Les ministres socialistes profondément marqués par l’Europe en crise

Jean-Marc Ayrault a nommé les membres de son gouvernement en fin d’après-midi ce mercredi. Un ministre de la Défense sans surprise et un ministre des Affaires étrangères d’expérience seront épaulés par quatre ministres délégués aux identités politiques fortement marquées par une Europe en crise.

Le Drian à la Défense et Fabius aux Affaires étrangères.

Jean-Yves Le Drian. Sans surprise, puisque c’est lui qui était chargé des réflexions sur la Défense au cours de la campagne de François Hollande, il prend la direction de l’Hotel de Brienne. Ce Breton, soutien de la première heure du nouveau président dès les primaires, connaît bien le monde de la mer. Elu de longue date à la mairie de Lorient, il a été secrétaire d’Etat à la mer pendant un an sous la présidence de François Mitterrand. Peu médiatisé au cours de la campagne, faute d’intérêt pour les questions de Défense, il est entré en contact avec un certain nombre d’administrations étrangères. Un temps député du Morbihan, il a siégé à la commission Défense de l’Assemblée nationale.

Laurent Fabius. Ce vétéran des gouvernements socialistes prend la tête de la diplomatie française. Proche de Martine Aubry, ses affinités avec François Hollande sont d’autant plus réduites qu’il n’hésitait pas à moquer le président alors qu’il était encore candidat à la primaire socialiste. Laurent Fabius bénéficie cependant d’une vraie expérience ministérielle, ayant occupé Matignon sous Mitterrand, et pourrait jouer le rôle de pilier au sein du gouvernement tout comme Alain Juppé, de la même génération, l’a fait avant lui aux côtés de Nicolas Sarkozy. Loin d’être un atlantiste, il devrait inverser certaines postures adoptées par le président UMP, notamment sur l’Iran. En janvier dernier, il a mené la campagne socialiste jusqu’au Proche et Moyen-Orient, rendant visite à des responsables politiques israéliens, palestiniens et qataris.

Kader Arif. Ce Français né en Algérie en 1959 prend en charge les Anciens combattants. Cet eurodéputé peu connu sur la scène politique française est très actif en matière de politique européenne depuis une dizaine d’années. Il s’est rapidement impliqué dans les réflexions du Parti socialiste en matière de politique étrangère. Il a plus particulièrement travaillé sur les relations méditerranéennes et sur la place de la France dans un monde globalisé.

Bernard Cazeneuve. Il est l’un des stratèges de la campagne de François Hollande et il récupère une place de ministre délégué auprès de Laurent Fabius, en charge des Affaires européennes. Ce poste, longtemps perçu comme secondaire, prend toute son importance dans le contexte économique, politique et social actuel. Député actif au sein de la commission Défense, il a été notamment rapporteur de la mission parlementaire sur l’attentat de Karachi, en 2010. Élu de Cherbourg et de la Manche, il s’est fait particulièrement virulent dans la dénonciation du gouvernement de Nicolas Sarkozy dans cette affaire.

Pascal Canfin. Cet écologiste des Verts est un ancien journaliste. Il prend le poste de ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé du Développement. Militant pour un système bancaire plus transparent, ce jeune député européen de 37 ans hérite d’un ministère de circonstance dont l’utilité semble dictée par le contexte actuel.

Yamina Benguigui. Figure de la France issue de l’immigration, cette cinéaste passe ministre déléguée chargée des Français de l’étranger et de la Francophonie. Militante et proche de Bertrand Delanoë, elle ne bénéficie que d’une modeste expérience politique qui semble montrer que François Hollande, comme son prédécesseur, ne voit dans le suivi des expatriés qu’un rôle symbolique.

Photo : DR

A propos de l'auteur

Journaliste indépendant, Romain Mielcarek s'est spécialisé sur les thématiques liées à la défense et à la diplomatie. Il travaille régulièrement pour Atlantico, Slate, Défense et Sécurité Internationale et Pays Emergents. Doctorant en sciences sociales, il mène une thèse sur l'influence de l'armée française sur le récit médiatique de la guerre en Afghanistan. Membre de l'Alliance Géostratégique, il a participé à la rédaction des ouvrages "Les guerres low-cost" (Esprit du Livre / 2011) et "Stratégies dans le cyberespace" (Esprit du Livre / 2011).

Nombre d'entrées : 922

Laisser un commentaire

© 2009-2013 Romain Mielcarek

Retour en haut de la page