Un petit pas pour l’ISAF, un grand pas pour les OMLT
Alors que Washington continue de réclamer encore et encore l’envoi de renforts en Afghanistan de la part de ses alliés européen, Paris n’a consenti qu’à déployer une OMLT supplémentaire. 80 instructeurs vont donc rejoindre ce pays où la formation de l’Armée afghane est perçue comme la priorité absolue pour permettre un désengagement. Les États-Unis restent insatisfaits et attendent un effort plus conséquent.

150 mentors français ont accompagné les soldats Afghans pour une mission en province d'Oruzgan cette semaine.
Robert Gates, le secrétaire à la Défense américain continue de prêcher la bonne parole : aujourd’hui à Istambul pour une réunion avec les ministres de la Défense européens, il a demandé 4000 hommes supplémentaires. Le surge souhaité par les États-Unis n’est pour l’instant pas suivi par tous les alliés de la même manière. Il s’agit pourtant de l’un de deux leviers sur lesquels les stratèges américains souhaitent appuyer pour faire basculer la situation : inonder le pays de soldats pour oppresser les insurgés tout en accélérant la formation des soldats afghans.
Malgré les rumeurs qui avaient circulé, évoquant notamment l’envoi de forces spéciales, Paris ne s’implique donc pas beaucoup plus. Malgré tout, une rencontre est prévue entre Robert Gates et Hervé Morin lundi prochain. Le sujet sera forcément abordé et Paris a peut-être gardé une carte dans sa manche.
80 c’est peu mais c’est beaucoup
La formation des forces de sécurités afghanes est la priorité absolue pour envisager de quitter le pays. Les États-Unis évaluent qu’ils pourront commencer à confier une partie des responsabilités aux Afghans dés l’année prochaine. Pour cela, il faut que les mentors présents sur le terrain continuent de former en nombre de plus en plus important les soldats et policiers nationaux.
La France est d’accord avec ce principe et compte sur le terrain 300 militaires et 150 gendarmes affectés à ce rôle. Le renforcement annoncé n’est donc pas négligeable si on le rapporte à cette échelle. Ils devraient pouvoir encadrer un bon demi milliers de soldats afghans.
Rapporté à l’échelle nationale, ce n’est tout de même pas grand chose : il manquerait 1500 à 1700 formateurs à l’heure actuelle pour soutenir les 100 000 militaires afghans. Ces derniers devront être 135 000 à la fin de l’année 2010 pour respecter le calendrier prévu par l’ISAF.
Photo : Ministère de la Défense








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