L’Etat va financer (en partie) des prothèses pour des militaires amputés
L’Etat va financer une quinzaine de prothèses pour des blessés ayant subit une amputation. Une démarche nouvelle, ces achats étant habituellement financés par des associations. Les blessés peuvent, une fois équipés, reprendre une vie le plus normal possible et retournent de plus en plus souvent en régiment.
Une première série de six blessés va recevoir des prothèses de dernière génération, financées en partie par l’Etat. Les concernés ont été amputés de la main ou de la jambe. En tout, ils seront une quinzaine entre 2012 et 2014 à bénéficier de cet effort exceptionnel. Ces prothèses étaient jusqu’ici financées par les associations qui paieront d’ailleurs une partie de celles concernées par cette annonce.
Ces prothèses offrent une grande liberté d’action à leurs bénéficiaires. Aujourd’hui, les prothèses tibiales permettent à leurs bénéficiaires de vivre et travailler avec très peu de séquelles. Ils peuvent même avoir une activité physique et sportive intense. Pour une amputation complète de la jambe, il reste en général un claudiquement. Les prothèses concernées par cette annonce doivent permettre des déplacements sur la durée et la prise en compte des obstacles. Pour les mains, elles doivent permettre des mouvements simples : pronation et rotation du poignet.
L’achat de ces prothèses, dont le coût se situe entre 52 000 et 57 000 euros, représente une étape psychologique importante pour les blessés. Le médecin en chef David Rogez, chef du service de rééducation et réadaptation de l’hôpital militaire de Percy explique que l’achat d’un fauteuil roulant ou d’une prothèse ancre l’aspect « définitif » de la blessure dans l’esprit du patient. Elles permettent d’attaquer concrètement la phase d’acclimatation au quotidien.
Depuis 2001, 575 soldats français ont été blessés en Afghanistan, toujours selon le médecin en chef Rogez. Le rythme des blessures a augmenté en même temps que celui des tués, ces dernières années. Un ratio particulièrement bon de 2,5 blessés pour un tué qui a été largement évolué avec la modernisation du service de santé des armées. Il implique cependant pour le nombre croissants de blessés sauvés sur le terrain de survivre avec des blessures toujours plus graves.
Photo : JJ Chatard / Dicod
