Faut-il un cabinet militaire auprès de la Haute représentante européenne ?
Et si l’Union européenne s’inspirait de l’organisation des ministères de la Défense de ses membres ? La Haute représentante, numéro 2 de la Commission, en charge des questions de sécurité et de défense, ne dispose pas actuellement de cabinet militaire formalisé à ses côtés.
Nicolas Gros-Verheyde pose ici une question pertinente : faut-il un cabinet militaire auprès du Haut représentant aux Affaires étrangères et à la politique de sécurité de l’Union européenne (actuellement Catherine Ashton) ? Ce poste, qui est en effet le numéro 2 au sein de la Commission européenne, fait office de ministre des Affaires étrangères de l’UE. Il a aussi la charge des problématiques liées à la Défense et à la Sécurité des 27. Une tâche cruciale, la politique de sécurité et de défense commune étant l’un des piliers fondateur de l’Europe politique et communautaire.
« Certains experts ou responsables me diront sans doute: “cela existe dans les faits”, remarque Nicolas Gros-Verheyde. Le président du comité militaire est, ainsi, le “conseiller militaire” de la Haute représentante. Et c’est une réalité qui semble confirmer, le général Des Rousiers semble avoir davantage “l’oreille” que celle de son prédécesseur général Syren. Question de caractère sans doute, d’époque également. Mais cela ne semble pas suffire.«
Mais voila, concrètement, cette relation reste le fruit de relations entre individus, pas une démarche pensée et voulue à l’échelle institutionnelle. Le journaliste, qui remarque que tous les pays membres ont opté pour un double cabinet à la Défense, politique et militaire, estime que la reproduction de cette démarche à l’échelle de l’UE serait « la démonstration d’une volonté politique de hisser ces questions au même rang que d’autres sujets ».
Il note également l’intérêt en terme de savoir-faire technique et opératif d’une telle organisation :
« La présence d’un chef de cabinet “militaire” aurait aussi le mérite de dégager de tous ces sujets le “cabinet” civil. Elle permettrait aussi la présence, au sein de la réunion de la Commission, si nécessaire d’un représentant militaire. Ce qui n’est pas totalement inutile. Car si les questions de “sécurité” étaient anecdotiques dans le passé dans la machinerie communautaire, elles vont devenir de plus en plus nombreuses sur l’agenda. [...] Il est bon que l’expertise “technique” militaire remonte au plus haut niveau de la structure politique européenne qui est, institutionnellement, à l’origine de toutes les initiatives de décision ou de législation.«
La question est posée…