Drame de Carcassonne : le marsouin du 3ème RPIMa condamné à de la prison avec sursis
Trois condamnations à de la prison avec sursis et trois relaxes dans le procès du drame de Carcassonne. Les anciens marsouins, qui ont presque tous quitté l’armée, devraient échapper à un passage derrière les barreaux. Pour les familles, c’est une page de cette terrible histoire qui se tourne.
Le 29 juin 2008, au cours d’une démonstration pendant les portes ouvertes du 3ème Régiment parachutiste d’infanterie de marine (RPIMa) de Carcassonne, un sous-officier ouvrait accidentellement le feu sur la foule. Dix-neuf personnes, dont cinq enfants, avaient alors été blessés. Toute la chaîne hiérarchique a été poursuivie par la justice pour comprendre les responsabilités dans ce qui semblait être l’une des plus graves négligences commises depuis longtemps par des militaires français.
Le sous-officier auteur du tir, principal inculpé dans cette affaire, a été condamné lundi 13 mai à deux ans de prison avec sursis. Reconnu coupable de blessures involontaires, Nicolas Vizioz a depuis quitté l’institution. Le jour du drame, il avait par mégarde confondu des munitions à blanc avec des munitions réelles. Il décrira au cours du procès un trafic généralisé de munitions. Les militaires, faute de dotations suffisamment pour leurs entraînements, stockaient individuellement les surplus non utilisés pour ne pas avoir à les réintégrer, préférant avoir de la marge pour la séance suivante.
Les deux supérieurs directs de l’ancien sergent, le lieutenant Christophe Allard et le capitaine Hugues Bonningues, ont également été condamnés. Ils écopent tous les deux de six mois de prison avec sursis. Tous deux ont aussi quitté l’armée. Parmi les officiers supérieurs, impliqués dans l’affaire, le tribunal a opté pour trois relaxes. L’ancien chef de corps, Frédéric Merveilleux du Vignaux, ainsi que son adjoint, le lieutenant-colonel Lionel Peyre, ne sont donc pas condamnés. Même chose pour le seul inculpé qui porte toujours l’uniforme : le lieutenant-colonel Jean-Baptiste Pothier est innocenté.
La bonne foi de ces hommes semble avoir convaincu le tribunal de ne pas opter pour des sanctions plus sévères. Le procureur avait pourtant réclamé de la prison ferme, dénonçant leur attitude : « On ne peut laisser, dans une société, fusiller des familles un dimanche tranquille » avait-il estimé … Le tribunal correctionnel aura donc choisit le sursis, sans inscription des condamnations au casier judiciaire. L’avocat de parties civiles Me Hervé Gerbi, espère un appel du parquet. La plupart des familles, elles, semblent ne pas souhaiter que l’affaire continue.