Syrie : le retour à la vie du général russe tué à Damas

Mort ou vivant le général Kotchiev ? L’annonce de son élimination par des rebelles syriens aurait pu avoir un important impact politique. Coup de chance, l’officier est en sécurité à Moscou. Comment un homme devient-il l’objet d’une bataille médiatique ?

Le général Kodjiev est-il mort ou vivant ?

Le général russe Vladimir Petrovich Kotchiev a été tué à Damas ce mercredi. C’est ce qu’ont affirmé des combattants rebelles baptisés « Les faucons du bataillon », actifs dans la capitale syrienne et ses alentours. Comme preuve, ils ont fournit à l’agence de presse britannique Reuters des documents d’identité de l’officier qui aurait officier comme conseiller à la Défense auprès du régime de Bachar el-Assad. Exécuté dans des conditions non précisées, les insurgés assurent avoir tué en même temps son traducteur. Des informations qui avaient été immédiatement récupérées par l’Armée syrienne libre, principale entité combattante dans ce pays.

Mais surprise, l’officier se serait de nouveau manifesté dans la foulée … à Moscou. Le général Kotchiev serait en pleine forme, si ce n’est le stress occasionné par les inquiétudes occasionnées auprès de ses proches par l’annonce de sa mort dans les médias. Il aurait rencontré mercredi plusieurs journalistes russes au siège du ministère de la Défense… bien qu’il pourrait bien s’agir de quelqu’un d’autre !

Le ministère avait pourtant commencé par de pas commenter l’annonce. A présent, il dénonce un « mensonge flagrant » n’étant qu’une « provocation à l’encontre des militaires russes ». Nous sommes ici en pleine guerre de l’information. Les opposants syriens, avec la mort de Kotchiev, tenaient la preuve d’une implication militaire de la Russie. C’est probablement pour désamorcer un tel argument que Moscou a immédiatement annoncé que le général avait quitté ses fonctions en 2010. Curieux, dans ce cas, que l’officier ait toujours été présent à Damas. Reste que la Russie mets la communication des rebelles en difficulté en parvenant à prouver que le militaire est vivant : tous les communiqués risquent d’être, plus que jamais, sujets à caution.

Le général Kotchiev vivait en Syrie depuis trois ans, d’après les déclarations de sa soeur à la presse. Il servait comme conseiller au ministre de la Défense syrien et aurait reçu trois ordres, des décorations, en récompense de son travail. Il ne rentrait en Russie que pour passer ses vacances. Moscou, en plus d’intérêts économiques et industriels majeurs en Syrie, dispose d’une base militaire stratégique à Tartous.

Photo : RIA Novosti

A propos de l'auteur

Journaliste indépendant, Romain Mielcarek s'est spécialisé sur les thématiques liées à la défense et à la diplomatie. Il travaille régulièrement pour Atlantico, Slate, Défense et Sécurité Internationale et Pays Emergents. Doctorant en sciences sociales, il mène une thèse sur l'influence de l'armée française sur le récit médiatique de la guerre en Afghanistan. Membre de l'Alliance Géostratégique, il a participé à la rédaction des ouvrages "Les guerres low-cost" (Esprit du Livre / 2011) et "Stratégies dans le cyberespace" (Esprit du Livre / 2011).

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Commentaires (1)

  • Tonio

    Cela me fait penser à la mort de dizaines d’opérateurs Russes sur les systèmes SAM au Vietnam ou encore de pilotes de MIG…. L’armée Russe impliquée dans des opérations extérieures a d’autres fins que l’entente pacifique entre les peuples, jamais !

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