Licorne monte en puissance
Si les forces françaises de l’opération Licorne s’étaient faites discrètes depuis le début de la crise ivoirienne, l’accélération des événements a entrainé une augmentation de son activité. L’envoi de renforts et la présence plus systématique des soldats tricolores dans une partie d’Abidjan doivent avant tout permettre la protection des ressortissants français.
Afin de pouvoir assurer une éventuelle évacuation des ressortissants français et étrangers, les soldats de l’opération Licorne et les casques bleus de l’Onuci, la mission des Nations unies en Côte d’Ivoire, ont pris le contrôle de l’aéroport international Houphouët Boigny d’Abidjan. La maîtrise de ce site assure aux militaires de pouvoir embarquer rapidement les civils en cas de besoin et de pouvoir recevoir des renforts en cas d’explosion de la situation.
Des troupes supplémentaires ont d’ailleurs déjà été envoyées en Côte d’Ivoire dans la nuit de samedi à dimanche. 300 soldats français composant deux compagnies et des éléments de commandement ont rejoint les hommes présents sur place. Les effectifs habituels de Licorne de 900 hommes avaient déjà été élevés à 1100 personnels en janvier dernier.
Depuis le début de la semaine dernière, les troupes soutenant le président reconnu par la communauté internationale Alassane Ouattara ont repris le contrôle de la majeure partie du pays. Vendredi et samedi, les combats ont fait rage entre les anciens rebelles du nord et les fidèles de Laurent Gbagbo. La capitale économique est ravagée par les tirs qui se sont légèrement calmés dimanche.
Contrairement à la principale montée de violence, en décembre dernier, les ressortissants français sont directement menacés. La télévision publique, la RTI, multiplie les appels à la « résistance », dénonçant une campagne d’occupation de Nicolas Sarkozy et appelant les Ivoiriens à la mobilisation. Les soldats français après avoir fait un important effort de discrétion depuis le début de la crise ont repris et multiplié les patrouilles dans la zone 4, partie d’Abidjan dans laquelle se trouve la majorité des 12 000 citoyens français.
Paris a d’ores et déjà entrepris de regrouper la majorité de ces derniers et de préparer leur éventuelle évacuation. Les moyens aériens nécessaires pourraient demander l’intervention de l’Armée de l’air afin d’accélérer l’opération. Quelques dizaines de Français et de Libanais ont quitté la Côte d’Ivoire grâce à quelques vols exceptionnels, les commerciaux étant suspendus. Le camp français de Port-Bouët accueille actuellement plus de 1600 civils venus s’y réfugier. C’est la France qui assurerait la sécurité et l’évacuation d’une grande partie des étrangers, européens en particulier.
Photos : Etat-major des armées.










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