Musulmans d’apparence, Français de branche et autres victimes de la tuerie de Toulouse

En réponse à une France bouleversée par la tuerie de Toulouse, les candidats à la présidentielle ont voulut répondre à l’horreur par une démonstration de dignité. A cet exercice, le chef des armées, Nicolas Sarkozy, peine à se montrer exemplaires, cultivant les fautes de langage. L’hommage aux soldats assassinés s’en retrouve entaché par les petites phrases politiciennes mal avisées.

Des soldats aux « apparences musulmanes ».

Entre campagne et drame national à Toulouse, les candidats s’engouffrent dans l’opportunité de passer pour des défenseurs de l’unité nationale. La France une et indivisible derrière ses victimes au travers de plusieurs événements largement médiatisés. Pour les soldats assassinés, c’est à Montauban que les compétiteurs de la course à l’Elysée se sont bousculés, tâchant tant bien que mal de se montrer dignes aux côtés de leurs militaires.

Empreint d’une responsabilité toute particulière, le candidat Nicolas Sarkozy est aussi président de la République et chef des armées. Il tente donc de rassurer les armées dans sa détermination à ce que l’hommage soit rendu à ces trois (quatre si l’on compte Loïc Libert, grièvement blessé) victimes. Il décrit alors une France unie, regroupant tous les « Français de souche et Français de branche« .

Un vocabulaire étonnant que le chef de l’Etat enrichit aujourd’hui d’une nouvelle perle dans laquelle il analyse la psyché du tueur. Il ne faut pas faire d’amalgames, prévient Nicolas Sarkozy, deux des soldats tués étant « musulmans d’apparence« .

Surprenant hommage que rend la classe politique à ces soldats assassinés. Leur identité militaire, leur appartenance à un corps de métier se vouant au service de la Nation, semble devoir être gommée au profit de racines autres. Dans un énième communiqué, Nicolas Sarkozy se félicitait de « l’image de dignité » renvoyée par la France. Pas certain qu’elle ne soit le fait de tous.

Photo : Sirpa Terre

A propos de l'auteur

Journaliste indépendant, Romain Mielcarek s'est spécialisé sur les thématiques liées à la défense et à la diplomatie. Il travaille régulièrement pour RFI, Atlantico, Slate, Défense et Sécurité Internationale et Pays Emergents. Doctorant en sciences sociales, il mène une thèse sur l'influence de l'armée française sur le récit médiatique de la guerre en Afghanistan. Membre de l'Alliance Géostratégique, il a participé à la rédaction des ouvrages "Les guerres low-cost" (Esprit du Livre / 2011) et "Stratégies dans le cyberespace" (Esprit du Livre / 2011).

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