Laurent Fabius sur la Syrie: «Les Russes ont évolué»

Le chef de la diplomatie française salue l’évolution des autorités russes sur le dossier syrien. Il continue de regretter celle de l’Iran, acteur de premier rang dans ce conflit, qui continue de refuser toute forme de coalition.

Interviewé par France 24, L’Express et RFI, Laurent Fabius a répondu mardi soir à plusieurs questions au sujet de la Syrie. Le ministre des Affaires étrangères continue d’espérer «une solution politique» qui pourrait se décider au cours du sommet pour la paix Genève II. Il a également confirmé que celui-ci était bien reporté au mois de juillet, l’organisation d’une telle rencontre restant «difficile».

Pour Laurent Fabius, il n’y aurait pas de blocage diplomatique du côté russe. Au contraire, estime-t-il : «Les Russes ont évolué». Leur présence à Genève II implique l’acceptation au préalable des conclusions du précédent sommet, Genève I. La principale implique de négocier la mise en place d’un «gouvernement de transition et de coalition» qui bénéficierait de l’intégralité des pouvoirs. Reste à en définir les conditions.

Le chef de la diplomatie assure être en liaison permanente avec ses homologues russe et américain. Tous deux auraient été immédiatement informés des résultats d’analyse d’échantillons de sang et d’urine contaminés par du gaz sarin. Remarquant que la diplomatie n’était pas une affaire facile, il a insisté à mettre en avant le besoin de trouver les points d’accords avec Moscou et Washington sur les solutions à mettre en oeuvre en Syrie.

Se félicitant de l’annonce de preuves quand à l’usage de gaz sarin par les forces gouvernementales, Laurent Fabius soulignait de nouveau le «déséquilibre des armes» détenues par les deux camps. Il insiste notamment sur le fait qu’il n’y a pour l’instant aucune preuve d’utilisation d’armes chimiques du côté des rebelles, précisant que celles-ci étaient détenues et mises en oeuvre par les fidèles du régime.

A l’inverse, il considère comme difficile la possibilité d’inviter les Iraniens à la table des négociations. S’ils sont bien l’un des «belligérants» impliqués dans ce conflit, leur refus d’envisager un gouvernement de transition et de coalition interdit toute possibilité de les accueillir au sein du dialogue de Genève II.

A propos de l'auteur

Journaliste indépendant, Romain Mielcarek s'est spécialisé sur les thématiques liées à la défense et à la diplomatie. Il travaille régulièrement pour RFI, Atlantico, Slate, Défense et Sécurité Internationale et Pays Emergents. Doctorant en sciences sociales, il mène une thèse sur l'influence de l'armée française sur le récit médiatique de la guerre en Afghanistan. Membre de l'Alliance Géostratégique, il a participé à la rédaction des ouvrages "Les guerres low-cost" (Esprit du Livre / 2011) et "Stratégies dans le cyberespace" (Esprit du Livre / 2011).

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