Deux drones abattus par l’Iran
Deux drones occidentaux abattus. L’Iran vient d’annoncer avoir ainsi intercepté une violation de son territoire. Deux appareils occidentaux comme il en passe régulièrement. Téhéran sait que les Etats-Unis et l’Europe voient l’Iran comme une menace sérieuse et que leurs efforts de renseignement dans la région sont importants.
Officiellement, Washington ne fait que surveiller l'Iran à distance, sans déployer de drones dans son espace aérien.
Les Occidentaux sont responsables de « quelques violations de notre territoire », a annoncé Amir Ali Hajizadeh, commandant de la force aérienne des Gardiens de la Révolution iraniens. Des drones opérant en Irak ou en Afghanistan qui traverseraient accidentellement les frontières iraniennes. Cette fois-ci, les militaires ont abattu deux de ces « espions ». Si c’est la première fois qu’ils font une telle annonce, ils assurent avoir déjà détruit plusieurs aéronefs de ce type.
L’Iran montre ainsi être parfaitement consciente des efforts fournis par ses adversaires pour surveiller son territoire et obtenir un maximum de renseignement. L’officier déclare ainsi prendre en compte des « capacités qui ne peuvent être ignorées, en particulier des satellites ou par exemple des avions espions qui peuvent prendre des photos ». Une menace réelle pour Téhéran qui reste concentrée sur les mouvements de troupes dans l’ensemble de la sous-région, depuis le Golfe Persique jusqu’à l’Afghanistan.
Début août dernier, le chef d’Etat-major des armées américain, le général Mike Mullen, avait expliqué à la presse que l’option militaire restait d’actualité dans le dossier iranien. Pas question pour Washington d’accepter une arme nucléaire entre les mains de Téhéran, au risque de voir l’ensemble du Moyen-Orient déstabilisé. Une solution de secours si les recours diplomatiques échouaient. Une solution qui nécessite, pour être appliquée, un effort de renseignement.
L’Iran de son côté s’applique à développer au plus vite des technologies militaires pour être capable de tenir tête aux armées occidentales. Une autre version de l’équilibre de la terreur qui nécessite des missiles balistiques modernes, des avions de combat et des armes de dernière génération. Les premiers drones d’observation iranien, potentiellement armés, les Karrar, ont ainsi été dévoilés fin août.
Photo : TSgt Michael R. Holzworth