Afrique, France, Marine nationale »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 24 oct 2011 à 19:18 | Aucun commentaire]

La Marine nationale a ouvert le feu sur le territoire somalien, assurent les autorités militaires kényanes. Absolument pas, assure t-on à Paris, la seule aide se résumant à un soutien logistique léger. La situation dans ce pays est en pleine évolution : contrôle repris sur la capitale, invasion kényane dans le sud, menaces d’intervention de Washington. Les Occidentaux continuent de garder l’oeil sur ce qui fut 18 ans plus tôt un véritable guêpier.

Paris assure qu'aucun navire d'Atalante n'a ouvert le feu sur le sol somalien.

« Aucune force française n’est engagée en Somalie », a assuré l’Etat-major des armées par la voix de son porte-parole, le colonel Thierry Buckard. Les navires de la Marine nationale déployées au large des côtes somaliennes pour lutter contre la piraterie ne sont donc pas intervenues. Une autre source militaire a admis une seule forme d’aide, logistique, sous la forme d’un Transall effectuant des rotations entre Nairobi et Wajir, base militaire proche de la frontière somalienne. L’appareil transporte des matériels kényans.

C’est pourtant bien un officier kényan qui a déclaré à l’agence Associated Press que des bâtiments français avaient tiré dés samedi sur Kuday, bastion des islamistes somaliens Al-Shabaab. Une information immédiatement relayée par la presse locale, des médias iraniens allant jusqu’à évoquer 14 morts dans le tir en question. Les troupes kényanes, déployées dans le sud de la Somalie depuis une semaine, font face à des difficultés logistiques et climatiques compliquant leur chasse aux terroristes. Alors qu’une attaque à la grenade dans une discothèque de Nairobi, a fait plusieurs blessés cette nuit, le dispositif de sécurité est en train d’être renforcé dans la capitale kényane.

Alors que les Shabaabs commencent à être repoussés de Mogadiscio par les autorités somaliennes aidées par l’Union africaine (Amisom), des raids ont été menés dans le nord du Kenya. Si les islamistes nient être liés aux quatre récents enlèvements d’occidentales, ils menacent de « guerre totale » en représailles des « incursions de certains pays qui participent à l’invasion chrétienne de la Somalie », déclarait dans un message l’un de leurs chefs, Mohamed Abdi Godane. Un casse-tête pour les autorités kényanes qui ont commencé à contrôler des personnes « de type somalien » dans leur capitale alors que de nombreux réfugiés continuent de vivre dans le nord du pays. (Lire la suite…)

Afrique, France »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 20 oct 2011 à 21:24 | 2 commentaires]

Les nouvelles se sont succédées toute la journée mais ont finalement été confirmées : le leadeur libyen Mouammar Kadhafi a été tué. Les versions divergent et celle du ministre de la Défense français est pour le moins intéressante : des avions tricolores auraient été impliqué dans la neutralisation du vieux dictateur en fuite. Gérard Longuet s’est rapidement rétracté, refusant que les forces françaises soient impliquées dans cet épilogue expéditif.

Les blessures du "guide suprême" seraient-elles en partie dues aux bombes françaises ?

Gérard Longuet a donné lors d’une conférence de presse en fin de journée les derniers éléments français concernant la neutralisation d Mouammar Kadhafi. Une colonne de 80 véhicules tout-terrain auraient tenté en début de matinée une sortie en force de la ville de Syrte, assiégée par les troupes du Conseil national de transition (CNT) depuis deux mois. Des avions français auraient ouvert le feu sur la colonne, stoppant ou du mois, ralentissant sa progression.

Le ministre de la Défense a pourtant corrigé son discours plus tard sur France 2, estimant qu’un seul avion avait participé à cette opération, sans détruire de véhicules. Les Mirage français auraient simplement ralenti la manoeuvre tandis que des combattants au sol auraient pris les derniers fidèles du dictateur à parti. Ces derniers auraient détruit plusieurs véhicules avant de mettre la main sur l’ennemi suprême.

Ensuite, c’est le grand mystère. Des images diffusées sur certaines chaînes de télévision montrent le dictateur vivant lorsque les anciens rebelles lui mettent la main dessus. Blessé au visage, il aurait tenté de se cacher dans des canalisations. Les journalistes présents sur place ont évoqué de nombreux corps de soldats autour du lieu de la dernière bataille. Mouammar Kadhafi est finalement mort, sans que l’on sache s’il a été exécuté ou s’il est mort des suites de ses blessures. Embarqué sans douceur par de nombreux combattants exaltés et touché à la tête et aux deux jambes, le guide suprême déchu de 69 ans a pu ne pas encaisser cette épreuve. (Lire la suite…)

Afghanistan, France »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 19 oct 2011 à 17:25 | Aucun commentaire]

Un premier détachement de 200 soldats français quitte l’Afghanistan aujourd’hui. Les légionnaires du 2ème Régiment étranger parachutiste de Calvi vont laisser la base de Tora un peu plus vide. C’est le début du retrait militaire de ce théâtre d’opération où les forces de sécurité afghanes doivent prendre le relais.

Le désengagement implique un lourd processus logistique afin d'évacuer les matériels utilisés.

Une première compagnie de combat quitte la base opérationnelle avancée de Tora. 194 hommes appartenant principalement au 2ème REP mais aussi au 35ème Régiment d’Artillerie parachutiste de Tarbes et au 17ème Régiment de Génie parachutiste de Montauban vont prendre la direction de Chypre pour quelques jours de décompression avant un retour définitif en France.

Les soldats de l’Armée nationale afghane (ANA) vont progressivement prendre le relais pour assurer la sécurité dans le district de Surobi. 1000 d’entre eux occupent déjà la FOB Tora et une série de postes avancés dans les vallées de Naghlu et d’Uzbeen. C’est dans cette dernière que la compagnie sur le départ a mené au début du mois une dernière opération en appui des militaires afghans. Une fois ce contingent parti, il ne restera plus que 450 soldats français en Surobi. Le commandant des troupes françaises en Surobi, le colonel Lionel Jeand’heur a assuré que les sorties continueraient au même rythme.

L’Etat-major des Armées salue les progrès réalisés depuis que les Français soutiennent les Afghans dans leurs opérations en Surobi, en 2008. Ce serait cette progression qui justifierait le début du retrait français dans la région. Nicolas Sarkozy avait annoncé en juillet dernier suite à une semaine particulièrement meurtrière qu’un calendrier accéléré allait être mis en place. D’ici la fin de l’année prochaine, ils seront 1000 à avoir été désengagés d’Afghanistan. (Lire la suite…)

France, Israël, Relations Internationales »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 18 oct 2011 à 22:16 | Un commentaire]

Après plus de cinq ans de détention, le soldat israélien Gilad Shalid a finalement été échangé aujourd’hui contre 1027 prisonniers palestiniens. Le dossier était devenu symbolique pour le gouvernement israélien. Depuis quelques mois, son père avait lancé une véritable campagne de sensibilisation en France et de nombreux médias n’hésitaient plus à parler de l’otage franco-israélien.

Les papiers consulaires de Gilad Shalit.

Nom : Schalit. Prénom : Guilad. Nationalité : Française. Des informations qui, lorsqu’elles concernent un soldat israélien, pourraient surprendre. Ce sont pourtant bien celles qui sont inscrites sur la carte d’immatriculation consulaire du jeune homme libéré aujourd’hui. Le caporal, promu sergent pendant sa détention, bénéficiait bien de la nationalité française car s’il est né sur le sol de Israël, à Haïfa, ses deux parents étaient Français et de fait, lui aussi.

Ce petit détail implique que les autorités françaises devaient, en théorie, fournir les mêmes efforts pour obtenir sa libération que pour n’importe quel autre otage français même s’il a toujours vécu dans un autre pays qu’il a servi sous l’uniforme de Tsahal. Fin juillet 2010, suite à l’assassinat de Michel Germaneau par Al Qaida pour le Maghreb Islamique, François Fillon déclarait à Paris Match qu’il ne fallait pas oublier les « quatre Français encore détenus ». Le Premier ministre évoque alors les deux journalistes de France 3 prisonniers des insurgés afghans, l’agent de la DGSE retenu par les islamistes somaliens et le soldat franco-israélien détenu par les milices palestiniennes.

Difficile de dire si cette position française est purement symbolique ou si un réel effort est fourni par la diplomatie. Les discours des politiques, le président Nicolas Sarkozy en tête et les gestes tel que la nomination de Gilad Shalid comme citoyen d’honneur des villes de Paris et Raincy dés 2008 ont certainement aidé à maintenir le jeune homme dans les mémoires. C’est pourtant bien dés 2010 que les déclarations se sont multipliées, mettant le gouvernement Netanyahou en défaut, ce dernier ne parvenant pas à faire libérer le soldat malgré ses promesses. (Lire la suite…)

Armée de Terre, Balkans, France »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 17 oct 2011 à 16:23 | Un commentaire]

Un sous-officier français s’est donné la mort au Kosovo. 300 soldats tricolores sont toujours déployés au sein de la KFOR et luttent actuellement contre les nombreux barrages que monte une minorité serbe remontée.

Des militaires français près d'un poste frontière au Kosovo.

Plusieurs sources officielles contactées par l’Agence France Presse confirment l’information : un soldat français s’est suicidé au Kosovo. Une enquête serait parvenue à cette conclusion aujourd’hui. Le sous-officier aurait utilisé son arme sur lui même à proximité de Jarinje, dans le nord du Kosovo. Immédiatement évacué, il est décédé des suites de ses blessures.

Une barricade a été montée près de Jarinje par les Serbes du Kosovo qui continuent de réclamer leur appartenance à la République de Serbie. Les forces de l’OTAN sont confrontées depuis plusieurs mois à une recrudescence de ce type de manoeuvres de la part d’une partie de la population qui en a monté 16 rien qu’au mois de septembre. La KFOR devait dés aujourd’hui évacuer ces barrages et les démolir.

Déjà en 2010, les tensions étaient toujours palpables à proximité des postes frontaliers entre la Serbie et le Kosovo. Les Serbes n’hésitaient alors pas à s’attaquer directement aux policiers kosovars et européens qui tentaient de maintenir la sécurité dans ce secteur. Les forces militaires de la KFOR restaient alors en troisième rideau et ne devaient intervenir qu’en cas d’extrême urgence. Des soldats français témoignaient alors d’un réel ennui dans le quotidien de leur mission. (Lire la suite…)

Aéronautique, Industrie de l'Armement »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 17 oct 2011 à 15:54 | Aucun commentaire]

Après Alain Juppé, c’est Gérard Longuet qui revient sur le dossier Rafale aux Emirats Arabes Unis. Le ministre de la Défense assure que les négociations touchent à leur fin et devraient aboutir d’ici la fin de l’année. Abou Dabi pourrait acheter jusque 60 exemplaires du chasseur français.

Abou Dabi pourrait acheter jusque 60 Rafales.

Le ministre de la Défense semblait optimiste ce matin sur la chaîne de télévision LCI. Gérard Longuet a assuré que le dialogue concernant la vente du Rafale aux Emirats-Arabes Unis est dans la phase de « négociation finale ». Quelques formalités resteraient à régler du fait que l’acheteur « pose ses conditions » et que le constructeur « défend ses intérêts ». Un contrat dont le ministre assure qu’il représentera l’avenir de la flotte émirati pour les 40 années à venir. Il s’agit à priori toujours des réclamations du client pour l’obtention d’un moteur et d’un radar plus puissants.

Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, serait monté au créneau dés la semaine dernière alors que des rumeurs commençaient à circuler de nouveau sur ce fameux contrat. Une source anonyme au sein du gouvernement avait ainsi laissé entendre que les négociations devraient aboutir d’ici la fin de l’année 2011. Le dossier du Rafale aux Emirats est sur la table depuis maintenant plus de trois ans, Abou Dabi ayant changé à plusieurs reprises d’avis.

Du côté de la Direction générale de l’armement (DGA), le délégué général, Laurent Collet-Billon annonçait en début de semaine dernière devant la commission Défense de l’Assemblée nationale que la France devrait avoir exporté pour 7,5 millions d’euros d’armement en 2011. Un chiffre honorable bien qu’inférieur aux premiers objectifs. Il n’inclut cependant pas l’éventuelle vente de 30 Rafale suivis de 30 autres en option aux Emirats. (Lire la suite…)

Etats-Unis, Irak, Relations Internationales »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 17 oct 2011 à 13:15 | Aucun commentaire]

La mission de combat officiellement terminée depuis l’été 2010, les Etats-Unis continuent de former les troupes irakiennes tout en organisant leur départ. Un départ qui s’accélère et pourrait bien se terminer plus vite que prévu faute d’accord avec Bagdad. Washington aimerait bien continuer d’accompagner les autorités locales à une condition :  une quasi impunité judiciaire pour ses soldats.

Des équipes de reconstruction provinciale continuent d'opérer en Irak.

Partiront ? Partiront pas ? Les négociations entre les Etats-Unis et l’Irak pour maintenir une partie des effectifs militaires américains dans ce dernier pays continuent de faire rage. Il semblerait pourtant cette fois que les derniers boys devront bien être rentrés au pays d’ici la fin de l’année 2011. Plus de 40 000 hommes sont toujours déployés pour faciliter l’évacuation des matériels et continuer d’accompagner les forces de sécurité irakiennes dans leur formation.

Depuis août 2010, le nombre de soldats américains en Irak a radicalement chuté avec le départ des dernières troupes de combat. 63 soldats américains ont malgré tout été tués depuis cette date, soit dans des attentats soit dans la prise à parti des unités qu’ils formaient et accompagnaient dans leurs missions. On trouve encore dans les causes de mortalité des tirs de roquettes ou d’armes légères. Cette dernière phase de la guerre en Irak, baptisée opération New Dawn, doit permettre la mise en place d’une réelle autonomie des forces irakiennes.

Washington et Bagdad ont malgré tout commencé à évoquer le maintien d’un contingent après le 31 décembre 2011, les autorités irakiennes ayant toujours besoin d’un soutien. Le nombre d’attaques terroristes dans ce pays a augmenté de 2010 à 2009 et reste important en 2011. Le nombre de civils tués par jour reste compris entre 5 et 10 au cours des derniers mois, sans réelle amélioration par rapport à l’année passée. (Lire la suite…)

Europe, Politique »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 15 oct 2011 à 17:39 | Aucun commentaire]

Les révélations de la presse britannique auront poussé Liam Fox à la démission. Le ministre de la Défense, soupçonné d’avoir introduit un ami proche dans des voyages officiels, a quitté son poste hier. Adam Werritty se présentait comme un conseiller ministériel et aurait engrangé plus de 150 000 euros grâce à ces pratiques peu orthodoxes.

Après avoir tenté de nier les faits devant la presse et le parlement, Liam Fox a quitté son ministère.

Un ministre qui emmène un copain en voyage officiel, ça fait forcément tâche. D’autant plus lorsque le dit membre du gouvernement britannique est en charge de la Défense et que le bon camarade se retrouve à négocier des contrats d’armements. Adam Werritty aurait ainsi profiter de la position stratégique de Liam Fox, dont il a été le témoin de mariage, pour faciliter quelques affaires très personnelles. En tout, il aurait engrangé 147 000 livres, soit 167 000 euros, via Pargav, une association à but non lucratif montée pour l’occasion.

Pris la main dans le sac, le ministre de la Défense n’a pas réussit à convaincre de son innocence. Il a quitté hier le gouvernement de David Cameron en admettant dans un courrier qu’il a peut-être « par erreur permis que la distinction entre mon intérêt personnel et mes activités gouvernementales deviennent floue ». Adam Werritty se présentait en effet comme un conseiller ministériel et n’hésitait pas à brandir des cartes de visite confirmant ce poste qui n’a pourtant pas existé. En 16 mois, il s’est rendu 22 fois au ministère et a participé à 18 voyages vers Dubaï, Israël, les Etats-Unis ou encore la Suisse. Il a rencontré le général américain John Allen peu avant qu’il ne prenne le commandement de l’Isaf ou encore l’ambassadeur britannique à Israël.

En juin 2011, les deux hommes se seraient ainsi rendus à Dubaï. Enjeu d’un échange avec plusieurs business men locaux : l’achat par le ministère de la Défense britannique d’un logiciel d’encryptage qui pourrait permettre aux soldats déployés à l’étranger de communiquer plus facilement avec leurs proches. L’entretien, qualifié de « hautement irrégulier » par un témoin, a rapidement dérivé. Les deux amis auraient ainsi abandonné la discussion après une dizaine de minutes sur les 45 prévues. Un mois plus tard, en pleine crise au Sri Lanka après la diffusion d’images montrant des tortures et meurtres de civils tamouls par l’armée, la fine équipe était de nouveau rassemblée pour gérer le problème. (Lire la suite…)

Vie du blog et publications »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 11 oct 2011 à 14:05 | Aucun commentaire]

Après cette semaine de couverture du festival des correspondants de guerre de Bayeux-Calvados, l’auteur d’ActuDéfense en fournit un bon résumé sur le site Slate.fr. N’hésitez pas à y jeter un coup d’oeil !

L’article, titré « Les nouvelles manières de raconter la guerre », résume parfaitement les débats qui m’ont semblé les plus intéressants la semaine passée. Vous pouvez le retrouver en cliquant ici.

N’oubliez pas non plus de lire la série d’articles, peut-être un tout petit peu plus détaillés, que vous pouvez retrouver ici sur votre blog favori.

Enfin, pour ceux qui sont les plus passionnés et les plus curieux de ces thématiques, l’intégralité des interviews, photos, débats a été retransmise ici par votre serviteur et quelques uns de ses petits camarades préférés.

Médias, Social »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 8 oct 2011 à 15:44 | Aucun commentaire]

Avec les révolutions arabes, les journalistes se sont empressés d’évoquer le rôle crucial des réseaux sociaux et des nouveaux médias. Crucial ? Difficile à affirmer. Ces outils ont certainement pris une place dans les mouvements de révolte, mais c’est peut-être l’accumulation de ceux-ci avec d’autres comme le téléphone portable et surtout, un véritable ras le bol social, qui ont mis le feu aux poudres. Un article initialement publié sur le site du festival de Bayeux.

Les médias sociaux ont également permis de mobiliser la diaspora dans le monde entier, rendant particulièrement visible le combat des Egyptiens.

Les révoltes arabes ont été marquées par une nouvelle forme de narration médiatique. Dans les rues de Tunis, du Caire, de Benghazi ou de Bahreïn, ce sont de simples citoyens armés de téléphones qui ont filmé manifestations et répressions. Les rédactions occidentales se sont rapidement précipitées sur ces nouvelles sources d’informations. Véhiculées par les réseaux sociaux, ces images auraient participé à la mobilisation de populations entières. Il est pourtant difficile d’évaluer l’impact réel de cet outil. Pour 80 millions d’Egyptiens par exemple, seuls 4 millions ont une page Facebook alors que 75 millions de cartes sim circulent.

Wikileaks, Facebook, Twitter, MySpace … Des noms scandés par les médias occidentaux comme les héros du Printemps arabe. Les cyber-militants sont rapidement devenus des cibles prioritaires pour les gouvernements acculés. Rémy Ourdan, journaliste au Monde, tempére pourtant leur rôle : « sans ces nouveaux médias, les Tunisiens auraient trouvé autre chose », « ce ne sont que des accélérateurs ». L’accès aux cables diplomatiques américains des activistes numériques n’a rien appris aux populations mais a permis de leur confirmer que les Occidentaux avaient la même vision de leurs chefs d’Etat.

Le blogueur Sofiane Ben Haj remarque que si seuls les jeunes étaient connectés à la toile, l’utilisation que font les Tunisiens d’internet n’est pas la même que dans nos pays. « En Tunisie, explique t-il, un abonnement est immédiatement ouvert à tous les voisins », « dans une famille, quand un jeune trouve une information sur Facebook, il la montre à toute la maison. » Lorsque l’on parle de manifestations coordonnées par Twitter, il s’agirait ainsi plutôt d’une combinaison de moyens allant du réseau social à l’envoi massif de SMS. (Lire la suite…)

Médias »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 7 oct 2011 à 19:44 | Aucun commentaire]

La sortie du film Hell and back again aux Etats-Unis est une claque visuelle. Le documentaire de Danfung Dennis montre quel niveau de qualité peut aujourd’hui être atteint en matière de reportage. Une beauté d’image qui interroge : le public ne risque t-il pas de se perdre entre fiction et réalité ? Un article initialement publié sur le site du Festival Bayeux.

Hell and back again raconte la descente aux enfers d'un marine blessé en Afghanistan.

Lorsque le sergent Nathan Harris sombre, le public l’accompagne dans sa descente aux enfers. Le retour de l’Afghanistan, la blessure physique, la blessure morale, l’incompréhension de son épouse … les souffrances du sous-officier marine sont plus vraies que natures. Les réactions des spectateurs ne trompent d’ailleurs pas : ils parlent du « héros » du film, comme s’il s’agissait d’une production hollywoodienne.

Hell and back again, de Danfung Dennis, est pourtant bien un documentaire. Le réalisateur a régulièrement suivi les soldats américains en Afghanistan. La particularité de son film repose sur un tournage exclusivement réalisé au boîtier photo et un montage très cinématographique. Le résultat est bluffant et le reportage devient plus beau, plus lisse et plus réaliste que de nombreux films de guerre sortis des studios de cinéma américains. Un travail acceuilli par des critiques enthousiastes et unanimes pour sa sortie le 6 octobre de l’autre côté de l’Atlantique.

Trop réaliste ? Le public ne risque t-il pas de faire la confusion entre le reportage et la fiction ? Danfung Dennis explique être à « la recherche d’une nouvelle expérience » en « combinant les techniques du documentaire, du cinéma et de la photographie ». L’objectif : immerger le plus possible le spectateur dans l’action. Une expérience qui l’a tellement convaincu qu’il a lancé une société de production indépendante, Condition 1, dans laquelle une petite équipe de reporters mélange « l’éthique du photojournalisme et l’esthétique de la cinématographie ». (Lire la suite…)

Afrique, Médias »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 5 oct 2011 à 22:14 | Aucun commentaire]

Un reportage photo d’une grande force. C’est ce qu’à offert la journaliste Véronique de Viguerie au public de Bayeux l’année dernière. Dans une ambiance sombre et oppressante, les combattants nigérians du Mned remplissent des photos d’une grande rareté. Un conflit oublié parmi tant d’autres qu’une poignée de reporters acharnés continuent de vouloir couvrir.

Aux milieu des ténèbres, les bérets rouges des combattants du Mend.

Une bande de guérilléros armés jusqu’aux dents de kalachnikovs et de rpg. Des gamins qui n’ont certainement pas atteint la majorité. Des treillis rongés par l’humidité de la mangrove. Des barques pourries pour remonter le delta du Niger. C’est là qu’elle a rencontré les combattants du MEND, le Mouvement pour l’Emancipation du Delta du Niger. Un groupe armé qui se vente de vouloir récupérer le pétrole pour en faire profiter les plus pauvres. Dans les faits, des pillards qui volent et vendent au marché noir le précieux liquide à leur propre profit.

« Ce n’est pas la guerre la plus sexy », reconnaît Véronique de Viguerie. Convaincre les grandes rédactions d’investir dans un tel reportage n’est pas chose facile. La journaliste a du mettre en avant son oeil, son instinct et son talent qui ont jusqu’ici donné lieu à des sujets intéressants. Un conflit aux carrefours des grandes problématiques actuelles : intérêts économiques, risques écologiques et milices africaines.

Véronique de Viguerie, accompagnée de sa coéquipière Manon Quérouil-Bruneel, travaille sur des régions qui impliquent des risques réels. Elle décrit très bien dans la vidéo ci-dessous à quel point parfois, la vie, la bonne santé physique et mentale, tiennent à peu de choses. L’obtention du prix du public et du prix de la photo lors de l’édition 2010 du festival de Bayeux est un vrai encouragement pour les deux journalistes. (Lire la suite…)

Médias »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 5 oct 2011 à 19:38 | 2 commentaires]

La liste des journalistes tués s’allonge d’année en année. 57 noms de plus viendront orner la stèle érigée pour l’année 2010 et qui sera dévoilée au public jeudi à Bayeux. Beaucoup de ces reporters, tués alors qu’ils couvraient des conflits sous toutes leurs formes, disparaissent dans le mépris général des responsables des crises modernes. Un article écrit pour le site du festival des correspondants de guerre de Bayeux-Calvados.

Pendant la crise ivoirienne, les deux camps avaient des reproches à faire aux médias. Premières victimes : les journalistes.

« Un incident. » Le porte-parole de l’Amisom, la mission de l’Union africaine en Somalie, a su choisir le mot qui convient. « Un incident », c’est ce qui qualifie la fusillade qui a coûté la vie du journaliste malaysien Mura Faisal Bin Mohamed le 2 septembre dernier. Des excuses et des condoléances pour réparer les balles des soldats ougandais qui l’ont abattu par accident et dans l’indiférence la plus totale.

Les journalistes continuent de payer un lourd tribu à la couverture des conflits. En 2010, ils ont été 57 à y laisser la vie. La guerre, ce n’est pas toujours des tirs de mitrailleuse et de mortiers. C’est aussi la répression d’un peuple luttant pour la liberté ou les punitions aléatoires de cartels incontrôlables. Autant de situations dans lesquelles les correspondants peuvent devenir des victimes collatérales. Les combats conventionnels ont même tendance à être moins meurtrier que les criminels et les traficants en tout genre. Ils ont été 7 à mourir dans la lutte opposant l’armée aux cartels mexicains. 11 encore tués au Pakistan, souvent très loin des zones de combat.

Le Conseil de sécurité des Nations unies s’est pourtant fermement engagé en faveur de la profession dés 2006 en adoptant la résolution 1738 à l’unanimité. Il y est rappellé que les parties impliquées dans les conflits armés doivent « assurer la protection des civils » et donc de fait des journalistes, qui, s’ils jouent un rôle très particulier, restent bel et bien des civils. C’est la neutralité de cette mission qui est de moins en moins respectée par les acteurs impliqués dans les affrontements. (Lire la suite…)

Vie du blog et publications »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 4 oct 2011 à 10:30 | Aucun commentaire]

Toute la semaine, ActuDéfense sera à Bayeux pour le festival des correspondants de guerre. Cette rencontre annuelle autour de la couverture des conflits se déroule traditionnellement dans cette ville qui fût la première libérée pendant la Seconde Guerre.

De nombreux reporters de guerre devraient se retrouver dés aujourd’hui à Bayeux, en Basse Normandie. L’occasion de découvrir le travail effectué sur une année et de récompenser ceux qui ont rapporté une information de qualité. Le tout en photo, papier, vidéo et multimédia.

La nouveauté cette année, c’est l’immersion de nouveaux outils. Pour la première fois, une catégorie du concours sera exclusivement réservée au multimédia, sous toutes ses formes. Cette nouvelle manière de raconter l’information offre aux auteurs et aux lecteurs des possibilités particulièrement intéressantes. Nous pourrons également nous pencher sur l’usage d’appareils photos pour réaliser des documentaires photos ou encore des réseaux sociaux pour capter des témoignages.

Ne manquez pas toute la semaine sur ActuDéfense les débats, témoignages, découvertes tournés autour du reportage de guerre ! (Lire la suite…)

Afghanistan, Pakistan, Relations Internationales, Terrorisme »

[Ecrit par Romain Mielcarek le 2 oct 2011 à 20:53 | Un commentaire]

Depuis la mort de l’ancien président Burhanuddin Rabbani il y a une dizaine de jours, Hamid Karzaï a radicalement changé de ton vis à vis des talibans. Le chef de l’Etat afghan renonce à suivre le plan qu’il défendait depuis des années, avec le soutien des occidentaux. Face aux nombreux acteurs de l’insurrection, le gouvernement devrait opter pour un dialogue direct avec le voisin pakistanais.

Avec Burhanuddin Rabbani, c'est le dialogue avec les talibans qui est mort.

Un émissaire chargé de négocier au nom des talibans du mollah Omar. L’homme qui était venu rencontrer Burhanuddin Rabbani le 20 septembre aurait du permettre de faire progresser la discussion entre le gouvernement afghan et l’un des principaux chefs insurgés. Mais c’est avec une bombe dans le turban qu’il est venu négocier, otant la vie de l’ancien président chargé par Hamid Karzaï de faire avancer le processus de paix avec les talibans.

Dés vendredi, le président afghan avait annoncé un revirement dans sa stratégie. Il avouait sa frustration : « le mollah Omar n’a pas d’adresse, leur émissaire de paix était finalement un tueur alors avec qui devrions nous discuter ? ».  « Toutes les discussions de paix avec les talibans sont suspendues, le président va réviser la stratégie de paix et de réconciliation », a déclaré aujourd’hui le porte parole de la présidence, Siamak Herawi. Après plusieurs années de tentatives, Kaboul renonce donc à la main tendue vers les insurgés, au regret des occidentaux qui voyaient dans cette stratégie un moyen de désamorcer le conflit, en particulier dans les régions les plus acquises à la cause talibanne.

C’est avec le Pakistan que Hamid Karzaï veut à présent converser. Les services de renseignement afghans ont pu établir que l’attentat contre Burhanuddin Rabbani avait été organisé de l’autre côté de la frontière, prêt de la ville de Quetta. Il ne s’agit pas d’une surprise, la présence de nombreux talibans et autres insurgés dans ce secteur étant largement connue. Côté pakistannais, la CIA continue d’organiser des opérations contre certains chefs ennemis. Reste que les militaires pakistanais ont tendance à laisser faire voir à encourager les activités rebelles. (Lire la suite…)