Le site WikiLeaks dans la ligne de mire du Pentagone
WikiLeaks a été conçu pour permettre la publication anonyme de documents d’intérêt général. Le Pentagone après avoir identifié plusieurs dossiers classés secret défense, s’inquiète de la menace potentielle représentée par le site. L’armée américaine a donc fait une étude sur le sujet qui a été publiée par le site incriminé.
« WikiLeaks, une référence pour les services de renseignements étrangers, les insurgés et les groupes terroristes ? » C’est le titre que le Centre de contre-espionnage de l’armée a donné à un rapport dans lequel il étudie les menaces liées au site en question. Le document de 32 pages classé top secret et daté du 18 mars 2008 a été dévoilé par WikiLeaks à la mi-mars. Les responsables du site soupçonnent le Pentagone de vouloir détruire le site.
WikiLeaks permet à des citoyens de publier des documents qui puissent être intéressants pour la majorité. Grâce à un système de cryptage avancé, les internautes bénéficient d’un anonymat absolu qui leur assure de ne pas pouvoir être repérés. Des dossiers comme les listes d’équipements de l’armée en opération, des rapports d’ambassades, un compte-rendu sur une affaire de corruption dans l’entourage de l’ancien président kenyan Daniel Arap Moi ou encore les procédures d’interrogatoire de Guantanamo ont ainsi filtrer.
Si l’objectif des créateurs du site, dont une partie est journaliste, est de donner un outil aux objecteurs de conscience, l’armée ne l’entend pas de cette oreille. Des entreprises ont déjà porté plainte contre le site mais le Pentagone est une administration on ne peut plus importante qui bénéficie de moyens d’une autre ampleur. En particulier pour s’attaquer à une plateforme qui souffre de problèmes financiers. Les responsables de WikiLeaks défendent ce qui est pour eux un modèle de média libre en avance sur son temps. Au Pentagone, on reproche entre autre l’absence de contrôle éditorial.
Un amplificateur de menaces
WikiLeaks n’est pas une menace en lui même. Il s’agit en réalité d’un moyen d’augmenter des dangers déjà existants comme l’espionnage ou les fuites d’informations. L’absence totale de contrôle est complexe à appréhender pour les organismes de contre-espionnage qui ne peuvent ainsi repérer ni d’éventuels agents infiltrés au sein du ministère de la Défense ni des fonctionnaires étourdis ou mal-intentionnés.
L’armée américaine s’inquiète également du risque de désinformation. Des groupes hostiles pourraient publier sur ce site des documents fictifs visant à décrédibiliser la défense américaine ou ses affaires étrangères. Ce type de méthodes serait particulièrement efficace dans le cadre d’opération terroristes ou de cyber-attaques.
De fait, le Pentagone étudie les moyens de se prémunir contre le danger qui pèse par l’intermédiaire de WikiLeaks. Si la solution la plus simple reste l’arrêt définitif du site, le rapport évoque des solutions plus intransigeantes. La plus évidente est la possibilité d’identifier et de contrôler les sources afin de pouvoir repérer les contrevenants. Cette simple notion est cependant en parfaite opposition avec le concept de la plateforme.








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