Raphaël Gendron, parcours d’un Français mort pour le djihad syrien
Un martyr français est tombé pour le djihad en Syrie. Cet informaticien alignait déjà un impressionnant passif dans les filières djihadistes. Proche des milieux radicaux belges, il combattait le régime de Damas aux côtés d’une autre figure connu des autorités bruxelloises.
« Le martyre lui a été accordé », apprend-t-on sur une page Facebook consacrée au djihad en Syrie, le 15 avril dernier. Raphaël Gendron, un Français de 38 ans, aurait été tué dans le nord de ce pays, alors qu’il rejoignait le secteur de Homs. L’armée régulière syrienne a pris son convoi pour cible, causant la mort de plusieurs des djihadistes qui la composaient. Raphaël Gendron, de son nom musulman Abd Al-Raouf Abou et Marwa, y est décrit comme un très bon arabophone qui a atteint un niveau élevé de connaissance des lois islamiques. En Syrie, il servait sa cause grâce à ses talents d’informaticien.
Raphaël Gendron était particulièrement connu des services occidentaux. S’il trouve ses origines en France, c’est en Belgique qu’il se fait remarquer. Il prêche un islam rigoriste et très hostile envers les non-croyants. La justice belge le condamne à plusieurs reprises pour incitation à la haine, négationnisme et autres violences. Fin 2009, il était arrêté dans le sud de l’Italie en compagnie de Bassam Ayachi, imam auto-proclamé franco-syrien, installé en Belgique depuis 1992, connu pour les mêmes raisons. Tous deux étaient accusés par la justice italienne d’organiser une filière de recrutement djihadiste au profit d’Al Qaïda. Tous deux sont relaxés en appel, après presque trois ans de prison : ils rejoignent aussitôt la Belgique.
Le duo Bassam-Gendron est à l’origine, en Belgique, d’un organisme baptisé le Centre islamique Assabyle (CIB). Le Français en anime le site Internet (fermé depuis), sur lequel il diffuse prêches rigoristes, appels au djihad et vidéos de propagande radicales. Le CIB est soupçonné de participer à la radicalisation et à l’embrigadement de jeunes musulmans belges afin de les diriger vers la prise d’arme, notamment au Proche-Orient.
Les faucons belges
Gendron opérait en Syrie depuis plusieurs mois, sans qu’une date n’ait pour l’instant été communiquée. Il y a rejoint les « Faucons du Sham » (Suqur Al-Sham). Ce mouvement, qui opère dans la région d’Idrir, se revendique d’un djihad nationaliste, plutôt que global. Il porte les couleurs de la Syrie rebelle sur son étendard et a prêté allégeance à l’Armée syrienne libre, à l’inverse de la brigade Al-Nosra.
Cette troupe de faucons est commandée depuis peu par le fils de Bassam Ayachi, Abdel Rahman Ayachi. Ce Belge est lui-même le principal accusé dans une affaire de recrutement pour des filières djihadistes à destination de l’Afghanistan et du Pakistan. Il a déjà été condamné pour ce dossier à huit ans de prison. En fuite en Syrie, il a assuré qu’il ne quitterait plus les terres d’origine de son père. Dans la Syrie en guerre, il aurait gravi progressivement les échelons de Suqur Al-Sham, où il commanderait finalement quelques 600 djihadistes.
Le fils Ayachi alignait lui aussi un beau curriculum en digne héritier de son père. Il s’est en parti formé au combat en rejoignant la réserve militaire belge, l’institution lui refusant un engagement dans l’active, où il avait postulé pour la marine. Il aurait été grièvement blessé dans l’attaque qui a coûté la vie à Raphaël Gendron. Ces mouvements de jeunes musulmans radicalisés inquiètent les autorités belges qui estiment à 80 le nombre de leurs ressortissants partis pour la Syrie.


G.
« Un martyr français est tombé pour le djihad en Syrie. »
Hum. Question de point de vue, le « martyr ». Vous auriez également pu écrire « Un français combattant aux cotés des rebelles est mort en Syrie » tout simplement, voir, pourquoi pas, « un débilos illuminé fou-d-Allah français s’est aperçu trop tard en Syrie que le stock de vierges promis disponibles s’est épuisé »…
Bon, j’avoue, ce post sent quelque peu le troll donc s’il disparaitrait je ne vous blâmerai pas… pensez simplement à son fond
Romain Mielcarek
Cher G.,
Vous avez tout à fait raison, j’aurais pu user des guillemets adéquates. J’ai effectivement accordé à ce brave homme la terminologie qu’il associait à son aventure là-bas.
Ma foi, martyr ou fou de Dieu, il n’en est pas moins mort. Et sa présence, comme celle de ses camarades, n’en est pas moins interrogatrice pour notre société.
Romain
G.
Herr General,
Tout à fait d’accord avec votre dernier phrase… encore un sujet pour les étudiants/chercheurs ? Pour notre époque, depuis l’Afgha russe, en passant par la Bosnie et d’autres théâtres, faisant la part des simples mercenaires et les « idéologistes », les soutiens des pays dés fois surprenants, il y aurait du quoi creuser, je pense…
G.