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Pendant ce temps, au Tibet … pas de Printemps en vue

Ecrit par Romain Mielcarek le 8 fév 2012 à 15:58 Aucun commentaire

Une répression sanglante en vaut-elle une autre ? Le compteur de tués doit-il franchir certains seuils ? Les Tibétains, depuis de nombreuses années, continuent d’être pris pour cible par les forces de police chinoises. Une révolte durement réprimée qui n’émeut pas l’ensemble de la classe politique. Les bien pensances médiatisées semblent avoir comme limite les intérêts économiques de nos partenariats.

Sarta reste un lieu de contestation depuis les mouvements tibétains de 2008.

Au cours du mois de janvier, une nouvelle vague de manifestations a traversé le Tibet et les régions les plus proches. Suite à une série d’arrestations de jeunes militants tibétains indépendantistes, des centaines de personnes ont marché dans les rues, réclamant leur libération. Des mouvements qui ont été réprimés dans la violence par les forces de sécurité chinoises. La ville de Serta, dans l’est du Tibet, reste depuis 2008 le coeur de l’expression de la colère des habitants.

Pékin a assuré être prêt à faire tout le nécessaire pour contrôler les révoltes. De la vingtaine de prêtres et de nonnes bouddhistes qui se seraient immolés ces derniers mois selon les ONG, la Chine n’en a reconnu qu’une poignée. Même chose pour les six morts et la soixantaine de blessés évoqués par les militants : officiellement, il ne se passe rien de plus qu’une révolte indépendantiste, maîtrisée par la police.

A Paris, le porte-parole du quai d’Orsay fait face à des questions récurrentes de la part de journalistes sur le sujet. Réponse laconique et systématique : « la France est préoccupée par la situation du Tibet ». Ni les manifestations, ni les immolations, ni les arrestations n’ont entraîné de réaction des politiques à grande échelle. Eux aussi sont pourtant parfaitement au courant de la situation, la question revenant régulièrement sur la table. Le dernier en date, le député Jacques Remiller (Isère – UMP) s’inquiétait encore des « actes suicidaires » de Tibétains désespérés.

Des photographies ont pourtant été diffusées par témoins et associations tibétaines ces derniers jours. Les violences policières sont avérées. Pour des affiches collées ou pour des manifestations, des civils ont été battus, certains jusqu’à la mort. Cette répression qui dépasse régulièrement les limites du raisonnable est un sujet récurrent de la politique intérieure chinoise. Les instances internationales y font régulièrement allusion, tout comme au Xinjiang ou à la Mongolie intérieure.

Selon les ONG, au moins six personnes auraient été tuées lors de la répression des manifestations.

Un sujet qui offre un parallèle intéressant avec les récentes insurrections radiophoniques de certaines personnalités politiques françaises et étrangères. La répression armée en Syrie, enfin couverte par les médias occidentaux, a permis à nos responsables de manifester leur humaniste indignation. Moqués par Moscou pour « l’hystérie » de ces combats choisis, nos figures médiatiques pourraient être questionnées sur ces choix.

Dés le départ du Printemps arabe en janvier 2010, les politiques proches du gouvernement ont pour une partie d’entre eux pris fait et cause pour le gouvernement tunisien, voyant dans la révolte une insurrection antidémocratique. Les personnalités de gauche ne sont pas forcément plus enclines à trouver les bons chevaux : nombre figures du Parti socialiste ont ainsi soutenu Laurent Gbagbo lors de sa campagne, se faisant plus hésitant lorsque le chef ivoirien a franchit certaines limites.

Les hommes politiques choisissent-ils leurs positionnements en politique étrangère en fonction des unes des journaux ? Il aura fallut attendre plusieurs milliers de morts en Syrie pour qu’ils prennent fait et cause pour les insurgés. Le régime de Damas, acculé par une communauté internationale presque unanime, est un moins gros adversaire que Pékin, partenaire économique indispensable. Les Tibétains n’ont qu’à attendre leur tour.

Photos : Students for a free Tibet

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