Reconvertir les combattants : les Ivoiriens cherchent de l’inspiration en France … et en Chine

Que faire des anciens combattants ? Comment les réintégrer à la société ? Comment moderniser l’armée ivoirienne ? Autant de questions auxquelles les Ivoiriens cherchent des réponses en France … mais aussi en Chine.

Le ministère de la Défense français vient de publier, ce matin, un communiqué annonçant la visite d’une délégation ivoirienne. Ce groupe, présidé par Kouassi Lenoir, doit visiter le Centre militaire de formation professionnelle (CMFP). Les Ivoiriens espèrent trouver des inspirations dans le système français de reconversion des militaires pour réinserrer les nombreux combattants hérités d’une longue période de conflictualité.

L’outil français peut-il être décline dans une version ivoirienne ? La délégation semble l’espérer. Le CMFP offre un certain nombre de formations aux militaires français qui souhaitent préparer leur seconde carrière. Des métiers aussi variés que la sécurité, la manutention, l’artisanat ou l’aide à la personne. La France peut se féliciter de parvenir à convertir 92% de ses personnels militaires, malgré des frustrations et des incidents de parcours.

Reste à voir s’il est possible de mettre un équivalent à grande échelle en place en Côte d’Ivoire. La situation économique et sociale reste différente au pays des éléphants. Les anciens combattants ivoiriens pourraient eux aussi éprouver certaines frustrations en changeant d’activité. Les réalités du marché de l’emploi sur place pourraient également être un frein, le pays restant exposé à un taux de chômage structurel approchant les 15%, grimpant même à 27% en milieu urbain, ayant explosé suite aux combats qui ont suivi la dernière élection présidentielle.

A noter que pendant ce temps, Alassane Ouattara cherche à séduire Pékin. Présent au 5ème Forum de Coopération Chine-Afrique, il espère négocier des accords de coopération accrus avec la Chine. Pour le chef de l’Etat ivoirien, il s’agit de convaincre les Chinois qu’investir dans la reconstruction et dans les grands projets du pays vaut le coup. Il s’agit de dégoter quelques 20 millions d’euros supplémentaire pour soutenir les entreprises et infrastructures du pays. Une participation de Pékin dans le financement du barrage de Soubré pourrait être l’une des priorités.

En Chine aussi, les Ivoiriens espèrent trouver des solutions pour la réinsertion des nombreux combattants. Paul Kofi Kofi, ministre de la Défense, doit discuter avec son homologue chinois de possibles partenariats et échanges militaires. La question devrait être orientée principalement sur des thématiques liées à la formation et à l’assistance.

A propos de l'auteur

Journaliste indépendant, Romain Mielcarek s'est spécialisé sur les thématiques liées à la défense et à la diplomatie. Il travaille régulièrement pour Atlantico, Slate, Défense et Sécurité Internationale et Pays Emergents. Doctorant en sciences sociales, il mène une thèse sur l'influence de l'armée française sur le récit médiatique de la guerre en Afghanistan. Membre de l'Alliance Géostratégique, il a participé à la rédaction des ouvrages "Les guerres low-cost" (Esprit du Livre / 2011) et "Stratégies dans le cyberespace" (Esprit du Livre / 2011).

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