Une poignée de SDTI de plus

La Direction générale de l’armement (DGA) vient d’annoncer la livraison de trois SDTI à l’Armée de terre. Les drones, encore très peu nombreux, font partie d’une véritable réflexion au sein du ministère de la Défense. A peine une dizaine de ces appareils sans pilotes opèrent en Afghanistan sur des missions de renseignement.

Le SDTI est en réalité un système composé du drone lui même mais aussi d'un camion avec système de lancement et d'une station de contrôle.

Commandés en août 2009, les trois derniers SDTI, Système de Drône INtérimaire, viennent d’être livrés à l’Armée de terre. Ces appareils servent depuis 2004 au sein du 61ème Régiment d’Artillerie de Chaumont. Ils ont opéré d’abord au Kosovo de décembre 2007 à août 2008 puis ont été déployés en Afghanistan depuis octobre 2008.

Une section SDTI servie par 45 personnels opère depuis la FOB (base avancée opérationnelle) Tora. Ces drones effectuent des missions de renseignement jusqu’à 100 kilomètres à la ronde. Ils volent jusqu’à 5 heures en étant lancés depuis une rampe sans avoir besoin de piste d’atterrissage. Grâce aux informations recueillies par ses capteurs, le SDTI peut servir à soutenir une mission en cours ou à préparer une opération à venir.

Selon l’Etat-major des armées; entre leur déploiement et février 2010, les SDTI français avaient effectué plus de 240 missions totalisant plus de 630 heures de vol.

Les trois appareils livrés sont dotés d’ailes allégées qui doivent encore augmenter leur autonomie.

Pas assez de drones

Il n’y a pas assez de drones au sein des forces françaises. Encore moins en Afghanistan. Alors que les Américains disposent d’une véritable flotte qui leur permet de renseigner efficacement leurs forces, les Français doivent avoir recours aux SDTI et aux Harfangs avec parcimonie. Ces trois SDTI ne seront pas déployés immédiatement et l’Etat-major des armées ne peut pour l’instant pas dire s’ils seront envoyés en Afghanistan, ils peuvent aussi partir pour une autre opération. Il va également falloir laisser le temps au 61ème RA de s’approprier le matériel, temps nécessaire à la formation et à la préparation des personnels et aux test des appareils.

Le ministère de la Défense doit réunir un comité chargé de trouver une solution à ce déficit. Il n’y a pour l’instant que peu d’informations à ce sujet mais cette table ronde devrait avoir lieu d’ici l’été. Restera ensuite à voir combien de temps il faudra encore pour que les propositions atteignent l’affectation opérationnelle.

Photo : Romain Mielcarek

A propos de l'auteur

Journaliste indépendant, Romain Mielcarek s'est spécialisé sur les thématiques liées à la défense et à la diplomatie. Il travaille régulièrement pour RFI, Atlantico, Slate, Défense et Sécurité Internationale et Pays Emergents. Doctorant en sciences sociales, il mène une thèse sur l'influence de l'armée française sur le récit médiatique de la guerre en Afghanistan. Membre de l'Alliance Géostratégique, il a participé à la rédaction des ouvrages "Les guerres low-cost" (Esprit du Livre / 2011) et "Stratégies dans le cyberespace" (Esprit du Livre / 2011).

Nombre d'entrées : 941

Commentaires (2)

Laisser un commentaire

© 2009-2013 Romain Mielcarek

Retour en haut de la page