Le Yémen, passerelle terroriste vers le reste du monde
Le Nigérian arrêté vendredi à bord du vol Amsterdam Détroit serait passé par le Yémen. Ce pays revient comme un leitmotiv dans les affaires de terrorisme. Oussama Ben Laden en est originaire, plusieurs attentats y ont été préparés et une rébellion d’envergure s’y déroule. Les liens entre ces différents acteurs sont difficiles à cerner mais le gouvernement de Sanaa mène une vaste opération pour reprendre le contrôle des zones rebelles. L’objectif : que le Yémen ne devienne pas une plate-forme tournante du terrorisme islamiste international comme le craignent de nombreux pays.
Le monde est en émoi depuis vendredi. Un jeune Nigérian de 23 ans aurait tenté de faire exploser le vol Northwest Airlines reliant Amsterdam à Détroit. Il aurait confectionné un explosif à base de penthine en poudre étalé sur ses jambes qu’il aurait amorcé avec un réactif chimique liquide. Le mélange n’a pas fonctionné comme prévu et a incendié le responsable. Les services de sécurité ne sont pas certains que la destruction de l’appareil ait été le but recherché au départ. Le jeune Islamiste aurait pu souhaiter créer un mouvement de panique grâce à un dispositif incendiaire. Objectif atteint au vu du boom médiatique engendré par une nouvelle interpellation sur la même ligne dimanche 27 au soir alors qu’aucune information ne circule sur l’individu arrêté.
Abdul Farouk Abdulmutalab est un jeune homme loin des terreaux habituels du terrorisme islamiste. Fils d’un riche banquier nigérian, il a fait des études d’ingénierie à Londres. Décrit comme « brillant » par ses professeurs, il manifeste des opinions politiques et religieuses radicales. Lorsqu’il est arrêté vendredi, il déclare au FBI avoir séjourné au Yémen, aveux soutenant la thèse Al-Qaeda.
Pete Hoekstra, un élu républicain du Congrès américain a déclaré à l’AFP que le jeune nigérian aurait eu des contacts avec l’imam Anwar al-Aulaqi. Ce religieux a été en contact avec le major Nidal Hasan, auteur de la tuerie de Fort Hoodd’Abdul Farouk Abdulmutalab ont déclaré, toujours à l’AFP, que l’étudiant a abandonné ses études pour rester au Yémen et y suivre une formation dont il n’a pas révélé le contenu.
Le Yémen sanctuaire terroriste
Le Yémen a été un point de passage pour de nombreux terroristes et assassins. Entre l’attaque sur l’USS Cole en 2000 et l’accueil d’Oussama Ben Laden et de nombreux membres de son groupe, le pays revient dans des affaires variées. Sur fond de rébellion des Houthis au nord, les extrémistes trouvent un terrain peu surveillé et inaccessible à leurs ennemis.
Les Houthis, des Musulmans Zaïdistes (proches du Chiisme), sont en rébellion presque depuis la création de la République du Yémen. Ils occupent toute la partie nord-ouest du pays et ont déclaré la guerre au gouvernement ainsi qu’à l’ensemble des autorités extérieures. Leurs chefs se sont même montrés hostiles envers l’Iran qui a longtemps été soupçonné de les soutenir pour favoriser l’émergence d’un croissant chiite dans la région.
La principale crainte pour les pays occidentaux vient d’Al-Qaeda. Une branche baptisée Al Qaeda dans la Péninsule Arabique (AQAP), opère principalement depuis le Yémen et l’Arabie Saoudite, se servant notamment du premier pays comme base arrière pour ses attaques.
L’offensive gouvernementale
Malgré des moyens assez limités, le gouvernement yéménite a lancé le 11 août une vaste offensive contre les rebelles dans le nord du pays. Sanaa veut reprendre le contrôle de la région et empêcher les groupes terroristes de s’en servir pour former et préparer des combattants islamistes. Les médias obtiennent peu d’informations, l’armée empêchant les journalistes de travailler. Le suivi des combats se fait grâce aux communiqués du ministère de la Défense et des Zaïdistes.
Le ministère de la Défense a ainsi annoncé ces derniers jours la mort d’au moins 34 rebelles dans un raid aérien ainsi que celle d’Abdel Malek al-Houthi, leur chef. Ce dernier aurait finalement succombé à des blessures infligées lors d’une autre attaque aérienne la semaine précédente. Les insurgés nient de leur côté que leur leader n’ait été touché.
Sanaa bénéficie dans cette campagne du soutien discret de l’Arabie Saoudite qui a disposé des troupes le long de la frontière et sur les eaux afin d’amplifier l’état de siège dans lequel se situe les rebelles. A plusieurs reprises, les militaires ont ouvert le feu pour intercepter et repousser vers le Yémen les combattants houthis. Les Etats-Unis ont également apporté leurs encouragement à l’armée yéménite en signant un accord de sécurité au mois de novembre qui consiste surtout en l’apport de moyens matériels et logistiques et de conseil. le 5 novembre. Des proches








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