Les soldats français, plus casques bleus que les casques bleus
Petit bilan aujourd’hui pour l’armée française, réunie autour de quatre tables rondes, sur une année d’opérations extérieures. Un bilan positif sur des missions menées dans l’urgence et reposant sur la réactivité des forces. Des opérations dont l’une des principales prérogatives est l’aval des institutions internationales. Menées au nom de la paix, elles laissent presque penser que l’armée française tend à remplir un rôle que l’on pourrait penser dévolu aux casques bleus.
« Nous ne sommes plus dans une politique de la canonnière », s’amuse Gérard Longuet en ouverture du colloque organisé aujourd’hui sur les engagements opérationnels de 2011. « L’objectif, c’est de mettre en œuvre le droit international », complète le ministre de la Défense. Cette fois c’est officiel, l’armée française a une vocation humanitaire.
Autre invité aux tables rondes, Jean-David Levitte, conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, se souvient de la volonté humaniste du chef de l’Etat lorsqu’il a fallut prendre une décision concernant la Côte d’Ivoire et la Libye. « Impossible pour le président d’être le témoin de l’impuissance internationale », témoigne t-il.
Les soldats français, devenus des casques bleus au service des Nations unies ? Adjoint de Ban ki Moon en charge des opérations de maintien de la paix présent en Côte d’Ivoire au cœur de la crise, Alain Le Roy confirme. Il savait que les forces de l’Onuci ne faisaient pas le poids. Alors quand le Conseil de Sécurité a validé une intervention contre les armes lourdes de Laurent Gbagbo, il a fallut soigner la forme : les hélicoptères blancs ont ouvert les hostilités à 17h… relayés dans l’heure par ceux de la Licorne, seuls capables d’opérer de nuit. Tellement efficace qu’Alain Le Roy regrette de ne pas pouvoir profiter d’une telle solution plus souvent : « au Congo, j’aurais aimé avoir un battlegroup européen vu qu’il n’y a pas la France ».
Une armée dépendante du Conseil de sécurité
Aujourd’hui, il est impensable d’envisager une opération unilatérale sous pavillon tricolore. A l’heure de l’interopérabilité, les forces travaillent en interarmées mais surtout en multinational. « Il n’y aura pas d’intervention en Syrie sans mandat du Conseil de sécurité », confirme par exemple Jean-David Levitte. L’opération militaire dépend à présent d’une double priorité : la rapidité d’intervention militaire une fois la décision prise mais surtout, en amont, une rapidité d’action de la diplomatie.
C’est ce qui s’est passé pour la Libye. Après un long travail diplomatique pour convaincre le Conseil de sécurité, la France a obtenu le mandat nécessaire pour agir. Dans la demi-heure suivant la décision, les premiers appareils de l’Armée de l’air traversaient le ciel libyen. Même chose en Côte d’Ivoire : le courrier de confirmation du secrétaire général aux Nations unies devait arriver pile à l’heure pour lancer les hostilités.
A l’heure où les moyens, tant matériels que humains, sont économisés avec minutie, il est évident que Paris ne peut plus agir seul. Pour maintenir sa position d’acteur international, la France doit envoyer un message fort qui passe d’abord par une véritable offensive diplomatique : négociations avec les membres du Conseil de sécurité, accords avec les organisations régionales concernées, partenariats avec les alliés. Montée au créneau pour la Côte d’Ivoire et pour la Libye, la France a su casser son rôle de suiviste en Afghanistan en se réinventant tête de file. Une tendance qui semble se confirmer avec le rôle qu’elle joue dans le dossier syrien.
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Photo : EMA

jack22
C’est sur qu’au niveau opérationnel la France est capable de tenir son rang au niveau international;le seul bémol;comme je l’ai déjà souligné dans d’autres articles; c’est le cout financier des opérations de maintien ou de rétablissement de la paix.Notre pays comme beaucoup d’autres;ne peut plus se permettre de jouer les grandes puissances;le »nerf de la guerre »c’est le fric…