La Chine entre dans le top 5 des exportateurs d’armes, juste derrière la France

Pékin affiche une progression record de ses exportations d’armes, principalement vers l’Asie et l’Afrique. La Chine devrait rapidement rattraper la France et l’Allemagne, incapables de lutter avec une telle croissance des ventes.

Le top cinq des exportateurs et leurs principaux clients. © SIPRI

Le top cinq des exportateurs et leurs principaux clients. © SIPRI

C’est fait, la Chine a dépassé la Grande-Bretagne dans le classement des principaux exportateurs d’armes. Le Centre international de recherche pour la paix de Stockholm (SIPRI) vient d’annoncer quelques chiffres étonnants pour la période 2008-2012 : en tête, les Etats-Unis, la Russie, l’Allemagne et la France sont désormais talonnés par Pékin, qui parvient à totaliser 5% des parts de ce juteux marché. Et Paris ne devrait plus se maintenir très longtemps.

La Chine est parvenu à enregistrer une progression stupéfiante. Entre l’exercice 2003-2007 et celui de 2008-2012, Pékin aligne une augmentation de 162% de ses ventes d’armement à l’international. Son principal client est le Pakistan, qui en achète la moitié. Islamabad reste troisième importateur mondial et devrait continuer d’être un bon client pour la Chine.

Pékin exporte principalement vers l’Asie, qui totalise 74% des commandes. La Chine tend cependant à profiter d’autres marchés, notamment en Afrique, où elle parvient à exporter à hauteur de 13% de son volume. Ce dernier continent est d’autant plus séduisant pour les industriels chinois que ses importations ont progressé de 104% entre les deux périodes évoquées plus haut. Plus impressionnant, c’est l’Afrique du Nord qui a littéralement fait exploser le carnet de chèque, certains pays atteignant une progression record de 1460% (Maroc), 1200% (Ouganda) ou encore 277% (Algérie).

Dans le même temps, la France passe elle de 9% à 6% de parts de marché. Rien de catastrophique : certaines livraisons se sont terminées et d’autres n’ont pas pu être enregistrées suffisamment tôt pour obtenir de bons résultats. Reste que Paris, qui exporte à hauteur de 15% de son total vers une Europe qui tend à voire chuter ses budgets, risque d’être pénalisée par la crise qui secoue le continent. La Grèce ne sera certainement plus jamais aussi bon client. Heureusement, d’autres ont pris le relais avec des volumes de commandes considérables sur l’exercice 2008-2012 : le Maroc (10% du total), Singapour (21%) … et la Chine (12%).

A propos de l'auteur

Journaliste indépendant, Romain Mielcarek s'est spécialisé sur les thématiques liées à la défense et à la diplomatie. Il travaille régulièrement pour RFI, Atlantico, Slate, Défense et Sécurité Internationale et Pays Emergents. Doctorant en sciences sociales, il mène une thèse sur l'influence de l'armée française sur le récit médiatique de la guerre en Afghanistan. Membre de l'Alliance Géostratégique, il a participé à la rédaction des ouvrages "Les guerres low-cost" (Esprit du Livre / 2011) et "Stratégies dans le cyberespace" (Esprit du Livre / 2011).

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