Ambiance délétère en RDC
La situation est tendue en République Démocratique du Congo. Les discours commencent à se faire plus durs et l’agressivité générale à augmenter. Alors que les premiers réfugiés fuient le pays, les uns et les autres cherchent les responsables à montrer du doigt. Bandes armées, observateurs occidentaux, président sortant, opposants … personne ne sait vraiment à qui la faute de ce difficile scrutin qui risque de dégénérer d’un jour à l’autre en un conflit plus grave.
Après une longue semaine de vote et de récupération des bulletins, les premiers résultats de l’élection présidentielle congolaise commencent à tomber. Joseph Kabila, le président sortant, serait en tête avec 46%. Derrière lui, l’opposant historique Etienne Tshisekedi obtiendrait 36%. Tout au long du scrutin, des violences ont été signalé dans la totalité du pays. Les différentes bandes armées qui ravagent toujours la République Démocratique du Congo (RDC) ont tenté de prendre le contrôle et d’imposer leur loi dans les bureaux de votes situés sur leurs territoires.
Alors que les résultats approchent, les affidés des deux camps se font de plus en plus véhéments. Kinshasa, la capitale, illustre parfaitement cette situation. Plusieurs milliers de personnes auraient déjà fui le fleuve Congo vers Brazzaville, frère voisin pourtant mal-aimé. Dans la ville, les bandes de jeunes, particulièrement craintes, auraient été recrutées par les différents camps afin d’impressionner manifestants et insatisfaits potentiels.
Plus grave, parmi les 18 personnes tuées cette semaine selon l’ONG Human Rights Watch, la majorité l’ont été par balle, victimes de la Garde Républicaine. Plusieurs centaines de civils ont été également blessés dans les mêmes circonstances. Le président Kabila a d’ores et déjà avertit : si la tension ne redescend pas, il déploiera l’armée en plus de la police. Des soldats auraient pourtant déjà été aperçus, ouvrant le feu lors des manifestations, toujours selon les témoignages recueillis par HRW.
L’Occident montré du doigt
Les observateurs internationaux déployés dans tout le pays pour veiller au bon déroulement des élections sont à présent dénoncés par une partie des Congolais. Dans la presse partisane, l’Afrique du Sud est dénoncée. De même, les Européens sont accusés d’avoir fait preuve d’ingérence et d’être intervenus directement dans le processus de compilation des résultats. Des « allégations mensongères » selon l’eurodéputée bulgare Mariya Nedelcheva, observatrice en chef. Des allégations qui circulent pourtant à vitesse grand V sur les blogs, les sites internet et les téléphones portables.
Au sein de l’importante diaspora congolaise, on accuse également les Occidentaux de soutenir le président Kabila. A Paris, 150 d’entre eux ont ainsi manifesté leur colère. A Pretoria et Johannesburg, des manifestations similaires ont dégénéré en affrontements avec les forces de police. La Commission électorale nationale indépendante devrait donner les résultats dans les prochains jours. Des résultats qui risquent de précipiter le pays dans le conflit.
Les résultats anticipés pour l’instant n’ont pourtant rien de surprenant. La manœuvre de Joseph Kabila, qui a changé la constitution pour un scrutin présidentiel à un tour l’avantageant, est déjà dénoncée de longue date. La dispersion des opposants, une dizaine en tout, qui ne sont pas parvenus à s’entendre et à se regrouper face au chef de l’Etat, assurait une répartition entre eux tous des voix contre Kabila. La communauté internationale craint à présent une évolution semblable à celle vécue par la Côte d’Ivoire l’année dernière, exactement à la même époque.
Photo : Monusco

jack22
Je pense que la RDC prend la meme voie que la cote d’ivoire au plus fort de sa guerre civile.Quand on voit des jeunes ;aux actualités télévisées ;qui suivant le résultat des urnes;font le signe du « sourire kabyle »;on ne peut qu’etre inquiet sur l’avenir de ce pays.