La religion peut-elle de nouveau embraser l’Irak ?

Dix ans après l’intervention américaine, l’Irak n’a jamais vu la paix s’installer durablement dans ses rues. L’ancienne composante de « l’axe du mal » cher à l’administration Bush demeure une zone inhospitalière et tout porte à croire que le pays se dirige peu à peu vers un clivage confessionnel toujours plus marqué.

Les attentats s'enchainent en Irak. En 2005 déjà, deux bus ont explosé dans le centre de Bagdad. © Us  Army.

Les attentats s’enchainent en Irak. En 2005 déjà, deux bus ont explosé dans le centre de Bagdad. © Us Army.

« Ce n’est pas une coïncidence… C’est une guerre civile confessionnelle ». Le Premier ministre Nouri Al-Maliki n’y va pas par quatre chemins, l’Irak est en danger : le conflit syrien semble s’étendre au-delà de ses frontières territoriales. Depuis quelques mois, la population sunnite d’Irak se montre de nouveau hostile au gouvernement chiite qui la dirige.

Elle reproche aux hommes d’Etat d’accaparer le pouvoir et de marginaliser le peuple sunnite du pays. Lundi 10 juin, un triple attentat a eu lieu à 50 km au nord de Bagdad, causant 13 morts et 53 blessés. Si l’attentat n’a toujours pas été revendiqué, les soupçons convergent vers Al-Qaïda Irak.

Une population sunnite hostile à un gouvernement pro-chiite

Tout a commencé en avril dernier à la suite d’un assaut mené par la police territoriale dans le nord du pays. Les cibles, des manifestants sunnites opposés ouvertement au Premier ministre Al Maliki. On a dénombré 53 morts. Les représailles se sont alors multipliées contre la police et aussi certains individus de confession chiite. Depuis, les attentats se multiplient. Selon les Nations Unis, 1000 personnes auraient péri dans des attaques de ce type en mai 2013.

Nouri Al-Maliki, ancien représentant du parti Dawa, dirige l’Irak depuis 2006. En sept ans de mandat, le Premier ministre s’est plusieurs fois attiré les foudres de la population en 2007 pour sa proximité avec l’Iran mais aussi pour sa politique contre la liberté des médias, notamment ceux tenus par la population de confession… sunnite.

Formé majoritairement de chiites (60 %), l’Irak se compose comme la Syrie d’un panel d’ethnies et de groupes religieux (chrétiens, sunnites, kurdes, syézidites, mandéistes). L’ONU se montre inquiète et craint un embrasement de la situation dans tout le pays.

 

« J’en appelle à la conscience des dirigeants religieux et politiques qui ne doivent pas laisser la colère l’emporter sur la paix et doivent faire preuve de sagesse ». Martin Kobler émissaire de l’ONU.

A propos de l'auteur

Charles Rassaert est journaliste indépendant et photographe. Grand voyageur, il s'intéresse à différents enjeux géopolitiques. Il termine actuellement une thèse sur l'émergence du Brésil et l'utilisation politique de l'éthanol comme atout diplomatique au Centre d'étude de l'Atlantique sud et du Brésil (Paris IV).

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