Des types qui tirent partout, des cailloux … que faut-il voir sur la vidéo de combats au Mali ?

Plusieurs des blogueurs de l’Alliance géostratégique se sont penchés sur une vidéo publiée par l’armée française. De ces images qui peuvent paraître confuses pour le grand public, ils tirent les principaux enseignements et quelques explications pédagogiques.

La mission d’infanterie d’abord, puisque c’est de cela qu’il s’agit. Sur ces images filmées dans le nord du Mali, des fantassins appuyés par leurs véhicules blindés, des VAB, progressent puis appuient leurs collègues depuis une ligne de crête.

Le langage du chef de section peut sembler technique. En voici les principaux éléments :

« Le chef de section dispose de 4 ou 5 entités qu’il peut mobiliser pour son action : les véhicules de combat (souvent laissés au commandement de l’adjoint) servant de base d’appui-feu en étant  équipés de mitrailleuses de 12,7 mm, les trois groupes de combat à pied avec les deux équipes 300 (pour 300 m suivant leur distance de tir correspondant à leur équipement, le  FAMAS) et le groupe 600 (avec lance-grenade individuel – LGI – et mitrailleuse « Minimi » – en 5,56 ou 7,62 mm – pour une précision jusqu’à 600 mètres) ou encore le groupe « Missiles » si celui-ci est disponible. Un élément important est formé par les deux tireurs de précision (fusil FRF2), directement à la main du chef de section, et qui font généralement le plus gros du bilan. »

Sur la mission elle-même, loin des clichés du grand cinéma hollywoodien, il ne s’agit pas ici de monter à l’assaut en faisant feu de toutes armes. L’approche est plus raisonnée, prudente. La mission de l’infanterie reste de prendre l’ascendant sur l’adversaire :

« Des deux côtés, en général on ne voit pas grand-chose d’un ennemi qui utilise au maximum les possibilités du terrain pour échapper aux coups. Le chef donne des ordres en fonction de ses impressions et de comptes rendus de ses subordonnées, eux-mêmes partiels et sous stress. Les tirs, qui présentent aussi l’avantage de réduire le stress, sont rarement effectués sur des cibles clairement identifiées mais plutôt sur des zones. Le plus souvent n’est que lorsque l’ennemi est vraiment fixé, c’est-à-dire qu’il ne peut plus bouger, qu’il subit les plus lourdes pertes. Tout cela peut paraître un peu confus à l’écran, c’est normal, un combat d’infanterie l’est toujours plus ou moins. »

Les soldats n’ont pas l’air sous pression ? N’est-ce pas là une mise en scène ? Non, c’est simplement que les groupes filmés ici ne sont pas au contact direct de l’ennemi, ils sont en appui, en retrait par rapport à leurs camarades :

« On voit également un tireur de précision qui lui a été affecté. On peut estimer la distance de l’ennemi à 400-500 m, hors de portée de l’AK-47 Kalachnikov – la 7,62 x 39, peu puissante, est peu précise au-delà de 250 m. Cela peut expliquer le calme des soldats -fruit d’un entrainement, d’une maitrise du feu et de l’expérience, le fait que les tireurs Minimi tirent debout et que les FAMAS ne tirent pas en raison d’une distance supérieure à leur portée. « 

Une analyse à lire en intégralité sur le site de l’Alliance géostratégique.

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