Le fonds souverain norvégien tourne le dos à Israël
Pas question pour le fonds souverain norvégien de participer aux crimes de l’Etat d’Israël. Pour appliquer ce choix éthique, le fonds d’investissement, fort de quelques 277 milliards d’euros grâce au pétrole national, s’est débarrassé de toutes ses actions dans le groupe Elbit Systems. Cette société israélienne fabrique des composants et des appareils électroniques utilisés dans des équipements divers et notamment dans de l’armement. Elbit fabrique ainsi plusieurs drones volants et des éléments du F-16 américain.
Ce que le fonds souverain norvégien reproche à Elbit, c’est d’avoir fournit à Israël les caméras qui servent à surveiller le mur de séparation en cours de construction un peu partout dans le pays. Ce mur a été déclaré en infraction avec les droits de l’homme par la Cour Internationale de Justice. Le fonds souverain a décidé, en partenariat avec le gouvernement norvégien, de ne pas investir et participer à l’activité de sociétés illégales et non éthiques.
De nombreuses entreprises ont ainsi été mises de côté par la ligne de conduite de ce fonds. Pour Elbit, ils ont considéré que le mur restreignait la liberté de déplacement des Palestiniens et donc les Droits de l’Homme. Les fabricants d’armes sont les principaux laissés pour compte. L’Européen EADS fait partie de la liste noire car il fabrique des armes à fragmentation, le Français Safran et l’Américain BAE Systems pour leur participation à la conception de la force dissuasive nucléaire française. On trouve également sur cette liste Lockheed Martin, Boeing, Northrop Grumman ou GenCorp. Le Français Thalès qui avait été banni en 2005, accusé de fabrication de sous-munitions, vient d’être réhabilité.
C’est 4,15 millions d’actions d’Elbit Systems qui ont ainsi été revendues au cours de l’été. Une part relativement faible du capital de 2,7 milliards. Cette opération a cependant pu participer au ralentissement considérable du cours de cette société sur les marchés : alors qu’elle était particulièrement plébiscitée, sa cotation s’est bloquée dés juillet et commence à montrer de la fragilité. Le fonds souverain norvégien détient environ 1% du capital total mondial en bourse, un poids conséquent qui influence forcément les investisseurs.
Le gouvernement israélien a aussitôt réagit en dénonçant ce comportement. Officiellement, le mur de séparation et l’ensemble des systèmes de surveillance qui l’équipent doivent servir à prévenir les attaques terroristes contre la population hébraïque. L’ambassadeur norvégien a été aussitôt convoqué par Yossi Gal du Ministère des Affaires Étrangères. L’équipe de Benyamin Netanyahou est confrontée à une campagne de boycott et de désinvestissement qui se manifeste de plusieurs manières. Des intellectuels, des artistes, des politiciens et des investisseurs ferment toutes les portes à toute production ou entreprise liée d’une manière quelconque au gouvernement ou aux opérations dénoncées par la communauté internationale comme la colonisation ou la construction de ce mur.
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