Livre blanc : Jean-Yves Le Drian assure le service après-vente devant les élèves sous-officiers de l’armée de terre

Jean-Yves Le Drian a rencontré les futurs sous-officiers de l’armée de terre pour leur présenter le Livre blanc. Le ministre de la Défense souhaitait convaincre de ce nouveau modèle tandis que des officiers exprimaient les doutes et les incertitudes des troupes.

Tout au long de cette rencontre, le ministre a posté des photos de lui sur son Twitter. ©DR

Tout au long de cette rencontre, le ministre a posté des photos de lui sur son Twitter. ©DR

La préparation, puis la sortie du Livre blanc pour la Défense et la sécurité nationale, ont été accompagné par des craintes. Exprimées par un certain nombre de spécialistes, elles ont aussi causé des perturbations dans les rangs des forces armées : à tous les niveaux, on s’interroge sur l’avenir de l’institution. Le ministre de la Défense semble en être bien conscient et commence à assurer le service après-vente de ce document stratégique qui prévoit d’ores et déjà la suppression de 24 000 postes supplémentaires, soit 33 000 en tout d’ici 2019.

Lundi 13 mai, Jean-Yves Le Drian a effectué une première visite auprès des forces, depuis la sortie du Livre blanc. Il s’est rendu à Saint-Maixent, dans les Deux Sèvres, pour rencontrer les élèves sous-officiers de l’armée de terre (ENSOA). Devant 500 militaires, il a défendu le nouveau modèle proposé par le texte stratégique, cherchant à rassurer et à convaincre de la pertinence de ce format.

Pour le ministre, le Livre blanc ne propose pas un « modèle d’urgence » mais bel et bien un d’un « modèle d’avenir et de long terme ». Pour Jean-Yves Le Drian, le mot clef est « équilibre » … même s’il admet que tout cela sera difficile à mettre en place. Il a profité de cette occasion pour présenter aux élèves sous-officiers les points clefs du Livre Blanc, des forces spéciales aux efforts sur le renseignement, en passant par les choix géostratégiques fixés.

En marge de cette rencontre, Jean-Yves Le Drian s’est aussi entretenu avec quelques officiers supérieurs. En charge à eux de faire remonter les doutes : l’armée de terre doit encaisser le gros des réductions d’effectifs. Ils ont fait comprendre au ministre que toute cette atmosphère risquait d’avoir des conséquences sur le moral des troupes. Réponse : « ce qui importe le plus, c’est la capacité opérationnelle ».

Pour le général Frédéric Thuet, les baisses d’effectifs ne peuvent pas être sans effets pour l’ENSOA. Le patron de l’école se démène pour préserver les durées des formations, remarquant que les délais sont déjà particulièrement courts (huit mois pour un sous-officier qui arrive du civil).

A propos de l'auteur

Journaliste indépendant, Romain Mielcarek s'est spécialisé sur les thématiques liées à la défense et à la diplomatie. Il travaille régulièrement pour RFI, Atlantico, Slate, Défense et Sécurité Internationale et Pays Emergents. Doctorant en sciences sociales, il mène une thèse sur l'influence de l'armée française sur le récit médiatique de la guerre en Afghanistan. Membre de l'Alliance Géostratégique, il a participé à la rédaction des ouvrages "Les guerres low-cost" (Esprit du Livre / 2011) et "Stratégies dans le cyberespace" (Esprit du Livre / 2011).

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