolue dans ces secteurs. Des situations face auxquelles les forces de sécurité ne font que limiter les dégâts de manière éphémère. Que ce soit dans les villages gris de nos banlieues, où la police échoue systématiquement malgré des déploiements quasi-militaires; ou dans les favelas brésiliennes où les forces paramilitaires avancent systématiquement sous le couvert de blindés et de dispositifs dignes des plus grands conflits … les individus armés prospèrent et parviennent systématiquement à se réorganiser. (Lire la suite…)